Lundi 26 Juin 2017: ¡Bienvenidos a Mexico! (San Benito, TX – San Fernando, TAM)

Me voilà au Mexique!

Je pars de chez Richard un peu après 7h. Direction le bureau de poste. Ça prend un peu de temps, juste pour me stresser un peu…et je ressors avec ma jante de rechange. Alleluia!

Je ramasse mes affaires chez Richard. 25 km de bonus pour aujourd’hui. En route pour la frontière! 

Arrêt-ravitaillement avant le pont sur le Rio Grande: je veux ne pas m’arrêter à proximité de la frontière côté mexicain.

J’arrive au poste frontière. Le douanier me fait ouvrir chaque sacoche, pour la forme. Je rencontre Roy, belizien installé en Georgia, devant le bureau. Il dit qu’il veut aussi voyager à vélo, l’année prochaine sûrement. Il a été coureur. Salut Roy!

Je remplis les papiers. On me donne 180 jours de présence sur le territoire, je paye 29.75 $. Je sais pas si c’est proportionnel à la durée…

Tampon sur le passeport: c’est parti.

Le contraste avec le Texas est assez saisissant. En quelques villages je vois plus de gens à pieds et à vélo que dans tout le Texas réuni. C’est pas riche ici, ça se voit. C’est un peu troublant mais ça fait du bien de sortir du non-sens états-unien.

Par contre les pickups avec des soldats armés à l’arrière, bof….

La route est longue et droite et traverse le désert. Les champs ont des panneaux immenenses indiquant quelle sorte d’OGM y est plantée. 

Un vieux pickup pourri arrêté sur le bord de la route. Le monsieur me fait signe. Je luis fais signe. Puis il fait signe « pousser ». Je m’arrête. On pousse. La poubelle démarre au deuxième essai. Il m’offre de m’emmener: no no gracias.

Valle Hermoso, premier bourg: un mec demande pour me prendre en photo, pendant qu’un autre, sur un triporteur, me tend une bouteille d’eau fraîche. Gracias, amigo.

J’ai une petite brise favorable, j’en profite. Roule.

Je prends une grosse pluie. Pas d’imperméables: je crèverais de chaud. Chaussures trempées. Il me faut des sandales SPD.

Petite pause dans une entrée de champ ombragée quand même. Plein de moucherons qui cherchent l’eau. Heureusement qu’ils ne piquent pas!

Orage semblant assez méchant, avec pas mal de foudre: je m’arrête sous une bondieuserie. Le Garmin planre et oublie les premiers ~27+80 km.

Un tracteur me double! Ça tombe bien, le vent n’est plus favorable.  Je lui fais l’aspi sur une bonne distance. Il fait un peu chaud dans son sillage mais on file à 34 km/h.

Un peu avant San Fernando un pickup me dépasse et se gare. Deux papis me font signe de m’arrêter, ce que je fais. Ils me disent en gros que c’est dangereux, que San Fernando est le pire endroit sur terre (vraiment), qu’il faut pas que je roule après 17h, et qu’en plus c’est pas la saison des cyclotouristes. Merci du conseil mais il est 16h45 et le bled est à 15 km. Ils me conseillent un hôtel qui s’avèrera fermé pour travaux, et où ça me tentait pas d’aller de toutes façons. Merci quand même les amigos.

Bon, ça me rassure pas trop, ça. Que même les locaux disent que tout est dangereux.

Petit tour dans la ville qu’a pas l’air si terrible. Finalement je campe chez les Bomberos, qui sont assez intrigués par l’ensemble. La communication n’est pas des plus faciles mais on s’ en sort. Apéro, ils me gavent de Coca, urk. Bon, mieux vaut ça que de la tequila, j’imagine.

Juste à côté du climatiseur et des camions, la nuit risque de ne pas être reposante, mais a priori personne ne viendra m’emmerder, déjà. 

Buenas noches!

Strava (fin seulement): https://www.strava.com/activities/1057203411/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1498596824

Dimanche 25 Juin 2017: repos texan (San Benito, TX)

Pas fait de vélo aujourd’hui, première fois en 35 jours!

Petit tour en pickup avec Richard: long de la frontière, champ de bataille historique, fast-food.



Mais surtout…quête de miel local.

J’appelle un verger tropical repéré sur le net mais fermé le dimanche: on sait jamais. La madame décroche et veut bien qu’on passe, hourra!
Trop bel endroit. Plein de plantes tropicales. Je repars avec de la gelée de fruits de la passion, trop bonne. Et aussi du miel de la vallée du Rio Grande: le miel du verger n’est pas encore récolté. 

Petit tour par le bureau de poste, à tout hasard. Personne évidemment…mais la grille est ouverte, bizarre. Je vais voir et tombe sur plusieurs grosses caisses remplies de colis prêts à être triés. Je regarde à tout hasard: ma jante est dedans, mais pas en évidence. Je déclare forfait, rendez-vous demain à l’ouverture du bureau.

Merci Richard pour la balade et le reste!

Reste de la journée: lessive, inventaire et rangement de bazar.

Bonne dernière nuit au Texas.

Samedi 24 Juin 2017: Harlingen (Raymondville, TX – San Benito, TX)

Journée peinarde.

Deux batailles contre des fourmis rentrées dans la tente par leur propre porte cette nuit. Saloperies.

Il fait très humide. Je sue comme un porc dans la tente et au lever. Je remballe et vais déjeuner à un endroit un peu plus venté. Je roule ensuite direction Harlingen.

Je me rends au bureau de poste où ma jante doit arriver…mais elle n’est pas encore là. Lundi a priori.

Petit tour en ville. 

Bibliothèque,  courses diverses, vélociste où je suis accueilli en héros, c’est rigolo.


Déception du jour: le « farmers’ market » a fini plus tôt que prévu…mais devait pas y avoir grand chose de toutes façons. Tant pis.

Route de campagne à la texane: gros accotement de chaque côté jusqu’à chez mon hôte, Richard.

Merci Richard! Douche et on va au restau.

Demain glandouille. Lundi je ramasse la jante, et en fonction de l’heure je file au Mexique ou j’avise.

Vendredi 23 Juin 2017: le jour le plus dur (Chapman Ranch, TX – Raymondville, TX)

165 km avec vent défavorable 95% du temps, 37 degrés l’après-midi, 60 miles (96 km) sans point de service…dure journée. 

Strava: https://www.strava.com/activities/1052064963/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1498325027

Objectif du jour: finir la journée dans un rayon de 50 km du bureau de poste de Harlingen, où ma jante de rechange pour roue avant fatiguée doit arriver demain. 

Je commence par renverser mon thé dans la tente. Pas tout, heureusement. Je pensais m’être levé tôt mais en fait je suis sur la route seulement à 7h30.

Un raccourci est très tentant sur la carte. Manque de bol il traverse un ranch, King’s Ranch. Précision: le ranch a une superficie probablement plus grande que certains départements français, à vérifier. Y’a une barrière. J’appelle pour avoir l’autorisation, mais ça décroche pas. Et ils me l’auraient pas donnée de toutes façons. Je tente pas le diable texan et fais le détour. 3 km plus loin une pancarte dit: « the best way to meet the lord is payer. The fastest is trespassing. » Putain de tarés.


Je vois un chantier de pipeline. Super. Je croiserai aussi le ballet de camions transportant les tubes à marde: la route de cet aprem longe en fait le chantier.


Il est à peine 8h mais Éole est bel et bien levé. Et le soleil tape déjà. Il va faire chaud, ça se sent.

Kingsville. Arrêt à l’accueil pour touristes. Le monsieur m’offre un sandwich. Petite jasette. Kingsville a l’air tentante, mais j’ai une tartine de merde de 100 km de long qui m’attend. Je traîne pas. 11h à peine, je sors de l’accueil touristique et j’ai déjà l’impression de rouler sur une poêle à frire.

Bouffe et plein de flotte à Riviera, dernière station avant 96 km sans grand-chose. J’engloutis chips, carottes, petits pains, ananas, grosse glace, et une fois n’est pas coutume, un litre de Gatorade. Je fous plein de glace dans mon outre. Au total je pars avec environ 6 litres d’eau.

C’est parti pour 96 km d’accotement d’autoroute (double voie limitée à 120) en ligne droite dans une chaleur à crever et avec vent 3/4 de face.

J’alterne passages hauts et bas. Je me maintiens au-dessus de 15 km/h. Je bois, rebois, me pulvérise de l’eau et recommence.

Euphorie à l’aire de repos officielle où je prends une douche tout habillé sous un tuyau pas vraiment d’arrosage. Un peu de fraîcheur en repartant, youpi!

Pas mal de trafic. Des tas de gens qui transportent un tas de merdier vers le Mexique. Des bagnoles (une qui en tire une qui en tire une autre), des pièces, des outils, matériel, matériaux, électroménagers, ce que vous voulez. 

Du monde me klaxonne. A priori pour m’encourager. Merci mais vous feriez mieux de me ravitailler ou m’arroser comme au tour de France, ça serait plus efficace!

Ça n’en finit plus. Je fatigue. Pire route du monde et de ma carrière de cycliste. Journée la plus dure du voyage, de loin. Je regrette la pluie de Pennsylvanie. 

Raymondville, le retour à la civilisation, apparaît sur ma carte. On va y arriver. 



On y est. Je descends 750 mL de Perrier.
Je me pointe au poste de police pour demander si y’a quelque part où je peux camper, dans ce bled. Jamais fait ça mais ça a l’air pas mal comme truc. On m’offre de camper entre les postes de police et de pompiers. Pas super calme mais ça ira. Merci Raymondville.


Demain Harlingen, Richard de Warmshow m’accueille pour une ou deux nuits, le temps de préparer poches cachées et autres subterfuges pour mettre toutes les chances de mon côté passée la frontière. 
Bonne nuit municipale.

Jeudi 22 Juin 2017: littoral texan (Goose Island State Park, TX – Chapman Ranch, TX)

Strava: https://www.strava.com/activities/1050413942/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1498232323
Soleil. Vent de face. Chaleur. Verrues sur l’horizon. Grosses lignes droites. C’est le Texas.

Tout plat sauf quelques ponts offrant un peu plus de perspective.

Petit traversier. Causette rapide avec un des matelots: il me confirme que c’est assez « rough » (mot à mot « rugueux », en français on dirait « chaud ») le long de la frontière côté mexicain. Milices et compagnie. Il faudra donc passer la frontière tôt et bourrer toute la journée pour s’éloigner le plus possible de la zone.

Zone balnéaire à l’américaine: les gens se baladent en chariots de golf. Saloperies. Mais bon, moins pire qu’un pickup, c’est sûr. 
Rafraichissement-poubelles: melon, pastèque, ananas et mangues sortant du frigo.

Travaux. Vent de face. Tours et maisons de vacances hideuses.

Je prends mon mal en patience sur cette longue ligne droite en guettant les trucs qui traînent sur le bord. Trouvé une clef à molette pas mal, une paire de Vibram Five Fingers taille 44 un peu usée mais qui devrait m’aller, une pince en fait cassée.

Pause-bouffe avant le pont merdique vers Corpus Christi. Et oui, la ville s’appelle comme ça, qu’est-ce tu veux. Je m’assois en plein soleil entre les pêcheurs latino et chinois. En me relevant j’ai plein de graines qui piquent collées au cuissard, ce qui fait bien rire la progéniture sino-américaine.

Corpus Christi: je me fais refouler à l’entrée de la base de la marine dont je voulais emprunter la route côtière, ce qui m’aurait permis d’éviter un n-ième pont quasi-autoroutier. Je me fais virer de bord par le bidasse de service.

Lâcher de jurons et d’insultes envers le monde, les institutions et tout le reste en repartant.

J’ai chaud aux pieds. Je passe par les deux magasins de vélo de la ville en espérant qu’ils aient en stock des sandales SPD. Non, évidemment. Tant pis.

Je sors de la ville en me disant que je trouverai de l’eau, de l’huile végétale et du sel en chemin vers un spot de camping à déterminer. Je me rends compte assez vite de mon erreur: c’est le désert ici. Y’a rien! Monocultures à perte de vue. Lignes droites limitées à 70 mph (112 km/h) avec pas ou peu d’accotement. 

Je me bats contre Éole pendant un moment. Un micro-avion balance des saloperies chimiques sur les OGM dans les champs. Rase-mottes assez impressionnant. Saut de puce au-dessus de la route et des fils électriques, pscht pscht sur la parcelle 1, demi-tour, repschtpscht sur la parcelle 1, saut de puce, parcelle 2, demi-tour, re parcelle 2, et ainsi de suite. En prenant la photo j’espère méchamment la fin brutale de tout ce système agroalimentaire, incarnée par l’écrasement brutal de ce coucou aussi insensé que le reste du monde dans lequel on vit.

Je suis dans un parc éolien en construction. Pas mal de turbines attendent la mise en service, d’autres leur rotor, d’autres leur nacelle.

Plus d’eau. 17h30. Je m’arrête à la première maison pour demander de l’eau. Je constate que c’est la première d’un développement résidentiel en parfait accord avec le zinc de tantôt. Le reste est une petite route au milieu d’une pâture avec pas mal d’arbres: un beau spot pour camper, en somme.

Je demande au gars si selon lui quelqu’un verrait un inconvénient à ce que je campe là. Il dit que non. J’appelle le numéro sur le panneau de vente. Messagerie.

De la merde, je campe là. Pâtes, Lindor fondus dans des « pains » à hot-dog, et voilà. 

Le vendeur de terrains me rappelle. Je lui explique que je suis à vélo depuis Montréal, il capote un peu et dit que pas de problème je peux camper là. Ça tombe bien parce que je comptais pas démonter, remballer tout et repartir.

Bonne nuit autorisée!

Mercredi 21 Juin 2017: survol texan (Bay City, TX – Goose Island State Park, TX)

Magnifique journée au Texas. Grand soleil et bon vent de dos relativement rafraichissant…35 degrés l’après-midi quand même. 

Je pensais que je me levais tôt mais en fait non: le soleil se lève à 6h25. Eh mais…il me manque une sacoche! Merde alors, elle est où? Eh mais c’est quoi ce bordel, y’a des coquilles d’oeuf et mes antimoustiques, crème solaire et savon éparpillés…

Je retrouve la sacoche 8 m plus loin dans le bois, entrouverte. Une bestiole, probablement un raton laveur, a bouffé tous mes oeufs durs. 9 d’un coup, tu parles d’un gueuleton! Il a machouillé les lingettes pour bébé au thé vert pour agrémenter.

La sacoche et le reste de la bouffe sont intacts. Ouf.

En selle à 8h. Le vent souffle du nord et je vais au sud. Youhouuuuu! 30 à l’heure sans effort, 40 en appuyant un peu.

Garmin plante au bout d’une heure. La trace GPS est raccourcie d’environ 26 km. Mes stats annuelles sont foutues!

Je contourne une grosse centrale nucléaire. Oui, couper m’a traversé l’esprit.

Lignes droites. Champs d’OGM, monocultures.Vaches. Quelques petites routes locales relativement étroites mais on-ne-peut-plus droites.

Plaine à perte de vue avec usines de pétrochimie dégueu sur l’horizon un peu partout.

Passage assez long vers l’ouest: vent de côté. 

Longs pont/digues le long de la côte, assez confortables. 

Port Lavaca a l’air relativement sympa. Tant pis, je roule, fait pas encore trop chaud et le vent est avec moi.

Le paquet de M&M’s-poubelles s’est ouvert dans la sacoche de guidon. Alerte! Je bouffe tout.

Pause-bouffe et baignade à une rampe d’accès à l’eau sur le Green Lake. Après genre 110 km, j’avais faim quand même. Et il commence à faire chaud.

Je sèche très vite. D’ailleurs, quand je me vaporise de l’eau, disons de je pars de la chaussure gauche et vais jusqu’à la droite en passant par tout le reste du corps, à la fin la chaussure vaporisée en premier est à moitié sèche. Putain de pays!

Je survole les derniers kilomètres et atteins le Goose Island State Park. Grosse route de merde, limitée à 75 mph (120 km/h). Tout droit, accotement très rugueux, vibreur…bref, pas confortable, mais avec ce vent ça va. 170 km au total, merci Éole. Ma jante avant de rechange arrive normalement lundi à Harlingen, je vais devoir faire un détour…

Le parc: super oiseaux, spot sympa sous un arbre qui a poussé dans le vent (attention la tête!) et la vigne sauvage, bonne baignade et douche. Cool quoi.

Bonne nuit.

Strava, manque le debut: https://www.strava.com/activities/1048851523/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1498139107

Mardi 20 Juin 2017: I <3 Texas (Sugar Land, TX – Bay City, TX)

Journée peinarde au Texas.

Photos et on part. Tom, qui a été malade pendant les derniers jours, se sent un peu mieux et m’accompagne pour les premiers kilomètres. 

On sort de l’agglomération gigantique houstonienne assez vite et nous voilà le vent dans le dos sous le grand soleil matinal. On sent qu’il va faire chaud: il fait déjà plus de 25 degrés.

Petites routes de campagne sympa mais très droites et plates. On jase.


On se sépare après trente bornes. Thanks again for everything Ann and Tom. I hope your first Warmshowers experience was as pleasant for you as it was for me! May we meet again, in Montreal or elsewhere!

Je continue. Sur la route encore.

Arrêt pour faire le plein d’eau vers midi. Un mec veut me payer à manger! Je lui demande s’il mange ici lui-même…non, il retourne bosser. Pas pensé à lui demander son nom…zut. Merci l’ami!

J’engloutis mon sandwich et des cookies en miettes que je traîne depuis plusieurs jours et reprends la route rapidement pour profiter des températures encore supportables.

Pas de montagne à l’horizon. Soleil et vent dans le dos!

Bay City. Oh, un magasin bio! Cookie et kombucha. Mioum.


Poubelles: deux petits quatres-quarts et des céréales chimiques. 

Encore quelques bornes et j’arrive à destination: Riverside Park. La madame me dit que c’est 20$ pour une tente, avec eau et électricité sur site. J’ai pas besoin de ça et c’est du vol, je lui dis que je vais réfléchir. Finalement je paye 5$ pour l’espace boyscout, pas de modernité mais la paix.

Baignade dans la rivière. Ah que ça fait du bien! Il fait 35 degrés dehors…


Je jase avec Sierra et Christina, qui sont là avec leurs mômes. Sympa les texanes.

En allant m’installer, des chevreuils pas farouches.


En revenant de la douche…un vrai alligator! Ouaaaaah


Risotto.

Bonne nuit au Texas-pas-si-pire.

Strava: https://www.strava.com/activities/1046642658/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1498008114