Dimanche 18 Juin 2017: Houston (Anahuac, TX – Sugar Land, TX)

Traversée de la partie sud de Houston pour arriver chez Tom et Ann de Warmshowers.

Route de service du lac Anahuac: barrière avec barbelés après 1/3 du chemin. Demi-tour pour 5 km de piste  vent de face. 


6 km d’autoroute pour arriver à Cole. Heureusement y’a un bon accotement et c’est dimanche matin.
Début de la misère urbaine à Baytown.

Super pont pour La Porte. Officiellement c’est pas une autoroute…mais plein de routes sont comme ça ici. Au moins l’accotement est large.




Ensuite imaginez une zone commerciale moche de 90 km de long…et vous avez ce que j’ai traversé. À quelques coins près, c’était naze. Et encore pire à partir de 12h30 une fois tout le monde sorti des églises.

Poubelle Aldi de fous. Surcharge.

Un mec me klaxonne pour me dire que j’ai perdu un ananas. Merci l’ami. Je lance un paquet de nachos à un autre mec qui fait la manche à un carrefour.

Fait chaud.

Super accueil de Tom et Ann. Je suis leur premier hôte. Tom est retraité de Schlumberger et ils ont pas mal voyagé, à vélo aussi. Voir photos prises en France il y a quelques décennies. 


Échange d’histoires. Trempette dans leur piscine, bonne bière et bon repas. Bonne nuit!

Dimanche 11 Juin 2017: French Camp et Kosciusko (Witch Dance, MS – Kosciusko, MS)

/!\AVIS À LA POPULATION: WALMART COMPOSTE/!\


Une autre belle journée sur la Natchez Trace Parkway.

Je pars pas trop tard (7h30) et profite un peu de la relative fraîcheur matinale. À partir de 10h30 ça commence à taper.

Route très calme du dimanche matin. Alleluia.

Je monte au point le plus haut du Mississippi. C’est pas impressionnant.

French Camp, on m’a recommandé un café. Manque de bol tout le vilage est bâti autour d’une sorte d’académie chrétienne: le dimanche c’est ville morte, pas un chat nulle part. Bon, bah je bouffe des oeufs, tomates et noix.

30 miles plus loin, Kosciusko! Suoer madame de l’accueil touristique – camping vélo seulement: « non, y’a pas de boulangerie…mais si tu veux j’ai cette miche de pain-maison qu’on m’a donnée et que je mangerai pas! »

Elle me dit aussi où je peux camper: sous le porche, si je veux, parce que l’orage menace. Ah bah oui. Y’a même internet, le ventilateur de plafond, le courant. Grand luxe, quoi.

Je demande si y’a une épicerie: y’a Walmart. Une jardinerie: Walmart.

Putain de Walmart. Le petit centre-vile est désert. 

Quelques tours en ville et je oase chez le fucking Walmart. Tiens, c’est quoi ces conteneurs dans le coin?!

La vache. Les invendus, ou invendables des fruits et légumes, qui chauffent au soleil. Bananes, cerises, pêches, mangues, oignons, poivrons…

Je sors de l’enfer avec du beurre d’arachides (100% arachides!), du thé et un pulvérisateur pour la climatisation cycliste, puis je vais m’installer dans mon hôtel particulier. 

Risotto super, et hop, paré à dormir.

Bonne nuit de luxe.

Strava: https://www.strava.com/activities/1032572771/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1497234847

Samedi 10 Juin 2017: perte de temps à Tupelo (Tishomingo State Park, MS [303.5] – Witch Dance, MS [233.2])

Il fait chaud et ça fait que commencer.

Depuis le début de ce voyage, première journée où j’ai mal au cul. Journée la plus longue sur mon cuissard Apogée, peut-être…va savoir.

Départ vers 7h: Tupelo est à plus de 70 km et je veux avoir le temps d’aller chez un vélociste.

Il fait très beau, les conditions sont idéales le matin: peu de vent, fraîcheur, grand soleil. J’ai un peu l’impression de passer à côté du Mississippi tant y’a pas grand chose sur cette route. Mais c’est confortable. Mais c’est monotone. Mais…

Bref je suis content d’arriver à Tupelo, petite ville sur le chemin. Passage à la bibliothèque pour internet. Je laisse mon téléphone charger pendant que je vais faire le tour des vélocistes. Y’en a trois mais pas un n’a un Schwalbe Marathon…tant pis. Vu que la ville est quand même un peu étalée, je fais genre 30 km pour rien au final. Même pas quelques poubelles: tout est vide ou barricadé. Quelle perte de temps!

À part à la sortie de Core, magasin cool de vélo et plein air, où je rencontre Stewart (I hope I spell your name right), sympathique gars originaire du Delaware. Il rentre lundi en chimio pour quelques métastases. Nice to meet you Stewart, good luck to you!

Un des vélocistes, purement vélociste sans rien d’autre comme sport parasite, est sympa aussi. On jase un peu, il a quelques beaux bouquins et affiches.

Je ramasse mon téléphone et quitte la ville. Fait chaud. Vent dans le nez.

Fait chaud.

Je rejoins la Natchez Trace. Fait chaud et y’a pas mal de trafic en ce weekend.

15h, pas bouffé, je crève de faim. Fait chaud. Je m’arrête à l’aire de pique-nique que j’avais repérée, la première après la ville, mais à 12 km quand même. 

Vent chaud.

Je suis un peu requinqué après le pique-nique mais niveau flotte, c’est limite: j’aurais en fait juste assez pour atteindre le prochain point d’eau.

Mal au cul. Qui a mis du papier de verre dans mon cuissard?

J’en chie pas mal mais finis par atteindre Witch Dance, aire de pique-nique avec toilettes où le camping sauvage cycliste est autorisé, ce qui est quand même assez logique. Rincette rafraichissante au lavabo, platrée de pâtes au cheddar déjà fondu, et hop.

Les cigales caniculaires font pas mal de bruit mais je devrais bien dormir quand même. 

Demain, objectif Kosciusko, autre cyclocamping autorisé. 

Strava: https://www.strava.com/activities/1032298778/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1497213483

Vendredi 9 Juin 2017: coureurs et chats cyclistes (Meriwether Lewis, TN [385.9] – Tishomingo State Park, MS [303.5])

Dans les oreilles: Les Sheriff.

Belle journée de grand soleil sur la Natchez Trace Parkway.

Je répare la crevaison lente dont je vous ai pas parlé hier. Changement de tube: je me rends compte que mon pneu arrière, pourtant un Schwalbe Marathon Plus de bonne facture, a déjà de bons signes d’usure malgré ses seulement ~3000 km. Demain, mission pneu. Je redégonfle deux fois pour replacer le pneu comme il faut…on est un bon mécano ou on l’est pas.

Je roule jusque Collinwood, rare village de cette partie de la route. Quatre petits vieux me dévisagent quand je rentre dans l’office de tourisme-musée autogéré. Petite jasette, connexion internet, puis emplettes au bled. Poste et poubelles…

…et belle rencontre: un couple d’espagnols des îles Canaries en tandem de montagne, qui court une course d’ultra-endurance hors-route de Virginie à l’Oregon, la American Trail Race. Super bécane, super équipage de bikepacking. Les fous ont commencé le tandem pour la course! Photo et encouragements. On peut les suivre sur trackleaders.com…http://trackleaders.com/americantrail17i.php?name=David___Loreto_Garcia

Je reprends la route pour mieux m’arrêter pour manger sur une aire dédiée un peu plus loin. Je répare le tube défectueux après l’avoir plongé dans un petit ruisseau pour trouver la fuite. En refermant la sacoche de selle je pète la fermeture éclair: un côté est sorti du curseur. Et merde. 

Une demi heure plus tard, je m’en suis sorti en décousant le bout de la fermeture pour tout remettre en ordre. Attention en ouvrant par contre.

Je reprends la route. Arrêt à la limite Tennessee/Alabama. Je laisse ma carte sur la pancarte.

Passage de la Tennessee River: magnifique sous ce grand beau temps. De petites bestioles volantes se posent sur moi.

Je croise quelques cyclistes…dont un particulièrement intéressant, Kelly. Il a un cargo-bike Yuba (genre de vélo long, avec un gros porte-bagages à l’arrière,  qu’on peut utiliser pour transporter deux mômes,  par exemple). À l’arrière: deux cages avec chacune un chat dedans. Sacré équipage! On jase un petit moment sur le bord de la route. Il veut pas que je prenne de photo. Tant pis. Salut Kelly, bon voyage et bon courage pour monter tout ça en haut des collines.

Petite piste à 18% pour monter à un belvédère où en fait y’a rien à voir (voir photo où y’a rien à voir).

Passage au Mississippi (et oui, voir Strava: la route ne fait que couper un tout petit coin de l’Alabama), je laisse la carte de l’Alabama sur la pancarte.

Petit arrêt à un tertre, héritage d’une vie spirituelle antique des Amérindiens. À l’époque on vivait de chasse, de cueillette et de pêche, en harmonie et sans pickups. Le bon vieux temps.

Tishomingo State Park, ça y est! Je ramasse un pot de pâte à cookies tombé du camion sur le bord de la route, périme le 13/06, a l’air fraîche. Installation, douche, bouffe. Je tente de frire quelques cookies sur le réchaud…pas terrible. La pâte crue est bonne mais me remue maintenant un peu l’estomac. 

Bonne nuit sans vomi!

Strava: https://www.strava.com/activities/1029963752/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1497111346

Mardi 6 Juin 2017: barrages (Lake Cumberland, KY – Defeated Creek, TN)

Et un état de plus! Je suis au Tenessee.
J’y ai pas pensé hier, mais en fait j’ai changé d’heure: je suis maintenant dans le fuseau horaire central (une heure de moins que Montréal, sept heures de moins que Paris). Bref je me lève un peu tard mais en fait pas trop.

Direction le Wolfe Creek Dam, sur lequel passe la route 127. Assez impressionnant quand même, c’est pas Manic-5 ou les barrages-voutes alpins, mais ça a de la gueule quand même. 

Passage au Tenessee. Je laisse ma carte et mon guide touristique du Kentucky dans un petit sac en plastique que je scotche au panneau « Welcome to Kentucky » de l’autre côté de la route…des fois qu’un cyclotouriste fasse le chemin inverse, t’sais.

Il fait gris mais quand même assez chaud, et vraiment humide. J’en chie un peu mais une petite brise m’aide.

Pause-bouffe au second barrage de la journée, le Dale Hollow Dam. Petit mais quand même 54 MW: doit produire environ autant que le parc de Beaupré au complet.

Je me connecte à Celina et essaye d’acheter mon billet de retour pendant une heure. Ça marche pas. Ça m’énerve alors je vais faire un peu de vélo. 

Poubelles: deux douzaines d’oeufs, pas pris la troisième. Je me disais que ce serait bien d’en trouver, mais là quand même…

Le vent s’est levé et est avec moi. Je vais bon train sur les routes toutes droites. Ici on n’y va pas avec le dos de la cuillère: une montagne? Bah, on la fait péter et hop, ça passe.

Eh, mais c’est quoi, ce truc, sur la route là? 

Un SERPENT! Woooooouh. Je réussis plus ou moins à prendre un cliché furtif. Magnifique le truc. Je crois que c’est le même modèle que celui que j’avais trouvé mort l’autre jour. Bien plus joli vivant, mouvement gracieux, langue fourchue, et tout.

Sur une des falaises bordant la route (une de celles résultant d’avoir fait péter la montagne), une cascade! Justement, j’ai bien besoin de me rafraîchir. Petite douche et on repart sous le soleil.

Les vaches aussi ont chaud. Ellea font trempette dans un ruisseau que je remonte. Ça tombe bien, j’avais déjà vu ça il y a quelques jours et regrettais de ne pas l’avoir pris en photo. Merci les vaches!

Petit vendeur de légumes un peu plus loin. Ma tomate quotidienne! Petite jasette, le mec a un de ces accents, pas facile. Alors que je m’apprête à partir il sort et m’offre un pot de gelée de raisin. Merci! Maintenant faut que je trouve un pot en plastique par contre.

J’avais comme objectif un troisième barrage. Et puis un peu avant un panneau indique un parc à l’écart de la route. Je m’y risque…bon en fait, j’arrive à une sorte de camping de merde à l’américaine. Tant pis, plus de 140 km dans les jambes, pas envie de repartir, et la perspective d’une douche n’est pas pour me déplaire. 

Les gens vont aux chiottes en pickup: vivement l’apocalypse. Enfin, à côté de ça y’a plein de mômes à vélo dans le camping. Ils ont pas encore le permis…

Douche, petite lessive à la main, cuisson d’oeufs, empiffrage, dodo.

Bonne nuit, en attendant que le monde explose.

Note de pessimisme musical, de la part du con qui va prendre l’avion avec son vélo, pour les cons qui vont chier en monstre métallique de 3 tonnes: Les Shériff, « À la chaleur des missiles »

On a beau dire, on a beau faire,

Le vieux monde va s’écrouler

Qu’ce soient des siècles ou des années, 

Le vieux monde va s’écrouler

L’histoire va se répéter, y’a qu’à voir dans le passé,

Rira bien qui rira le dernier!

Strava: https://www.strava.com/activities/1025137034/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1496841489

Dimanche 4 Juin 2017: murs (Booth, KY – Bernstadt, KY)







La journée commence bien: je renverse mon thé. Pas dans la tente, déjà ça. 

Je salue Donna et Chris au passage. Petite photo et c’est parti. Thanks again guys!

Je sais pas si je vous ai dit, je campais au pied d’une falaise. Donc…ça monte pour sortir de là. Y descendre c’était impressionnant et un peu technique; en remonter c’est carrément du sport. Je crois que j’ai battu mon record de pente la plus raide en vélo chargé, voir en vélo tout court: l’inclinomètre a atteint 25% sur le béton, 18% dans le gravier. Du sport, vous dis-je. Et j’ai pas mis pied à terre! Assez satisfait, quand même. 

@Donna and Chris: I made it up the hill wihout walking! Wooooo!

Dans la journée j’aurai droit à deux ou trois autres raidards jusqu’à 18%. Je regrette presque de ne pas avoir de 24×36…un jour peut-être. 

Matinée très tranquille. Ils sont tous à l’église ou en lendemain de veille. C’est plutôt agréable. 

Je croise une voyageuse qui marche avec son chien. Elle repasse dans le coin voir sa famille, puis repart vagabonder un peu partout aux USA.

Je sauve une petiiite tortue mignone.

Pas grand chose à signaler. Je pensais faire une pause à Annville mais c’était pas terrible. Finalement je me fous dans une entrée de forêt ombragée. Le soleil tape, il commence à faire chaud. Demain il pleut, ça va doner un peu de répit. 

London, KY: ville des tribunaux et des avocats. Doit y avoir une raison mais je la connais pas!

Petite glace pour refroidir un peu la machine. Je voulais me baigner mais le ruisseau était pas inspirant.

Encore un petit bout de route pour atteindre la Shewolnee Trace, sentier de rando près duquel je campe. C’est un peu passant et en pente malgré ma plateforme en feuilles mortes, mais ça ira. Bonne nuit!

Samedi 3 Juin 2017: I <3 Kentucky (Yatesville State Park, KY – Booth, KY)

https://www.strava.com/activities/1021381261/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1496602944

Belle longue journée, article rapide.

Le Kentucky c’est beau. Rural. Petites routes super. Peu de monde.

Bétail. Pâturages. Grosses routes peu fréquentées. Conducteurs prudents.

Belles collines et cotes. 

Petite épicerie-produits maison: bonne surprise. 

Pas trouvé les apiculteurs locaux dont j’avais repéré l’adresse sur les pots…tant pis. Passé leur coin sans le savoir.

Pause à la bibliothèque de West Liberty.

Tomate donnée par la madame du kiose de légumes, merci madame.

Chaleur dans l’après-midi.

Crié « Barre-toi » à un chien chiant.

Vu 5 chevreuils au total, et un mini-faon trop mignon.

17h45, je cherche un coin où camper. J’ai repéré une voie ferrée abandonnée sur la carte. Avant d’y descendre je demande à un couple dans leur buggy si à leur avis je peux y camper. Ils disent que oui mais que si je veux je peux camper sur leur terrain. Eh bien merci, c’est pas de refus!

En chemin, ils me disent qu’en fait je peux aussi camper près de leur chalet, barbecue et douche en prime. Avec plaisir, merci les amis. Je passe la soirée avec Donna et Chris, d’Indiana, qui ont troqué leurs chaussures de rando et d’escalade pour une pédale d’accélérateur au cours des vingt années passées à fréquenter le coin. Vraiment sympas, on a causé d’un peu tout, voyage, plein air, tout ça. Thanks again Donna and Chris, it is really nice to have met you tonight!

Et je campe au pied d’une falaise. Ici c’est un peu la Mecque des grimpeurs, apparemment. Dédicace à Aline, Amélie, Guyaume, Charles, Andrew et tous les autres!

Hop, bonne nuit rocailleuse.