Jeudi 22 Juin 2017: littoral texan (Goose Island State Park, TX – Chapman Ranch, TX)

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Soleil. Vent de face. Chaleur. Verrues sur l’horizon. Grosses lignes droites. C’est le Texas.

Tout plat sauf quelques ponts offrant un peu plus de perspective.

Petit traversier. Causette rapide avec un des matelots: il me confirme que c’est assez « rough » (mot à mot « rugueux », en français on dirait « chaud ») le long de la frontière côté mexicain. Milices et compagnie. Il faudra donc passer la frontière tôt et bourrer toute la journée pour s’éloigner le plus possible de la zone.

Zone balnéaire à l’américaine: les gens se baladent en chariots de golf. Saloperies. Mais bon, moins pire qu’un pickup, c’est sûr. 
Rafraichissement-poubelles: melon, pastèque, ananas et mangues sortant du frigo.

Travaux. Vent de face. Tours et maisons de vacances hideuses.

Je prends mon mal en patience sur cette longue ligne droite en guettant les trucs qui traînent sur le bord. Trouvé une clef à molette pas mal, une paire de Vibram Five Fingers taille 44 un peu usée mais qui devrait m’aller, une pince en fait cassée.

Pause-bouffe avant le pont merdique vers Corpus Christi. Et oui, la ville s’appelle comme ça, qu’est-ce tu veux. Je m’assois en plein soleil entre les pêcheurs latino et chinois. En me relevant j’ai plein de graines qui piquent collées au cuissard, ce qui fait bien rire la progéniture sino-américaine.

Corpus Christi: je me fais refouler à l’entrée de la base de la marine dont je voulais emprunter la route côtière, ce qui m’aurait permis d’éviter un n-ième pont quasi-autoroutier. Je me fais virer de bord par le bidasse de service.

Lâcher de jurons et d’insultes envers le monde, les institutions et tout le reste en repartant.

J’ai chaud aux pieds. Je passe par les deux magasins de vélo de la ville en espérant qu’ils aient en stock des sandales SPD. Non, évidemment. Tant pis.

Je sors de la ville en me disant que je trouverai de l’eau, de l’huile végétale et du sel en chemin vers un spot de camping à déterminer. Je me rends compte assez vite de mon erreur: c’est le désert ici. Y’a rien! Monocultures à perte de vue. Lignes droites limitées à 70 mph (112 km/h) avec pas ou peu d’accotement. 

Je me bats contre Éole pendant un moment. Un micro-avion balance des saloperies chimiques sur les OGM dans les champs. Rase-mottes assez impressionnant. Saut de puce au-dessus de la route et des fils électriques, pscht pscht sur la parcelle 1, demi-tour, repschtpscht sur la parcelle 1, saut de puce, parcelle 2, demi-tour, re parcelle 2, et ainsi de suite. En prenant la photo j’espère méchamment la fin brutale de tout ce système agroalimentaire, incarnée par l’écrasement brutal de ce coucou aussi insensé que le reste du monde dans lequel on vit.

Je suis dans un parc éolien en construction. Pas mal de turbines attendent la mise en service, d’autres leur rotor, d’autres leur nacelle.

Plus d’eau. 17h30. Je m’arrête à la première maison pour demander de l’eau. Je constate que c’est la première d’un développement résidentiel en parfait accord avec le zinc de tantôt. Le reste est une petite route au milieu d’une pâture avec pas mal d’arbres: un beau spot pour camper, en somme.

Je demande au gars si selon lui quelqu’un verrait un inconvénient à ce que je campe là. Il dit que non. J’appelle le numéro sur le panneau de vente. Messagerie.

De la merde, je campe là. Pâtes, Lindor fondus dans des « pains » à hot-dog, et voilà. 

Le vendeur de terrains me rappelle. Je lui explique que je suis à vélo depuis Montréal, il capote un peu et dit que pas de problème je peux camper là. Ça tombe bien parce que je comptais pas démonter, remballer tout et repartir.

Bonne nuit autorisée!

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Une réflexion sur “Jeudi 22 Juin 2017: littoral texan (Goose Island State Park, TX – Chapman Ranch, TX)

  1. Ca a l’air le bonheur à l’état pur le Texas.
    Fait que ici tout va bien. On a regardé Game of thrones avec Katia. Votre sofa est toujours aussi confortable, c’est surtout la couette que j’affectionne en vérité. Retour par la route habituelle.
    Il fait gris et chaud.
    Igor m’a battue à plate couture aux échecs. Même si j’ai réussi une fois à le mettre en échec. Chacun ses petites victoires. On devait courir avec Katia. Mais devant la pluie, on a préféré le thé et le pain de Joe La Croute (qui a failli embauché Guyaume hier, mais ce matin, il avait essayé une apprentie boulangère, collègue de Katia, qui a l’air de faire l’affaire…). Voilà.
    Continue bien sur la route du texmex. Faudrait quand même que t’essaies du « vrai » texmex, histoire de. Non?
    Continue! Ça fait du bien.
    À ploutch

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