Lundi 1er Septembre 2014: Aux Portes de l’Enfer!

 

Une fin de semaine de trois jours, youpi! Samedi maussade, dimanche pourri, lundi…maussade mais y’en a marre, hop, tout le monde dehors.

Pas de réveil, c’est les vacances. Je suis quand même sur la route à 7h30. Au programme, l’aller-retour au canyon des Portes de l’Enfer, à environ 130 km de ma piaule du moment. Ce canyon, c’est un endroit touristique que j’ai souvent vu sur les panneaux et qui m’attirait pas mal, pas seulement pour le nom.

Je connais une bonne partie de la route: la 132, que toute la Gaspésie et une bonne partie du Nouveau-Brunswick empruntent. C’est en général passant, mais l’accotement est digne de ce nom, et à cette heure matinale pour un jour férié, c’est plutôt calme. Il n’y a aucun vent, je file: sur les environ 80 km qui me séparent de la route 234 que j’emprunterai pour me diriger vers le canyon, je tape presque 30 km/h de moyenne. Sur mon bon vieux Tornado avec ses garde-boue, ses pneus de 28 et la sacoche, je vous laisse juger!

Fin de la partie « fusée » en arrivant à Sainte-Angèle-de-Mérici, où je tourne à gauche sur la 234, qui monte vers les plateaux environnants et les belles vallées. C’est parti pour un enchaînement de montées-descentes parfois vertigineux, j’atteins souvent plus de 70 km/h en descente, mais aussi souvent je me traîne à 9 km/h sur les montées à 14 %.

Je quitte la 234 après environ 125 km, seuls quelques kilomètres de gravier me séparent de l’accueil du site touristique. Zut alors, ils n’ont même pas d’eau potable! Qu’à cela ne tienne, je suis allergique à l’eau en bouteille, me voilà donc en mode « raisin sec » pour les prochaines heures.

Je me pose sur une petite table de pique-nique au bord de la rivière Rimouski, à un endroit où elle n’est pas encore encaissée. Des petites mésanges (désignées comme faucons par des touristes français) viennent picorer les miettes. Petit petit!

Je ne traîne pas et file voir la chute et le canyon. La passerelle qui enjambe la rivière est la plus haute au Québec, quelque chose comme 63 m, c’est relativement vertigineux. L’endroit est magnifique en tous cas, vraiment majestueux. Je descends les 300 marches jusqu’au lit de la rivière, c’est impressionnant aussi vu d’en bas. Cataclop cataclop font les chaussures de vélo sur les marches.

Je retrouve mon vélo un peu avant 14h, et c’est parti pour le chemin du retour. Le vent s’est levé, il est clément mais je l’ai dans la face! Malgré la bonne bouffe de ce midi, j’ai peu d’énergie, mais j’avance tant bien que mal. Les 30 km/h de moyenne du matin est bien loin. Je m’arrête au premier dépanneur venu pour enfin m’hydrater. Il est 15h, j’espère encore pouvoir arriver à Amqui à 19h pour aller boire un coup à la Captive, la microbrasserie du coin, et manger un bon truc avec mon amie belge F.

Malheureusement, je ne peux pas faire de vraie boucle pour rentrer, j’emprunte donc le même chemin qu’à l’aller. Les bosses sont toujours aussi hautes, là où j’étais à 70 à l’aller, je suis à 9 au retour…

Une pensée me motive: manger une glace. Finalement, le petit restau de Saint-Moïse où je m’arrête après 18h n’a rien de tel. Tant pis, au moins ça m’aura fait pédaler.

Les chances d’arriver à l’heure s’amenuisent, mais comme F arrive de Rivière-du-Loup, elle emprunte la même route que moi et peut me ramasser en passant pour qu’on bouffe pas trop tard. Elle a de la route à faire, et je me lève tôt demain. Finalement, on se rate, mais on se retrouve, à moins de 10 km d’Amqui. On charge Tornado dans le coffre, et hop. Après environ 238 km et 2750 m de dénivelé (sans compter les 300 marches! Ahah…), j’ai quand même mérité une bonne bière.

Pour aller au chantier le lendemain, le vent dans la face encore, j’ai mis plus de temps que d’habitude. Tiens donc.