Samedi 27 Juin 2015: Chez Gaston

L’endroit où je loge en ce moment n’est pas très-très loin d’un autre, où je travaillais il y a environ deux ans (comme le temps passe, oui oui). À l’époque, souvenez-vous, j’étais un client régulier de l’épicerie Chez Gaston, à Trottier Mills. Je me suis dit qu’y retourner serait une belle balade. Alors, hop, en selle.

Je pars vers 8h, après un réveil à 7h aux airs de grasse matinée. Il fait à peine frais, le soleil est déjà de la partie. Faut dire qu’on est dans les journées les plus longues de l’année. Je sors de la vallée de la Chaudière en montant le long faux-plat vers Saint-Elzéar (Elzéar, nom à retenir comme suggestion de prénom à qui aura des mômes). Je monte et descends, à la frontière entre les Appalaches et la vallée du Saint-Laurent. Les vues sur les plaines sont appréciables, c’est une jolie route.

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À la limite entre les Appalaches et la vallée du Saint-Laurent…

 J’arrive tant bien que mal à Saint-Jean-de-Brébeuf, qui héberge une partie du parc éolien des Moulins. Elles sont belles, les E-82!

Cherchez la E-82!

Cherchez la E-82!

 La route est vraiment sur le bord des collines, et domine la vallée, au sens québécois, c’est à dire sans falaises, c’est pas les Alpes non plus.

Vue sur la vallée. Quelque part là-dedans, le fleuve.

Vue sur la vallée. Quelque part là-dedans, le fleuve.

 Il y a quand même du relief: sur les 80 premiers kilomètres, il y avait environ 1600 m de dénivelé. « Popire ». Donc, de belles descentes aussi. Quand on a l’impression que la route disparait, c’est que ça descend quand même pas mal.

Attention, ça va descendre à 82 km/h

Attention, ça va descendre à 82 km/h

 J’arrive en vue de Saint-Ferdinand et du parc de l’Érable, celui sur lequel je travaillais à l’époque. Le paysage est complètement sinistré. « Rien ne sera plus comme avant », comme disent les panneaux. Jugez donc.

Le Centre-du-Québec. À l'horizon, le parc éolien de l'Érable.

Le Centre-du-Québec. À l’horizon, le parc éolien de l’Érable.

À l'approche de Vianney.

À l’approche de Vianney.

Les E-82 dans le soleil.

Les E-82 dans le soleil.

 Après une descente vertigineuse en serrant les freins pour ne pas finir étalé sur la route en gravier à l’adhérence approximative, j’arrive à Trottier. « Chez Gaston » est toujours là, alleluia. C’est pas l’heure pour prendre une photo, c’est un parfait contrejour. N’empêche. Je rentre, et l’épicière me reconnait vite. Elle au moins aussi contente que moi, ça fait chaud au cœur. Mon rêve secret qu’elle ait de la fameuse brioche aux raisins comme à l’époque se réalise. On cause un peu. Elle est un peu sidérée que je sois venu de Beauce à vélo et que j’y reparte. Pourtant, elle m’a vu arriver tous les matins quand il faisait -30, cet hiver de 2013. Ils fêtent leurs quarante années de boutique cette année, chapeau! On se serre la main (désolé pour la sueur…), et je repars. Merci, et à bientôt d’se revoir.

Chez Gaston, mon épicerie favorite!

Chez Gaston, mon épicerie favorite!

 Souvenirs, souvenirs, la route 263 vers Princeville est toujours aussi plaisante. J’adore ce coin, en fait. Les érablières, la petite rivière, les virages, je connais le trajet par cœur. D’après Strava, j’y suis quand même passé 93 fois dans ce sens-là…

Souvenirs-souvenirs, la route 263 qui m'emmenait à Princeville chaque soir.

Souvenirs-souvenirs, la route 263 qui m’emmenait à Princeville chaque soir.

263, route que j'aime.

263, route que j’aime.

En descendant vers la plaine sur la 263.

En descendant vers la plaine sur la 263.

 Arrivé à Princeville, deuxième changement de direction de cette balade (105 km au compteur), je tourne une nouvelle fois à droite. Me voilà sur la piste du parc linéaire des Bois-Francs, ancienne voie ferrée, toute droite et pas asphaltée. J’en ai pour 70 km là-dessus…misère de misère. Avec un peu de vent dans le nez, en plus. Enfin, au moins y’a pas de trafic.

Pisscyclable toute droite en gravier lumineux.

Pisscyclable toute droite en gravier lumineux.

 Je me fais doubler par un abruti en cyclomoteur deux temps qui pue. Avis à lui: qu’il crève! On n’a pas idée de venir intoxiquer les honnêtes gens. Pour la peine, le temps que son odeur se dissipe, je m’arrête sur le petit pont au-dessus de la rivière Bécancour.

Rivière Bécancour?

Rivière Bécancour?

Le petit pont de bois, le petit pont de bois

Le petit pont de bois, le petit pont de bois

 En fait, une portion de cette piste est asphaltée, et une autre longe une route asphaltée. Je m’épargne donc un peu de poussière et d’effort superflu. Des fois, on a même droit aux deux en même temps, j’ai l’embarras du choix de l’asphalte, on se croirait en Allemagne, ou presque.

Presque comme en Allemagne!

Presque comme en Allemagne!

 Finalement, je tourne encore à droite, au bout d’environ 180 km, pour remonter la rivière Chaudière. J’ai faim et soif, et je tombe sur une fraisière, miam. J’engloutis un petit panier, qui me fera tenir jusqu’à la maison. Au total, une petite dizaine d’heures dehors, 9h de selle, bref, voyez les détails sur Strava si vous voulez: http://www.strava.com/activities/334335580

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Vendredi-Dimanche 19-21 Juin 2015: Chaudière et Mégantic

Au programme de ce week-end, quelques centaines de kilomètres entre Sainte-Marie de Beauce et le Mont Mégantic, aller-retour. Le temps s’annonçait super jusqu’à dimanche 14h, profitons-en! Je quitte Sainte-Marie vers 15h, fraîchement emménagé dans ma nouvelle piaule. Rien de palpitant à signaler, la route 112 est peu plaisante, il y a pas mal de trafic. Je ramasse 2 puddings chômeurs (sorte de grosse tarte au sucre) à La Guadeloupe. Des calories, en veux tu? En voilà!

Je quitte la grosse route à La Guadeloupe, et rejoins Lac Drolet à travers la forêt, par une route de gravier relativement en bon état. Croisé à peine quelques vroum-vroums sur dizaines de kilomètres.

À la sortie de ma micro-traversée du désert, je me cherche un endroit pour camper, et aboutis derrière une patinoire qui est en ce moment du gazon. Tente, bouffe, dodo, il est relativement tard. Et merde, j’ai oublié mes lunettes…je fait baigner ma lentille dans un petit récipient de fortune.

Debout vers 6h, sur la route vers 8h, la routine habituelle. Un petit papi vient taper la discute vers 7h, il me dit que le chemin juste au-dessus est une ancienne voie de chemin de fer qui va jusqu’à Lac-Mégantic. Mais mes pneus 700×28 ne font pas le poids…à moi l’asphalte de la route 263.

Le Mont Mégantic apparaît à l’horizon. J’adore cette montagne, je sais pas, elle me fascine. C’est au moins la sixième fois que j’y vais, vélo et pieds, été et hiver confondus, et j’en redemande…

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À l’horizon, le Mont…

Je contourne le Lac Mégantic par l’ouest. Évidemment je pense à la catastrophe du 6 Juillet 2013. Le bilan de ma pensée est simple: la vraie catastrophe, c’est qu’on roule toujours en bagnole et qu’on prend encore l’avion, et que personne ne semble y faire quoi que ce soit. Enfin bref…j’enchaîne les montées-descentes. Chargé, je prends mon temps dans les côtes, en 26×34, mouline, mouline.

Petit coup de cul à venir.

Petit coup de cul à venir.

Au pied de la montagne, je m’arrête à l’accueil du parc national. Il y a un peu de monde, mais je tente ma chance…oui, je peux laisser les bagages ici pour la montée! Hop hop, je tasse mon bazar derrière le comptoir et me lance à l’assaut des monts. Parce que oui, il y en a deux au menu: le Saint-Joseph, qui est le plus sérieux avec son « mur » à 18%, et le Mégantic, plus gentil avec ses 12-13% relativement constants. Ah, elle m’avait manqué, cette montagne!

Je finis par arriver en haut. C’est quand même du sport, mais Éole était avec moi, avec ses quelques kilomètres par heure. La vue, dans ces conditions, est magnifique: le ciel est super-dégagé, lumineux, il fait relativement frais, c’est le pied. Visez donc!

En haut du Mont Saint Joseph!

En haut du Mont Saint Joseph!

Panorama en haut du Mont Saint Joseph

Panorama en haut du Mont Saint Joseph

Panorama en haut du Mont Saint Joseph, suite

Panorama en haut du Mont Saint Joseph, suite

Vue depuis le Mont Mégantic

Vue depuis le Mont Mégantic

L'Observatoire

L’Observatoire

Je redescends…c’est toujours aussi vertigineux. Le frein avant de Tornado siffle tel une locomotive. Je ramasse mon bazar à l’accueil en remerciant chaleureusement, et roule vers Notre-Dame-des-Bois, où je mange au Bistrot Éphémère. Super surprise, bonne bouffe végé, je trippe au soleil.

Elle descend de la montagne à cheval

Elle descend de la montagne à cheval

J’emprunte ensuite la route des Sommets vers Lac Mégantic. Je ne m’attarde nulle part: j’ai rendez-vous à 100 km de là en fin d’après-midi, et il est déjà 13h30. Avec ces cotes et ces bagages, c’est plus « cyclo » que « touriste ». Hop, montées, descentes, on glande pas trop. Le sel s’accumule sur mon maillot.

Vallée de la Chaudière

Vallée de la Chaudière

Je descends avec joie vers la vallée de la Chaudière. J’ai 2500 m de dénivelé dans les pattes, je ne suis pas fâché de retrouver un terrain relativement plat. La vallée est belle, je suis poussé par une légère brise. Allez Tornado, remontons le temps, et essayons de remonter la moyenne à 20 km/h!

Vallée de la Chaudière

Vallée de la Chaudière

La Chaudière

La Chaudière

La passerelle à vroum-vroums sur la Chaudière

La passerelle à vroum-vroums sur la Chaudière

J’arrive à Saint-Martin un peu après 18h et suis accueilli par G. et V.. En fait, le but de mon passage ici est de visiter la fermette et le terrain qu’ils habitent, parce qu’ils sont vendeurs. Ils m’offrent l’hospitalité, super sympas, merci les amis. Ça fait du bien de rencontrer des vraies gens. Je suis charmé par l’endroit, il y a beaucoup de réflexion avant de se porter acquéreur…mais le hamster court dans sa petite cage dans un coin de ma tête, et il finira bien par se décider.

Je repars le lendemain matin pour la dernière petite étape de ma virée. Il fait humide, mais je n’ai que quelques gouttes. Je fais quelques arrêts sur le chemin, par exemple pour admirer un joli pont couvert, ou une bonne vieille loco à vapeur. Tchouuu tchouuuu

La vallée de la Chaudière

La vallée de la Chaudière

La Chaudière

La Chaudière

Le pont couvert!

Le pont couvert!

Sur le pont, sous la couverture...

Sur le pont, sous la couverture…

Tchouc-tchouc, Vallée-Jonction, 2 minutes d'arrêt

Tchouc-tchouc, Vallée-Jonction, 2 minutes d’arrêt

Finalement, je suis de retour avant midi, et peux vaquer à d’autres occupations le dimanche après-midi. Dont certaines aussi palpitantes qu’écrire cet article de blog!

Finalement, je suis de retour avant midi, et peux vaquer à d’autres occupations le dimanche après-midi. Dont certaines aussi palpitantes qu’écrire cet article de blog!

Pour ceux que ça intéresse, les parcours sur Strava:

http://app.strava.com/activities/330078487/embed/47512bf21b2a5b65e5e54bf2dd3b4c339fa3ebef
http://app.strava.com/activities/330078507/embed/aa2de9d433ab6d45e7ea6b014505ebb91c10e66d
http://app.strava.com/activities/330078470/embed/0ddabf41931142152bcae65aa8e5b83c29c889f5

Vendredi-Dimanche 12-14 Juin 2015: Weekend aux Aulnaies

Petit weekend de vélocamping avec Nico, que j’ai rejoint à Québec vendredi. En bref:

Vendredi: Frampton-Québec, 90 km après le chantier. Super piste cyclable: la cycloroute de Bellechasse, asphaltée, peu pentue, le pied. Traversée Lévis-Québec sympathique comme toujours. Montée laborieuse vers Charlesbourg avec les bagages, mais moins dure qu’avec 280 km de vent dans le nez dans les pattes (cf. semaine dernière).

Merci l'ami, mais la prochaine fois pédale plus régulièrement s'il te plaît!

Merci l’ami, mais la prochaine fois pédale plus régulièrement s’il te plaît!

Sous les tuyaux d'eau d'érable...

Sous les tuyaux d’eau d’érable…

Cycloroute de Bellechasse

Cycloroute de Bellechasse

Samedi: Québec – Saint-Roch-des-Aulnaies, 135 km. Soleil et vent dans le dos sur la 132 entourée de vélos pour la Boucle du Grand Défi Pierre Lavoie. Arrêts champêtres et culinaires en tous genres. Croisé Guy à l’Islet, où il travaille. Arrivée à temps pour quelques biscuits oranges et dattes à la Seigneurie des Aulnaies. Super spot de camping au bord du fleuve, au belvédère de Saint-Roch. Quelques moustiques, cependant.

Bye Québec

Bye Québec

Les bécanes traversent avec Mononc'Nico!

Les bécanes traversent avec Mononc’Nico!

La chute du moulin Beaumont

La chute du moulin Beaumont

Le vélo de paille

Le vélo de paille

Berthier sur Mer

Berthier sur Mer

Berthier sur mer

Berthier sur mer

Montmagny, 132 barrée pour le défi

Montmagny, 132 barrée pour le défi

Montmagny, pique-nique

Montmagny, pique-nique

Montmagny, les chutes

Montmagny, les chutes

L'Islet, vintage CCM. Remarquez le phare, le compteur, le feu arrière!

L’Islet, vintage CCM. Remarquez le phare, le compteur, le feu arrière!

Saint-Roch-des-Aulnaies

Saint-Roch-des-Aulnaies

Saint-Roch-des-Aulnaies

Saint-Roch-des-Aulnaies

Passagère clandestine

Passagère clandestine

Coucher sur le fleuve

Coucher sur le fleuve

Brossage de dents sur le fleuve

Brossage de dents sur le fleuve

Dimanche: Saint-Roch-des-Aulnaies – Frampton, 170 km. soleil et vent dans le dos encore (exceptionnel!), Kouign-amann aux pommes à Montmagny, puis un peu plus de côtes jusqu’à Frampton.

Les bécanes prêtes à repartir

Les bécanes prêtes à repartir

Saint-Roch-des-Aulnaies au petit matin

Saint-Roch-des-Aulnaies au petit matin

La vallée du Saint-Laurent

La vallée du Saint-Laurent

On contemple

On contemple

Collines du lit du Saint-Laurent

Collines du lit du Saint-Laurent

Collines, encore

Collines, encore

 

Bref, une fin de semaine qu’était bien.

Les parcours sur Strava:

https://www.strava.com/activities/325651390

https://www.strava.com/activities/325651395

https://www.strava.com/activities/325651397

Dimanche 7 Juin 2015: Île d’Orléans

L’île d’Orléans, cette bande de terre au milieu du fleuve, collée à la ville de Québec, haut lieu des fraises de la province, un bien bel endroit, assez réputé pour être accueillant pour les cyclistes…

Ce dimanche dans la capitale était l’occasion d’aller en faire le tour. Je l’avais déjà fait, il y a un moment, en bagnole, et en hiver il me semble. Cette fois, je suis évidemment à vélo, accompagné de Nico et chargé de mes bouquins de la bibliovente.

On part vers 10h, et on descend vers le fleuve pour rejoindre la piste cyclable coincée entre la route 132 et l’autoroute. Super-champêtre. Mais la piste est confortable, peu d’intersections, ça roule. On l’emprunte jusqu’à l’entrée du pont qui nous mène vers l’île.

On est des rebelles donc on ne prend pas le trottoir. On aurait peut-être dû: il est en bon état, et il y a pas mal de trafic.

On tourne à droite, jusque Sainte-Pétronille, charmant petit bled, avec vue sur la ville de Québec. Quelques photos au bord de l’eau, et on repart, à travers les bois et les petites montées.

Le trafic se densifie au cours de la journée. Pourquoi n’y a-t-il pas un péage pour les visiteurs de l’île? Il y a clairement trop de bagnoles et de motos ici.

Bref, on profite quand même des belles vues sur le fleuve. On s’arrête pour pique-niquer sur les rochers, pour voir les bateaux passer, pour acheter du beurre d’érable. C’est cool.

On repasse le pont, par le trottoir cette fois. Fait rarissime, j’ai une crevaison…qui se déclare sur le pont, d’ailleurs. Pas cool, pour réparer. On descend et s’abrite derrière la glissière de sécurité pour redonner vie à Tornado.

J’aimerais repasser chez le vélociste qui m’a vendu un rétroviseur hier…il est de mauvaise qualité et je suis un peu déçu. Comme ça ferme à 5h, on cravache un peu pour arriver à temps. Dur dur, les montées de Québec, surtout avec les 10 kg de bouquins dans la sacoche…

Finalement, ça n’aura servi à rien, ils ne peuvent pas le modifier, mais moi je ne veux pas qu’ils me le reprennent. Bref, on va boire un thé et manger du gâteau, pour la peine.

Je me sépare ensuite de Nico, pour aller prendre la promenade Champlain, autre piste cyclable pas trop mal (sauf les trucs ridicules aux intersections), pour aller à Sainte-Foy attraper mon covoiturage. Le Québec est petit: mon chauffeur connaît un de mes collègues! Il conduit un pickup manuel, comme quoi tout arrive. Allez, c’était cool, ce week-end, maintenant on rentre à Montréal.

Le parcours sur Strava: https://www.strava.com/activities/320821649

Vendredi 5 Juin 2015: Montréal-Québec

Vendredi 5 Juin, ou Samedi 6 Juin, au choix. En fait, en temps, ce serait plutôt samedi, mais je suis parti vendredi…et oui, encore une nuit passée sur le vélo! Il y a une bonne raison. Pour une raison que seul-e-s les initié-e-s connaissent, je voulais me rendre à la « méga bibliovente », cette liquidation des bouquins retirés des bibliothèques de Québec. Et puis depuis un moment, je voulais rouler Montréal-Québec, cette classique que bien des cyclistes québécois connaissent.

Seul hic: la bibliovente, c’était vendredi-samedi, et je bossais vendredi. Vue la distance séparant les deux villes, pas le choix: faut partir le vendredi soir pour arriver dans la matinée du samedi. Autre raison « cerise sur le gâteau », me retrouvant seul pour cause de départ vers l’Europe des êtres chers, enfourcher le vélo et rouler permettait aussi de se changer les idées.

Je décolle un peu avant 22h. La nuit est belle, la pluie a cessé: il a fait un temps pourri, aujourd’hui. Direction le nord-est, le long du Saint-Laurent, sur la route 138, aussi connue sous le nom de « Chemin du Roy ». Bon, je vais pas commencer à parler de guillotine, ça va casser l’ambiance.

Il y a étonnamment peu de trafic pour quitter l’île, je prends la grosse route Notre-Dame limitée à 60, jusque Pointe-aux-Trembles, l’extrémité est de Montréal. À vrai dire, c’est probablement la façon que j’aime le moins pour sortir de l’île. Les raffineries, le port, les bagnoles, bof, quoi. Et le pire, c’est Repentigny, ville-serpent qui s’étend sur des kilomètres. J’ai hâte d’en sortir.

Mais Éole, lui, semble vouloir me faire passer le plus de temps possible ici. D’habitude, le vent souffle d’ouest ou du sud-ouest, le plus souvent. Et la nuit, c’est calme. Eh bien aujourd’hui, c’est tout le contraire, c’est un vent du nord, voir nord-est, qui souffle à 20 km/h de moyenne, malgré la nuit.

C’est pas ce que j’avais prévu quand j’avais pensé à cette sortie, mais les 4 jours passés à réfléchir à « y aller ou pas finalement » n’ont été comme toujours que perte de temps: en fait, je n’y suis que rarement « pas allé ».

Bref. Je lutte pour sortir de cette foutue banlieue qui n’en finit pas. Le trafic, comme toujours, devient de plus en plus léger au fur et à mesure que les heures passent et que je m’éloigne du centre urbain. Ce n’est pas pour me déplaire.

J’ai quelques coups de barre, voir quelques légers assoupissements, mais rien de trop méchant. La fraîcheur m’engourdit un peu. Parce que comme un con, je n’ai pris ni gants, ni bonnet, ni manches, ni chaussettes chaudes. J’appuie sur les pédales pour secouer un peu la machine, et me réchauffe tant bien que mal. Les quelques conducteurs me crient dessus ou klaxonnent pour une raison inconnue. Merci les copains, me faire sursauter ça me donne un bon coup d’adrénaline qui me maintient plus alerte pour quelques minutes.

Kilomètre 108 ou pas loin, je suis à Louiseville. Il est 3h environ, ça fait du 20 km/h de moyenne hors tout, c’est pas de la fusée, c’est du gros monocylindre diesel. Je suis fatigué, j’ai froid, je songe même à m’arrêter pour me réchauffer. Il fait quand même 5-6 degrés, c’est pas chaud-chaud, comme dit l’autre.

Tim Hortons. Autant je déteste ce truc, autant là, j’étais content de me dégourdir les mains et boire un truc chaud. Tant pis pour ma conscience.

Je ressors de là, c’est l' »effet croissant », j’ai relativement la pêche. Je chantonne et roule vers Trois-Rivières, le ciel commence à s’éclaircir et l’aube pointe le bout de son nez. Le ciel est on ne peut plus dégagé, les vues sur le fleuve sont belles, ça promet pour le lever de soleil.

Bientôt le lever

Bientôt le lever

La Lune et le fleuve avant l'aube

La Lune et le fleuve avant l’aube

Trois-Rivières, voilà, c’est pile sur le pont que se lève le soleil. Il est cinq heures, Trois-Rivières…s’éveille, Trois-Rivières, s’éveille…

Le lever trifluvien

Le lever trifluvien

Tornado au petit matin

Tornado au petit matin

La lumière du jour met du baume aux cuisses, il fait pas chaud mais le coeur y est à peu près. Seul Éole fait toujours son rabat-joie, et sur le coup, j’avoue être relativement content de ne pas m’être rasé avant de partir.

J’entame la plus belle partie de la route. Le fleuve trône sous le beau ciel bleu à ma droite, le ruban d’asphalte est à cette heure peu fréquenté, je trippe.

Le fleuve

Le fleuve

Rivière au nom qui m'échappe, du côté de Donnacona

Rivière au nom qui m’échappe, du côté de Donnacona

Les bornes s’enchaînent, lentement et avec hésitation: je ne suis quand même pas très frais, faut bien l’avouer. J’engloutis biscuits, croustilles et autres poubelles emmenées pour le voyage.

La campagne du chemin du Roy

La campagne du chemin du Roy

Le soleil et l'eau

Le soleil et l’eau

Une petite descente

Une petite descente

J’arrive en vue de Québec vers 11h. Les dernières dizaines de kilomètres sont un peu plus vallonnées, ce n’est pas pour me déplaire, ça fait du bien de devoir faire un effort. Et puis le cadre est quand même vachement agréable.

Vers la fin du chemin du Roy, en approchant de Québec

Vers la fin du chemin du Roy, en approchant de Québec

Je franchis la fameuse côte de Cap Rouge, bouquet final de cette classique Montréal-Québec. Et quelques kilomètres plus loin…CLAC, mon câble de dérailleur avant pète lorsque je change de plateau. Ça alors, un câble presque neuf, à peine 4 ans de service!

Je réalise assez vite que j’ai beaucoup de chance: je suis à moins de 10 km de la fin de mon parcours. Si ce câble avait lâché en pleine nuit, j’aurais quand même été un peu emmerdé. Je m’en veux un peu, surtout qu’avant de partir je me suis posé la question: « câbles de rechange ou pas? », et la réponse était « boarf, ça pète jamais, ça… ». Tu parles!

Je termine la balade sur le plateau de 26 dents. Le temps est vite long.

Je rejoins Nico, et on trouve assez vite un vélociste. Il est un peu plus de midi, tout est bien qui finit bien, presque 270 bornes en 14h tout compris. Merci quand même à Éole pour sa contribution au beau temps!

Le parcours sur Strava: https://www.strava.com/activities/320821661