Mercredi 25 Octobre 2017: transport fluvial et ferroviaire (Ageville – Saint-Dizier)

Levé tard. Hier les membres Warmshowers qui devaient m’héberger ce soir ont finalement déclaré forfait. J’ai mal en haut des tibias. Fait pas super-beau. J’ai déjà roulé plus ou moins dans ce coin…
…d’la marde, je rentre en train.

Petit déj-causette, discussion itinéraire devant la carte Michelin, et je prends la route vers 10h15. Merci encore Christian!

Je rejoins le canal Bourgogne-Champagne par de sympathiques petites routes, à part un bout de chemin de merde où j’ai dû marcher.

Y’a plein de péniches, j’ai dû en voir 6 en 40 km.

Sandwich à Joinville. Il fait bon, merci à l’humanité d’avoir cramé tout le pétrole nécessaire pour que je puisse apprécier mon sandwich par 18 degrés fin Octobre.

Crevaison. Rien dans le pneu, mais ça ressemble vraiment à une punaise ou une épingle qui aurait percé la chambre. Bref, je répare et repars.

Je suis à Saint-Dizier un peu avant 15h. Billet de train, tour en ville en attendant et hop, merci la SNCF.

Changement à Paris: toujours aussi horrible. Fourmilière grouillante puante.

Maison!

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Mardi 24 Octobre 2017: Vosges et Grand Ouest (Staufen – Ageville)


Longue journée. Pas de pluie ou très peu, ça fait du bien! Très peu de vent, ça fait aussi du bien.
Je descends dans la plaine et roule plein ouest. Direction le Rhin! Je le franchis à hauteur de Fessenheim, fleuron du nucléaire français, mais aussi centrale hydraulique au fil de l’eau. Ma bécane pause à côté d’une belle turbine Kaplan désaffectée.

Direction Guebwiller. Mon plan était de passer par le sommet du Grand Ballon, mais en réalisant la longueur de l’étape et l’heure déjà tardive, je passe par le col d’à côté. 1183 m quand même. Des petits panneaux indiquent la pente tous les kilomètres, et la distance restante avant le sommet. Démoralisant ou motivant, au choix.

Grisaille en haut, on voit rien.

Belle descente vers Remiremont, incluant un bout de voie verte à -2% sur quelques kilomètres, le pied.

Bouffe à La Bresse: quiche munster-lard-patates, quiche thon-tomate, pâté vosgien. Je vais encore grossir.

Cap à l’ouest. Pas trop d’énergie et mal aux genoux. Les collines se tassent, les cols se font plus discrets. Je me permets un arrêt à la ligne de partage des eaux. Je suis dans la bonne direction.

Arrêt sandwich à Darney. Un me fait les carreaux. Alors que j’attends mon panini en train de chauffer, une mamie qui sort de la « boulangerie » (Banette, d’où les guillemets) dit au laveur de vitres « dites-donc, vous avez un produit miracle, vous! », tout en admirant la propreté et la transparence de la vitrine. « Ouai… », répond le gars en souriant, content qu’on admire son travail. À peine la mamie a-t-elle passé la porte qu’il ajoute, d’un ton aussi décidé que ses vigoureux coups de chiffon et de balai infligés aux vitres, « …l’huile de coude! ».

J’éclate de rire en même temps que la boulangère, et quitte les lieux le sourire aux lèvres en me repassant la scène. Restent une bonne soixantaine de kilomètres pour arriver chez Christian, mon hôte de ce soir.

J’essaye d’appuyer sur les pédales, espérant arriver avant 20h. Je file à travers les petits bleds et effraie les vaches, peu habituées à un tel équipage.

La nuit tombe. Il fait doux et obscur. Je redécouvre la sensation inégalable de la bulle de lumière de mon phare avant pour une petite heure.

Mon regain d’énergie post-sandwich s’essoufle assez vite. Les dix derniers kilomètres sont un peu laborieux.

J’entends les cloches de l’église sonner en descendant vers chez Christian. 20h pile, j’en suis presque content. Je suis superbien accueilli par Christian, qui garde ses deux petites-filles pleines d’énergie pour la semaine. Y’a de l’ambiance!

Douche, festin, jasette, dodo. Merci Christian de ton accueil!

Lundi 23 Octobre 2017: Bodensee und Schwarzwald (Tettnang – Staufen)

Belle journée à travers le sud de l’Allemagne. Temps pourri: pluie et vent de face. 

Je rate de peu un traversier qui m’aurait épargné quelques kilomètres. Tant pis, je traverse le Bodensee plus loin comme prévu. Et puis c’est pas plus mal, le paysage autour du lac est plutôt sympa malgré l’ambiance ultra prout-prout qu’on ressent fortement malgré l’absence de vacanciers.

Direction ouest, à travers monts et vallées. Flotte, vent dans le nez, 4 degrés…on a connu mieux comme conditions. Mais heureusement il y a quand même quelques éclaircies très appréciables.

Je change un peu les plans: je voulais passer un peu par la Suisse, mais il semblerait que je n’aie pas la carte dans mon GPS. Je ne tente pas le diable: rouler 200 km par jour dans ces conditions laisse peu de temps pour les aléas. Et en partant à 7h30, j’ai encore moins de temps pour avoir droit à l’erreur.

Je pourrais partir plus tôt (à 6h sur le vélo, mais ce serait pas très sympa pour les hôtes Warmshowers qui m’accueillent. Merci encore à eux!

Pourquoi s’imposer ce rythme de 200 km par jour, d’ailleurs? Pour plusieurs raisons:

  • Ça permet de bien se dépenser sans être chargé/Ça force à ne pas trop se charger
  • À mon rythme modeste, c’est une bonne excuse pour simplement manger (beaucoup) et rouler
  • Ça permet d’aller assez loin au final
  • On voit tellement de pays qu’on l’oublie
  • On roule avec le sentiment permanent qu’il faut y aller. « Cycling with a sense of urgency », comme disent les coureurs au long cours.

Justement, ce sentiment est un peu pesant des fois, et je passe un bon moment à me dire que j’arriverai pas à l’heure prévue chez mes hôtes, et/ou que j’ai mal aux genoux, et/ou que je devrais prendre le train.

La forêt noire est superbe, et je me demande un peu d’où elle tire son nom: les couleurs d’automne sont au rendez-vous. 

Arrêt dans une Bäckerei, j’engouffre sandwich et gâteaux. 

Petit col à 1200 m. C’est pas très haut mais faut quand même se les taper.

Totdnau. Dernier col et je descends vers la plaine d’Alsace. Arrêt à Staufen où Bernd m’accueille royalement. J’ai droit à un bon repas, une douche chaude (la descente de col était plutôt fraîche!), et un petit nid douillet à flanc de colline: une vieille caravane des années 60 montée là grâce à une grue que les voisins utilisaient pour construire leur maison. Quelle bonne idée! 

Merci Bernd! Je me blottis sous l’édredon et sombre dans le sommeil.

Dimanche 22 Octobre: pluie intermittente bavaroise (München – Tettnang)

Bataille contre le vent. Pluie. Soleil. Pluie. Soleil. Pizza. Grimpettes. Écureuil roux. Super rapace. Bouffe chère. Belle campagne. Vaches. Grosse route. Arc-en-ciel!

Et surtout, MERCI à Gitti et Martin de leur accueil!

Samedi 21 Octobre 2017: Fahrrad und Bäckerein. Und  TimberTower! (Aurich – Hannover)

En route pour Hannover, 219 km de Aurich. Ce soir je prends un train de nuit pour Munich, avec la Bavière, la Forêt Noire et le Grand Ballon dans le colimateur.

Je quitte l’hôtel en y laissant ma valise: je reviens dans deux semaines. Avec moi, le Travelers Check, un gros sac de selle avec des fringues, et un sac de cadre avec du bazar.

Je suis dans un premier temps chanceux: pas de pluie et le vent est pour l’instant discret. Roule, tranquille mais à vitesse décente quand même. Je me sens pas super en forme, mais ça va aller.

Je passe à côté d’un parc éolien qui est en train d’être demantelé. Elle vient probablement de là, la vidéo de tour en béton dynamitée que j’avais vue sur facebook. Impressionnant en tous cas de voir la tour écrasée au sol de tout son long. Pas de photo, désolé! 

Je roule la plupart du temps sur les pistes cyclables bordant les gramdes routes. Pas le plus plaisant, mais très pratique et direct.

Seul problème, comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois: les chicanes aux carrefours, qui cassent le rythme et sont même dangereuses, surtout avec toutes ces feuilles mortes trempées qui couvrent l’asphalte (ou les pavés).

Il fait gris. Le vent se lève contre moi, comme l’avait dit la météo. Tu parles d’une idée, voyager à vélo en automne.

Les kilomètres défilent tant bien que mal. Passé 100 km, on approche de midi, je commence à avoir assez faim pour faire un arrêt. Jusqu’à présent les arrêts s’étaient limités à d’autres nécessités physiologiques.

Deux petits sandwiches et quelques trucs sucrés, et ça repart…sous la pluie, quand même drue et qui ne discontinuera qu’un peu avant la fin d’après-midi.

C’est laborieux. Le sac de guidon pas testé et mal placé m’empêche de me mettre en danseuse. Le nouveau Garmin est déjà déchargé. J’ai un coup de barre. La route est chiante.

Autre arrêt-boulangerie vers 17h. Calories à gogo. J’arrive en vue de Hannover….

…et je tombe sur la TimberTower, une tour d’éolienne en bois! Ah, j’avais oublié qu’elle était ici. Quelle bonne surprise!

Bon, évidemment on peut pas s’ en approcher: elle est dans l’enceinte du centre de recherhe qui l’a probablement financée. Tant pis.

Passage par quelques chemins un peu boueux, et je rejoins une piste qui s’enfonce dans la ville.

Il est passé 18h, je peux circuler légalement dans les zones piétonnes. Y’a quand même pas mal de monde. 

La gare! Mission accomplie. J’achète le ticket pour mon vélo (12 euros, quelle bande de voleurs!). Me voilà en règle. 

Je me trouve un restau. Un peu cher pour ce que c’était, j’ai trouvé, mais bon. Je me change aux chiottes, ça fait toujours du bien de sortir d
Article à finir. Train fauve douche madame archaïque

Dimanche-Lundi 27-28 Août 2017: le retour (Minca – Montréal)

Et oui, un mois et demi de retard pour cet article, j’avais autre chose à faire.

Version courte: Je suis rentré.

Version longue:

Je pars de Minca le dimanche matin assez tôt. J’avais dans la semaine demandé à une boutique de vélo de me garder un carton pour emballer mon précieux. On m’avait assuré que les agents de sécurité de l’immeuble l’auraient, puisque le dimanche tout est fermé. Laure confirme pour moi par téléphone la veille avant la fermeture de la boutique: la boîte m’attendra comme prévu, tout roule.

Sauf qu’évidemment…je me suis pointé et y’avait pas de boîte. Les gars ont fouillé et re-fouillé, rien. Bon, fait chier. En plus de ça je suis pas bien, trop bouffé/picolé la veille ou que sais-je, je suis un peu malade.

Bon. Faut que je me démerde. Je vais de quincaillerie en vendeur de meuble en atelier de vélo et finis par amasser assez de cartons hétéroclites pour me débrouiller. J’achète aussi un gros rouleau de cellophane, et me traîne jusqu’au terminal de bus de Santa Marta. Au boulot.

Une heure et demi plus tard environ, le paquet est prêt. J’en ai un peu chié à l’enrouler dans la cellophane, faire rouler une boîte de 23 kg de 130x100x25 cm c’est pas facile. Mais le résultat est là!

Je prends le bus en payant un supplément-pot-de-vin au bagagiste pour embarquer le vélo. C’est parti pour 6h de vroum-vroum jusque Cartagena. Rembobinage de mes deux derniers jours de route, en somme.

Taxi pour mon hôtel, roule comme un fou comme tout le monde, hôtel cher mais pratique car très proche de l’aéroport. Dodo.

400 m avec le vélo et les sacoches sur le dos, bonjour. Mon épaule est sciée par la corde que j’ai utilisée comme poignée pour le gros carton.

Deuxième couche de cellophane sur le carton, puis sur les sacoches (sacoches arrières en soute, et avant comme bagage à main). Enregistrement des bagages: on ne me fait pas payer le vélo, alors que c’est marqué que c’est 100$ sur le site internet. MERCI Copa Airlines!

Petites courses pour dépenser les derniers pesos, et j’attends l’avion. Quelques minutes avant d’embarquer je me mets à trembler, j’ai de la fièvre et pas à-peu-près. J’ai froid! Au point que le steward me demande si ça va: un gars qui tremble en montant dans un avion c’est louche. Encore plus quand ça s’aggrave en approchant du décollage.

Bref je me fais surveiller, je me sens pas bien mais ça va aller. Je pionce un peu pendant le vol jusqu’à Panama.

Panama, aéroport international de Tocumen. Je me décide à aller à l’infirmerie. Je dois sortir de la zone internationale, formalités migratoires d’entrée-sortie du pays au programme, super. Finalement le médecin et l’infirmier me disent de m’hydrater et me filent du paracétamol pour la fièvre. Je le prends pas.

Je bouffe un truc hors de prix de l’aéroport et vais me rouler en boule dans un coin sur mon matelas de camping, comme un vieux chat à l’agonie.

Finalement je me sens un peu mieux à l’approche du vol vers Montréal, vers 18h.

Quelques films plus tard j’atterris au Québec. Je retrouve mon vélo et mes sacoches à moitié déballés: c’était louche, tout ce cellophane.

Douce et heureuse surprise à l’aéroport, ma dulcinée est venue me chercher. Baume au cœur.

Dodo, vélo, et boulot. Fin de l’aventure pour l’instant, on va se faire une vie et on verra après. À vous les studios.