Mardi 15 Août 2017: bienvenidos a Colombia (Cartagena – Barranquilla)

Débarquement du bateau et première étape colombienne.

On arrive en vue de Cartagena vers 6h. Le soleil se lève sur la ville.


Le bateau se réveille, on approche du port.

En général le capitaine récupère les passeports des passagers dans l’après-midi, une fois qu’ils ont été traités par la douane colombienne, via un agent. Voulant rouler dès aujourd’hui, j’avais demandé à être prévenu dès le retour des papiers, et au final ils ont été traités supervite! 

Salutations à l’équipage et aux quelques compères encore là quand je prends la route. J’aurais pu dire aurevoir à tout le monde lors du barbecue organisé le soir, mais je veux aller retrouver ma « petite » cousine. Alors, en pensées, salut à tous!

10h30, je suis sur la route. Un peu tard comme heure de départ pour une journée de 125 km. Pas de niaisage, pas de pique-nique, on roule. La visite de Cartagena sera pour le 27.


Grosse route tout du long, ou presque, jusqu’à Barranquilla. Quand même relativement supportable, dans l’état d’esprit rouleur.


​Pas grand chose à signaler. Double-glace au kilomètre 90, un peu trop, mais bon. 

Barranquilla: sacré bordel. Panaderia qui a du wifi: j’achète du pain, quelques douceurs, et trouve l’hôtel le plus cheap sur le net.

Demain, dernière étape, objectif Minca.

Bonne dernière nuit en route.

Strava: https://www.strava.com/activities/1135654488/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502837067

Jeudi 10 – Lundi 14 Août 2017: Sovereign Grace (Nombre de Dios – Cartagena) 

 Jeudi 10:
Je quitte ma sympathique cabane après une photo prise par Pascal. Je l’ai peut-être mentionné plus tôt, j’ai passé ma dernière nuit avant le bateau chez des alsaciens installés au Panama depuis 18 ans. Je repars en ayant vu deux espèces de toucan différentes et avec deux bouquins pour passer le temps sur le bateau: Le dernier détective, de Robert Clais, traduit de l’anglais, et Cher amour de Bernard Giraudeau. 

Je me rends à Puerto Lindo chargé de toute cette culture. 10 km de sympathiques bosses avant aucun pédalage pendant 4 jours.

Je suis un peu en avance. Je cherche vite fait une connection fonctionnelle avant le blackout de plusieurs jours,  sans succès: j’envoie le dernier signe de vie en 4G.

On glande en attendant le reste du groupe qui arrive en bus de Panama Ville. Deux heures au total. On cause et sirote une limonade et un jus de fruits de la passion.

Voilà les autres. Briefing rapide de James, notre capitaine: que faire si quelqu’un tombe à l’eau, que ne pas faire en général. On embarque tout le bazar et les passagers sur la coquille de noix qui nous emmène sur Sovereign Grace, notre voilier et maison des quatre prochains jours.

Chacun est emmené vers son lit à tour de rôle et s’installe. On déguste ensuite le premier repas du voyage, superbon comme tous les suivants. Puis c’est parti, direction les îles San Blas!

Bon, je suis pas dans mon assiette. Premier voyage en voilier. Pas la première fois que je suis sur un petit bateau, mais pour aussi longtemps, si. Je comate sur le pont en fixant l’horizon. Ça va, y’a pire que moi. Mais je finirai quand même par prendre un cachet de Dramamine, truc contre le mal de mer, qui m’a fait du bien, faut avouer.

On passe l’après-midi et la soirée en mer. Le soir je fais pas long feu. Non seulement je suis relativement associal et ne m’intègre pas facilement, mais en plus j’ai un peu de retard de sommeil. 


Vendredi 11:

Premier jour dans les îles. Arrêt à un petit village Kuna, la population autochtone. L’équipage lance des bonbons aux mômes qui n’ont probablement aucun problème dentaire.

La petite île est intégralement recouverte de cahutes en bois couvertes de palmes. Plutôt dense comme village. On débarque à 20 gringos dans le petit bled. Quelques petits panneaux solaires fournissent l’électricité pour les iPhone et la lumière. Je sais pas comment ils font pour l’eau douce, mais j’ai vu des bidons recueillir l’eau de pluie.

Je fais le petit tour du hameau mais me sens un peu comme un envahisseur. Je cause vite fait avec un habitant, super superficiellement.

On repart comme on est venus. Je regrette qu’on ne lance pas aux mômes des trucs plus enrichissants que des saloperies supersucrées.

Direction un autre spot. Première séance de plongée-tuba. On nous dépose en digny (orthographe incertaine, ce petit bateau gonflable) proche des récifs coraliens. Je suis comme un chat dans l’eau. Après un peu de panique je nage jusqu’à la rive et peux ajuster le foutu masque et le tube. Et apprécier un peu le spectacle.

C’est vraiment beau. Dans l’eau transparente virevoltent les poissons colorés de toutes sortes et tailles. Ils slaloment entre les différents coraux, de toutes formes et motifs.

Après quelques ronds dans l’eau on regagne le bateau. J’ai marché sur des coraux, erreur: mauvais pour les pieds et les pauvres organismes piétinés.

On bouge vers un autre spot. Volley et foot sur la plage pour la plupart du groupe, en buvant rhum et bière (précision inutile: pour tous les passagers sauf moi, tout le voyage est irrigué plus ou moins abondamment de ces breuvages). J’ai ma gourde et fais le tour de la petite île, puis cause avec d’autres non-joueurs-joueuses.

Soirée: apéro « coco loco ». Entendez par là une noix de coco à l’intérieur complété avec du rhum. Pas dégueu mais un peu fort pour moi.

Super bonne bouffe à tous les repas. Kate, allemande de 28 ans, est la cuisinière. Elle voyage depuis 18 mois, a commencé par traverser une partie de l’Asie en moto, a vu pas mal de pays en sac à dos, et récemment a traversé le Costa Rica et le Panama d’un océan à l’autre et vice-versa sur un vélo superbasique acheté sur place. Je ne suis pas le seul cycliste à bord, et Tornado a un compagon de voyage.

Peter, hollandais, et sa copine Sonja (orthographe à confirmer), ont quitté leurs emplois et passent un an à voyager. Peter est un triathlète, il n’a pas fait de vélo depuis un moment et ça lui pèse. 

Feu de camp sur la plage le soir. Ça picole pas mal et tous les groupes sont assez scellés. Le joint « pas de boisson » est assez étanche. Je suis hypnotisé par les flammes et les contemple perdu dans mes pensées pendant un moment.La pluie tombe. Isaac, qui habite l’île, nous invite dans sa cahute. Bras de fer entre les costauds du bateau et les Kuna, pour rire.Brin de causette avec le doyen, 66 ans. Il a été marin et vu du pays. Il a un fils en Corée qui a cinq ans, et plusieurs autres enfants ici… »combien dans les autres ports visités?! », me demande-je.Retour au bateau. Le groupe continue à picoler sur le pont, je sombre dans le coma sur ma couchette. Je dors vraiment bien ici, bercé par les vagues et au calme.

Samedi 12:

Plongée depuis le bateau. 50 m à nager pour atteindre la minuscule île entourée de coraux. Dur. Pieds défoncés.

Petit tour sur la plage, photos de goélands et figures dessinées dans le sable alors que les autres jouent et picolent.

Le soir une raie et son petit tournent autour du bateau. Elle est pas grosse mais quand même jolie. Pas de photo.


Dimanche 13:

Plongée autour d’un autre petit banc de sable, puis j’épluche des noix de coco avant de repartir. Les allemands et polonais se prennent au jeu et on arrive à ouvrir quelques noix avec les moyens du bord.

On rentre au bateau, et heureusement Kate a encore une fois un délice pour nous. On part en fin d’après-midi pour la Colombie. Comme ça peut secouer, je vais aller ranger mon bordel et prendre ma pilule, tiens.

Super coucher de soleil.


Lundi 14:
Journée en mer, on vogue vers Cartagena. Ça secoue un peu: Dramamine. Sashimis de thon frais péché et dépecé sur place. Lu, dormi, causé, glandé, mangé. Dauphins qui sautent hors de l’eau, pas faciles à prendre en photo.

Mercredi 9 Août 2017: carretera transistmica (Ciudad de Panama – Nombre de Dios)

Journée d’un océan à l’autre à travers le Panama.

Strava: https://www.strava.com/activities/1135619226/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502834835

Je pars en pleine heure de pointe, le cauchemar. En face de moi, dans le sens opposé, tout est bouché par plein de connards tous seuls dans leurs bagnoles. C’est partout pareil.

J’admire le métro aérien au passage. J’insulte les chauffeurs de bus incompétents qui me frôlent ou me tassent de la route. Ils mourront dans d’atroces souffrances en voyant leur bus brûler. 

15 km plus loin, rien n’a changé. Le trafic panaméen, c’est du sérieux. 

Comme pour arriver en ville, j’ai le choix entre une autoroute, et une autre route, quasi-autoroute. Bref c’est pas la journée la plus plaisante du voyage.

Ah, là je peux prendre un petit détour pour économiser un peu mes nerfs. Bonne surprise: un barrage! Et ce qui ressemble à une station de pompage pour alimenter le canal.

Je poursuis jusqu’à Sabanitas. J’achète plein de trucs dont j’ai pas un réel besoin, mais qui seront bienvenus pour grignoter sur le bateau si la bouffe s’avère un peu légère. Cacahuètes, en veux-tu? En voilà.

Je trouve aussi un short de bain, qui me permettra de me baigner dans la mer sans saler démesurément mes cuissards.

Pause-bouffe sous un appenti dans une sorte de pâture. Je sentais la pluie venir et je voulais un abri…j’ai bien fait: ça se met à dracher pendant que je mange mes sandwiches au fromage à la crème et aux fines herbes (fait en Espagne, merde) et bois mon nectar d’abricot (fait en Turquie! Merde! Par contre, plutôt bon: abricot/sucre/eau/acide citrique. Même pas de colorant ou de benzoate de sodium!)

Je repars, maintenant sur la petite route côtière. Beaucoup plus accueillante, même si certains chauffards de bus méritent toujours une lente agonie.

L’Atlantique est en vue! Le bon vieil Atlantique. Par temps clair on peut voir la baie de Somme mais aujourd’hui c’est nuageux. 

Portobelo: petite bourgade avec de vieux forts sympathiques. Je pause un peu et essorre mes chaussettes: les chaussures font « floc floc » depuis la grosse pluie d’orage prise quelques minutes plus tôt.

Derniers kilomètres sympathiques, petite route bosselée jusqu’à ma cabane louée pour la nuit. Au calme dans la jungle, avant cinq jours sur un bateau surpeuplé. 

Demain j’ai rendez-vous vers 9h pour la rencontre pré-embarquement, puis c’est parti pour cinq jours sur les îles San Blas et en mer. Probablement silence radio pendant ce temps là, ne vous affolez pas.

Bonne nuit sur la terre ferme.

Mardi 8 Août 2017: Canal y Ciudad de Panama

Journée de repos à Panama.
Strava: https://www.strava.com/activities/1124008454/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502234946 et https://www.strava.com/activities/1124008605/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502225271


En gros j’ai:

  • Fait quelques courses de pré-bateau.
  • Fait changer les billes de mon roulement de roue arrière. Avis: je prends les dons pour un moyeu White Industries de qualité. 
  • Refusé de payer 15 $ pour le centre de visite de l’écluse de Miraflores, donc pas vu grand chose du canal. Je trouve ça vraiment abusif de presser les citrons-touristes alors que le canal rapporte des millions. 
  • Monté la colline locale (Cerro Ancón) en 5 minutes 33.
  • Exploré le réseau cyclable côtier de la ville. Tout neuf et vraiment super. 
  • Vomi dans ma bouche entre les tours d’hôtels et appartements de luxe de merde. Puis tout recraché sur un Porsche Cayenne.
  • Évité de faire le coup de la merde dans le papier journal enflammé au concessionnaire Ferrari local.
  • Pareil chez Gucci et autres saloperies.
  • Pris un peu la flotte sous un orage.

Demain je roule vers Puerto Lindo. Dernière étape en Amérique Centrale. 

Lundi 7 Août 2017: plage, autoroute et pont (Punta Chame – Ciudad de Panama)

Mauvaise nuit. Dormi dans un bain de sueur dansmon drap de soie: sans, les moucherons me bouffaient (probablement rentrés dans la tente par les multiples trous dans la moustiquaire) et avec, je crevais de chaud.

Petit tour sur la plage.


Et belle surprise: un petit crabe qui creuse.

Le balai du petit animal est assez fascinant: il disparaît sous le sable dans le petit trou, revient en pointant le bout des pattes, sort en vitesse et balance le sable hors du trou, puis repart. Je l’observe quelques instants.

Encore un peu de plage.


​Je cause avec les gens avant de partir. Enfin, surtout avec Philippe, ffrançais installé en Amérique Centrale depuis 20 ans. Pilote d’hélicoptère (formé à Saint-Hubert, sur la rive sud de Montréal!), il passe ses journées à épandre des saloperies. Il a vécu 3 ans à Saint-Quentin quand il était gamin, ça alors!

Merci Machate Kites, hop, en route, en commençant par un peu de mangrove.


Je me tape ensuite une balle tartine de merde: la route panaméricaine jusqu’à la ville de Panama. Pouah…


Arrêt internet dans un hôtel à une trentaine de bornes de la ville. La patronne, sympa, m’offre des pâtes instantanées et une bière. On cause. Sympa, merci.

Le pont est en vue! Et le canal, le fameux canal!


Traversée assez merdique, ce pont est assez dangereux. Normalement le trottoir est seulement pour les piétons, mais comme je suis un touriste la police me laisse passer. Jugez par vous-mêmes sur les photos.


Traversée de la ville jusqu’à mon hôtel dans le bordel de l’heure de pointe. Mieux vaut être sur ses gardes. Remarque sur la photo ​ça a l’air relax.

Panama est en effet très américanisée. Plein de trucs en anglais partout, gratte-ciel, etc.

M’y voilà enfin. Grand luxe: clim et shampoing. Douche, et courses dans le quartier. Ghost bike.

Demain: petit tour en ville, admiration du canal, ajustement de roulement si possible (roue arrière mal en point…)

Bonne nuit au frais.

Strava: https://www.strava.com/activities/1122468576/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502141896

Dimanche 6 Août 2017: folie (El Valle – Altos del Maria – Punta Chame) 

Journée vraiment dure.


Tout commence relax: je laisse les affaires au camp et me fais une petite rando pour aller voir la cascade et le point de vue pas loin. Ça valait le coup, et j’ai aussi vu un nid de colibri (que j’ai bien sûr pas trouvé tout seul).

Relax encore: je fais quelques menues  réparations avant de partir, vers 10h.

Direction Sora. Pas très loin sur la carte, mais ça va monter, vue l’allure de la route.

Jamais vu ça. Un truc de fous. TRÈS dur. Un enchainement de murs à plus de 20%. Hallucinant.

Ça commence par monter à Altos de Maria, que naïvement je pense être un petit village, mais qui s’avère être un village de gringos aux grosses baraques perchées dans la montagne et seulement accessibles en grosse bagnole. 

Pour y arriver depuis El Valle, il faut franchir une route de malade. Très pentue (plus de 25%), j’ai dû descendre de vélo, humide et poisseuse. Le vélo et les pieds glissent, dangereux.

Bref j’en chie un maximum. Puis j’arrive à une putain de guérite de sécurité. Le garde ne veut eévidemment pas que je passe. Heureusement j’attrape un résident au vol alors qu’il franchit le portail. Il signe pour moi le formulaire de visiteur. Et coïncidence, sa femme et lui sont de Brossard, sur la rive sud de Montréal. 

Merci Mike et toute la rive sud, donc. Je peux maintenant traverser cet enfer.

Les murs de malade continuent, entre les terrains et les grosses maisons. Heureusement il ne fait pas trop chaud.

J’ai passé le col, ou un col en tous cas. Descendre les murs c’est presque pire que les monter, en fait. Le vélo souffre. Les jantes surchauffent. Et boum, crevaison à l’arrière: le fond de jante n’a probablement pas apprécié la chaleur. Je répare. 

Rebelote dans la descente-chute libre suivante. Fait chier. Par chance cette fois je suis à côté d’un ruisseau, je filtre de l’eau, me rince et me lave les mains, ça fait du bien.

Ça continue. Route la plus dure de ma vie. Le mont Mégantic me semble ridicule. Je relativise toutes les autres cotes. 12% c’est des vacances.

Belvédère. Il est 14h, je pique-nique face à la vue et avec les cigales. 

Encore un peu de galère et j’atteins enfin Sora. Ça descend, un peu en dents de scie mais quand même. 

Je rejoins la grosse route panaméricaine, je suis presque content de la retrouver. Ravitaillement puis je m’engage dans un cul-de-sac de 25 km vers Punta Chame.

Jolie petite route droite qui finit dans les dunes, où je campe présentement. Machate Kites, école de kitesurf, m’accueille. Y’a plein de moustiques et autres petites saloperies qui piquent. Je me noie dans ma sueur malgré le toit de tente à demi replié. Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit.

Bonne nuit quand même! 

Strava: https://www.strava.com/activities/1122074020/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502127365

Samedi 5 Août 2017: pierres et côte surprises (Chitre – El Valle)

Je suis rincé, j’abrège.
Strava: https://www.strava.com/activities/1119287785/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501983568
Grosse route de merde, c’est reparti. Pause internet dans une école: programme « internet para todos » du gouvernement je pense.
Pause vieilles pierres et moustiques en prime: alignements de monolithes transportés des montagnes, et tombes. 

Re-grosse route jusque Penonome. La boulangerie n’a pas de cornets pour les glaces, seulement des gobelets en styromousse, non merci. Je prends que de l’eau du robinet, qu’on me dit bonne à boire.

Je me doutais que ça monterait pour atteindre mon but-détour du jour, El Valle. Mais je m’attendais pas à un col-dents de scie à plus de 700 m avec des murs à 21%. J’en ai chié mais je suis pas arrivé trop tard quand même. 

Camping de luxe à 10 $ au Windmill hostel. Pas de toit au-dessus de celui de la tente, mais une bruyante cascade.