Mercredi 16 Août 2017: arrivé à Minca! (Barranquilla – Minca)

Je suis arrivé!  

Je fais vite, il est tard.

Route entre Barranquilla et Santa Marta un peu longue et laborieuse. Rencontre de Alexandra et Ernesto, sympas. Pique nique relax à Santa Marta. Montée vers Minca tranquille sous la pluie.

Super retrouvailles avec Laure. Ah, je suis arrivé, j’y crois presque pas!

Merci de votre attention, chers lecteurs. Pas grand chose ne sera publié sur ce blog dans les prochains jours, a priori.

Bonne nuit à Minca.

Jeudi 10 – Lundi 14 Août 2017: Sovereign Grace (Nombre de Dios – Cartagena) 

 Jeudi 10:
Je quitte ma sympathique cabane après une photo prise par Pascal. Je l’ai peut-être mentionné plus tôt, j’ai passé ma dernière nuit avant le bateau chez des alsaciens installés au Panama depuis 18 ans. Je repars en ayant vu deux espèces de toucan différentes et avec deux bouquins pour passer le temps sur le bateau: Le dernier détective, de Robert Clais, traduit de l’anglais, et Cher amour de Bernard Giraudeau. 

Je me rends à Puerto Lindo chargé de toute cette culture. 10 km de sympathiques bosses avant aucun pédalage pendant 4 jours.

Je suis un peu en avance. Je cherche vite fait une connection fonctionnelle avant le blackout de plusieurs jours,  sans succès: j’envoie le dernier signe de vie en 4G.

On glande en attendant le reste du groupe qui arrive en bus de Panama Ville. Deux heures au total. On cause et sirote une limonade et un jus de fruits de la passion.

Voilà les autres. Briefing rapide de James, notre capitaine: que faire si quelqu’un tombe à l’eau, que ne pas faire en général. On embarque tout le bazar et les passagers sur la coquille de noix qui nous emmène sur Sovereign Grace, notre voilier et maison des quatre prochains jours.

Chacun est emmené vers son lit à tour de rôle et s’installe. On déguste ensuite le premier repas du voyage, superbon comme tous les suivants. Puis c’est parti, direction les îles San Blas!

Bon, je suis pas dans mon assiette. Premier voyage en voilier. Pas la première fois que je suis sur un petit bateau, mais pour aussi longtemps, si. Je comate sur le pont en fixant l’horizon. Ça va, y’a pire que moi. Mais je finirai quand même par prendre un cachet de Dramamine, truc contre le mal de mer, qui m’a fait du bien, faut avouer.

On passe l’après-midi et la soirée en mer. Le soir je fais pas long feu. Non seulement je suis relativement associal et ne m’intègre pas facilement, mais en plus j’ai un peu de retard de sommeil. 


Vendredi 11:

Premier jour dans les îles. Arrêt à un petit village Kuna, la population autochtone. L’équipage lance des bonbons aux mômes qui n’ont probablement aucun problème dentaire.

La petite île est intégralement recouverte de cahutes en bois couvertes de palmes. Plutôt dense comme village. On débarque à 20 gringos dans le petit bled. Quelques petits panneaux solaires fournissent l’électricité pour les iPhone et la lumière. Je sais pas comment ils font pour l’eau douce, mais j’ai vu des bidons recueillir l’eau de pluie.

Je fais le petit tour du hameau mais me sens un peu comme un envahisseur. Je cause vite fait avec un habitant, super superficiellement.

On repart comme on est venus. Je regrette qu’on ne lance pas aux mômes des trucs plus enrichissants que des saloperies supersucrées.

Direction un autre spot. Première séance de plongée-tuba. On nous dépose en digny (orthographe incertaine, ce petit bateau gonflable) proche des récifs coraliens. Je suis comme un chat dans l’eau. Après un peu de panique je nage jusqu’à la rive et peux ajuster le foutu masque et le tube. Et apprécier un peu le spectacle.

C’est vraiment beau. Dans l’eau transparente virevoltent les poissons colorés de toutes sortes et tailles. Ils slaloment entre les différents coraux, de toutes formes et motifs.

Après quelques ronds dans l’eau on regagne le bateau. J’ai marché sur des coraux, erreur: mauvais pour les pieds et les pauvres organismes piétinés.

On bouge vers un autre spot. Volley et foot sur la plage pour la plupart du groupe, en buvant rhum et bière (précision inutile: pour tous les passagers sauf moi, tout le voyage est irrigué plus ou moins abondamment de ces breuvages). J’ai ma gourde et fais le tour de la petite île, puis cause avec d’autres non-joueurs-joueuses.

Soirée: apéro « coco loco ». Entendez par là une noix de coco à l’intérieur complété avec du rhum. Pas dégueu mais un peu fort pour moi.

Super bonne bouffe à tous les repas. Kate, allemande de 28 ans, est la cuisinière. Elle voyage depuis 18 mois, a commencé par traverser une partie de l’Asie en moto, a vu pas mal de pays en sac à dos, et récemment a traversé le Costa Rica et le Panama d’un océan à l’autre et vice-versa sur un vélo superbasique acheté sur place. Je ne suis pas le seul cycliste à bord, et Tornado a un compagon de voyage.

Peter, hollandais, et sa copine Sonja (orthographe à confirmer), ont quitté leurs emplois et passent un an à voyager. Peter est un triathlète, il n’a pas fait de vélo depuis un moment et ça lui pèse. 

Feu de camp sur la plage le soir. Ça picole pas mal et tous les groupes sont assez scellés. Le joint « pas de boisson » est assez étanche. Je suis hypnotisé par les flammes et les contemple perdu dans mes pensées pendant un moment.La pluie tombe. Isaac, qui habite l’île, nous invite dans sa cahute. Bras de fer entre les costauds du bateau et les Kuna, pour rire.Brin de causette avec le doyen, 66 ans. Il a été marin et vu du pays. Il a un fils en Corée qui a cinq ans, et plusieurs autres enfants ici… »combien dans les autres ports visités?! », me demande-je.Retour au bateau. Le groupe continue à picoler sur le pont, je sombre dans le coma sur ma couchette. Je dors vraiment bien ici, bercé par les vagues et au calme.

Samedi 12:

Plongée depuis le bateau. 50 m à nager pour atteindre la minuscule île entourée de coraux. Dur. Pieds défoncés.

Petit tour sur la plage, photos de goélands et figures dessinées dans le sable alors que les autres jouent et picolent.

Le soir une raie et son petit tournent autour du bateau. Elle est pas grosse mais quand même jolie. Pas de photo.


Dimanche 13:

Plongée autour d’un autre petit banc de sable, puis j’épluche des noix de coco avant de repartir. Les allemands et polonais se prennent au jeu et on arrive à ouvrir quelques noix avec les moyens du bord.

On rentre au bateau, et heureusement Kate a encore une fois un délice pour nous. On part en fin d’après-midi pour la Colombie. Comme ça peut secouer, je vais aller ranger mon bordel et prendre ma pilule, tiens.

Super coucher de soleil.


Lundi 14:
Journée en mer, on vogue vers Cartagena. Ça secoue un peu: Dramamine. Sashimis de thon frais péché et dépecé sur place. Lu, dormi, causé, glandé, mangé. Dauphins qui sautent hors de l’eau, pas faciles à prendre en photo.

Lundi 7 Août 2017: plage, autoroute et pont (Punta Chame – Ciudad de Panama)

Mauvaise nuit. Dormi dans un bain de sueur dansmon drap de soie: sans, les moucherons me bouffaient (probablement rentrés dans la tente par les multiples trous dans la moustiquaire) et avec, je crevais de chaud.

Petit tour sur la plage.


Et belle surprise: un petit crabe qui creuse.

Le balai du petit animal est assez fascinant: il disparaît sous le sable dans le petit trou, revient en pointant le bout des pattes, sort en vitesse et balance le sable hors du trou, puis repart. Je l’observe quelques instants.

Encore un peu de plage.


​Je cause avec les gens avant de partir. Enfin, surtout avec Philippe, ffrançais installé en Amérique Centrale depuis 20 ans. Pilote d’hélicoptère (formé à Saint-Hubert, sur la rive sud de Montréal!), il passe ses journées à épandre des saloperies. Il a vécu 3 ans à Saint-Quentin quand il était gamin, ça alors!

Merci Machate Kites, hop, en route, en commençant par un peu de mangrove.


Je me tape ensuite une balle tartine de merde: la route panaméricaine jusqu’à la ville de Panama. Pouah…


Arrêt internet dans un hôtel à une trentaine de bornes de la ville. La patronne, sympa, m’offre des pâtes instantanées et une bière. On cause. Sympa, merci.

Le pont est en vue! Et le canal, le fameux canal!


Traversée assez merdique, ce pont est assez dangereux. Normalement le trottoir est seulement pour les piétons, mais comme je suis un touriste la police me laisse passer. Jugez par vous-mêmes sur les photos.


Traversée de la ville jusqu’à mon hôtel dans le bordel de l’heure de pointe. Mieux vaut être sur ses gardes. Remarque sur la photo ​ça a l’air relax.

Panama est en effet très américanisée. Plein de trucs en anglais partout, gratte-ciel, etc.

M’y voilà enfin. Grand luxe: clim et shampoing. Douche, et courses dans le quartier. Ghost bike.

Demain: petit tour en ville, admiration du canal, ajustement de roulement si possible (roue arrière mal en point…)

Bonne nuit au frais.

Strava: https://www.strava.com/activities/1122468576/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502141896

Vendredi 4 Août 2017: Ocu, Macaracas, etc (Santiago – Chitre)

Journée assez intense.

Je pars de Santiago vers 7h30, mon cuissard sent bon, tout propre de la lessive d’hier. Assez rare pour être signalé. 

Un peu de grosse route puis je tourne à droite pour un nouveau détour panaméen. Je prends un chemin qui coupe vers Ocu. 

Plutôt bon dans un premier temps, puis assez rugueux…et surtout, un passage à gué assez intense. Je passe à pieds en ayant enlevé mes chaussures (floc-floc toute la journée et à chaque coup de pédale, si je peux éviter, j’évite). J’ai de l’eau jusqu’aux genoux, les sacoches trempent dedans. Elles sont pour la plupart percées…mais l’essentiel de mes affaires semble avoir survécu.

Ocu. Je relubrifie la chaîne et pars à l’assaut vers Las Minas, montée de troisième catégorie selon Strava. De bonnes bosses et un bout final vers 10-12%. Allez, on pédale!

Las Minas. Encore un peu de montée après le village, puis la route est en dents de scie, montées-descentes relativement brèves mais intenses à travers le joli paysage cabossé et défriché du Panama.

C’est vraiment beau comme coin, mais j’ai pas pris beaucoup de photos, la plupart du temps occupé à en chier en montée ou faire attention aux nids-de-poule en descente.

Je pousse jusqu’au bourg de Macaracas pour pique-niquer avec une boisson fraîche. Je cause vite fait avec quelques villageois-e-s intrigué-e-s.

Encore 40 km pour arriver à Chitre. Les dents de scie sont très émousées ici, c’est presque reposant.

Chitre: panaderia et glace. Hotels hors de prix. Je filtre de l’eau et sors de la ville.

Ah tiens, un « familiar hostel » qui n’était pas sur ma carte. 50 $, tu parles…

Je vais voir un peu plus loin, mais ne trouve pas de chemin pour atteindre le belvédère indiqué par mon GPS. Les pâtures et champs sont clôturés et verrouillés. Le chemin est merdique.

Bon. Il se fait tard, passé 18h, le soleil va se coucher et je sens venir la galère. Je retourne au hostal hors de prix et demande pour y camper. Je rencontre Aldo, italo-panaméen dont les quatre grands-parents viennent de quatre pays différents (Italie, Panama,  Espagne, et je sais plus). Il appelle la personne responsable. Finalement je paye 10 $ pour le camping grand luxe avec toit, douche, électricité, et internet intermittent.

C’est collé à la route et y’a des chiens par contre…

Un peu plus tard je rencontre Mario, québécois marié à une panaméenne installé ici depuis 7 ans, qui gère l’endroit. On cause. J’espère lui faire réaliser que « les éoliennes sont une cause majeure de mortalité d’oiseaux » est une idée fausse et que la majorité des oiseaux sont tués par collision avec une vitre ou un vroum-vroum. Il m’offre une bouteille d’eau, du Powerade et le nouveau testament en anglais et espagnol. De la lecture pour le bateau. Merci Mario!

Bonne nuit confortable, mais potentiellement bruyante.

Strava: https://www.strava.com/activities/1118734805/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501952417

Lundi 31 Juillet 2017: détour préfrontalier (Piedras Blancas – Paso Canoas)

Strava: https://www.strava.com/activities/1111188999/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501540713

Journée relax, la dernière au Costa Rica.

Ouf, la pluie a fini par cesser pendant la nuit. Je crois même que ça m’a réveillé.

J’ai repéré un détour passant dansun parc national. Comme j’ai le temps, je le prends. Route de gravier à travers la jungle pour rejoindre Golfito.


Y’a quelques grimpettes, un peu dur dans le gravier, surtout par ma grande forme de ces temps-ci.

Golfito: assez jolie baie. Je ne m’éternise pas, je voudrais quand même profiter de la matinée pour rouler un peu.


On dirait que des gringos amènent leur yacht en vacances ou en retraite. C’est fou.


Le détour continue avec une belle route tournicotant entre les collines, les plantations, la forêt. Peu de monde, c’est une route secondaire. Vraiment sympathique.


Mais après ce pont, c’est le drame: gravier/cailloux TRÈS rugueux pour des kilomètres et il se remet à pleuvoir. Plus de beaux virages ni petites cotes, seulement des palmeraies.


Ça fait toujours un bien fou de retrouver l’asphalte. Double dose quand en plus la pluie s’arrête aussi.

Odeur toujours aussi particulière aux abords des usines de transformation de palme. 


Les camions de palme et charettes à cheval croisent les camions-citernes d’huile.

Pause à Laurel. J’achète un tas de trucs dont j’ai pas besoin au supermarché: j’ai retiré trop de colones et pas envie de me faire arnaquer en les échangeant. En sortant je cause un peu en espanglais avec Aurelio, un gars du coin.

Les jeunes qui viennent fumer au parc où je pique-nique me saluent et me posent les questions habituelles.

Un peu d’huile sur la chaîne et….pause wifi dans une quincaillerie, si improbable que ça puisse paraître. Le patron a un T-shirt « Tour de France ». On cause un peu.

15 km pour rejoindre le poste frontière. Sur les derniers kilomètres la route longe la frontière et une autre route est parallèle côté panaméen. Pas de clôture, mais pas mal de police et militaires.


Presque 16h. Pas envie de pousser ni de camper à proximité de la frontière. Je me prends un hôtel pourri qui pue je-sais-pas-quoi mais qui est à un prix relativement acceptable, 8000 colones: environ 20 CAD.

Demain on fait un détour au Panama.

Bonne nuit malodorante.

Samedi 29 Juillet 2017: Costa pourrie (Parque Nacional Carara – Dominical)

Journée monotone sur la côte balnéaire costaricaine.

Bien dormi. Je pars tôt, avant 6h30, pour ne pas être emmerdé après mon squat. Il fait beau. Direction Jaco. 

Ici c’est gringoland. Tout est en anglais. Plein de trucs à vendre. Plein de trucs clairement destinés aux touristes. Le pays en entier semble colonisé. Pas très plaisant.


Je zappe Jaco, qui a l’air d’une station balnéaire à vomir. Je me contente de voir les verrues sur l’horizon.


Je roule lentement mais avance quand même. Je crois beaucoup de cyclistes, gringos et autres. Je me fais doubler par un rouleur sur un vélo de contre-la-montre. J’essaye de m’accrocher mais il va vite et j’ai pas envie de forcer…aurevoir l’ami.

Poubelles: inexistantes.

J’arrive dans des palmeraies. Y’en a sur des kilomètres. En ligne droite. Je compte pas les palmiers.


Drôle d’odeur en passant à côté de l’usine de transformation.


11h30 environ, je m’arrête pour une pause bouffe à Quebos. Finis les restau, ici c’est cher: sardines et cacahuètes. Un iguane s’enfuit dans l’herbe devant moi.


Je cause avec un américain qui vient au Costa Rica depuis 35 ans et qui va prendre sa retraite ici, parce que c’est moins cher. Ah le capitalisme…

Je repars après une petite pause internet. Une fois la panaméricaine rejointe, c’est encore palmes-palmes-palmes.


Heureusement il y a quand même quelques ponts et vues sur la mer qui brisent la monotonie.



J’achète une petite glace, de l’eau et des bananes dans un « mini super » qui a une chaine hifi qui crache du gros reggae en espagnol vers la route. Plutôt sympathique, ça change de la musique latino classique.

Même pas 16h et je suis tanné. Je repère un camping sur ma carte, dans un village de plage. Un peu bizarre: c’est au-dessus de chambres d’une auberge, et sous le toit. Camping à l’étage. 4000 colones soit 10$. Pas envie de chercher plus. Je monte le vélo au camping. Un étage d’escaliers, plutôt facile comparé au Mombacho.

Douche et tour sur la plage. J’arrive pile pour un beau mascaret remontant la rivière. Pas facile à photographier par contre.




Bonne nuit à l’étage.

Strava: https://www.strava.com/activities/1107784002/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501365718

Vendredi 28 Juillet 2017: panaméricaine (Bebedero – Parque Nacional Carara)

Journée à oublier.

Je répare le câble de mon phare (connecteurs à changer) en attendant de saluer Esteban, qui s’est encore levé très tôt pour les affaires fermières.

Je repars bien reposé (la clim m’a fait dormir comme un loir), avec 1.8kg de riz sans pesticides et quelques fruits. Merci beaucoup Esteban, pour tout.

Je sais pas pourquoi, j’ai un peu mal au ventre. Pas trop de force non plus. Je suis pas malade mais je suis pas en forme.

Je rejoins la grosse route panaméricaine. On m’avait prévenu: après Cañas, c’est plus étroit et il faut parfois jouer serré. Au total sur la journée j’ai eu un dépassement très TRÈS limite de la part d’un bus, et pas mal d’autres très mauvais de la part de camions. Qu’ils crèvent. 

Bref c’était peu plaisant pendant presque 120 km. Pas vu grand chose.

24 km au compteur: je me rends compte que la clé d’Esteban est dans ma poche. Ah, le con! Je lui écris directement. Une demi heure plus tard, je lui rends le précieux sésame sur le bord de la route. Sorry to have wasted your time, Esteban.  Disculpame…

Pause supermarché. C’est cher ici, surtout si on achète des saloperies pour gringos. Demain j’essaye de voir si y’a des poubelles, tiens.

85 km au compteur à 14h30: bof. J’engloutis un paquet de biscuits et roule.

Panaméricaine de merde.

Il pleuviote et fait gris, au moins je crève pas de chaud.

Ah tiens, un cycliste dans ma roue! Il me double en bas d’un faux-plat. Je m’accroche. Bon effort mais j’arive à rester dans sa roue. En haut je rencontre Pablo, camionneur, mais aussi cycliste. Il va travailler à vélo tous les jours, entre 24 et 50 km au total, en fonction de quelle base il rejoint. Il conduit un camon citerne pour ravitailler les stations environnantes. On cause tant bien que mal. Il est témoin de Jéovah. Pas osé lui demander son témoignage. Hasta luego, amigo. Merci pour l’aspi.

Je fais le plein d’essence pour le réchaud. 240 colones.

Un autre cycliste me double mais je me fais surprendre et il va bien trop vite. Et surtout j’arrive au parc national où j’espère camper.

C’est fermé mais une barrière est ouverte. Y’a personne. Je vais jusqu’aux chiottes pour faire le plein d’eau.

La pluie est un peu plus forte et je me dis que ce serait bien d’avoir un endroit sec pour la nuit. Ah mais tiens, y’a des chiottes « familiales », super grands. J’hésite un peu, la possibilité de se faire virer est réelle. La pluie me convainc. Je pousse Tornado dans les toilettes et essuie les traces sur le carrelage propre avec une serpillière qui traîne. 

Je m’installe, porte fermée, discreto. Bien des trucs sont déballés quand quelqu’un appelle de l’extérieur du bastion à caca.

Je sors. Merde, un mec du parc. Je me vois déjà avoir à tout remballer et à repartir sous la pluie à la nuit tombante.

Il se demande ce qui se passe. Je lui dis que je vais juste dormir là, que je suis fatigué. Il me répond que OK, il ne m’a pas vu. Je le rassure en disant que je partirai à 6h30 (avant l’ouverture) et que je garderai tout propre. Il me dit que pour lui y’a pas de problème, qu’il ne va rien dire aux collègues et que j’ai juste à rester hors de vue et ça devrait aller.

Muchas gracias, l’ami. Ah, que ça fait plaisir de ne pas tomber aur un connard borné, mais sur quelqu’un d’éclairé qui comprend! Je regagne un peu de foi en l’humanité. 

Bonne nuit aux chiottes.

Strava: https://www.strava.com/activities/1107571665/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501354342