Vélo-chantier: Vents du Kempt

Il y a une seule route pour monter à ce chantier, beaucoup de trafic aux heures de pointe…mais en général tout va bien, je guette mon rétroviseur, je me tasse pour laisser passer les transports lourds. J’ai même eu quelques pouces levés! Faut dire que 12.9 km, 380 m de dénivelé tous les matins, ça demande quand même un peu de respect.

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Vendredi et Samedi 11-12 Juillet 2014: le raid ouest-gaspésien

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Ce printemps, j’ai roulé une flèche, ce truc insensé où l’objectif est de rouler pendant 24 heures, au moins 360 km, en équipe d’au moins trois, sans faire demi-tour (et autres règles). J’avais apprécié l’expérience, rouler toute la nuit est une sensation assez unique. Le seul regret que j’avais eu, c’était de ne pas être parti le soir: on était partis à midi, et revenus à midi le lendemain.

En ce moment je travaille sur les plateaux qui surplombent la vallée de la Matapédia. C’est un joli coin, peu de routes, mais assez sympathiques. Je suis assez loin de mes collègues randonneurs, donc, pas d’équipe cette fois. Cette fin de semaine s’annonçait super niveau météo. Alors pour rattraper la fin de semaine précédente, sur laquelle je voulais faire une sortie longue, mais que l’ouragan Arthur avait compromise…je suis parti pour une belle boucle.

En gros, une route fait le tour de la Gaspésie au complet: la route 132, qui passe en bas de ma résidence temporaire. La péninsule gaspésienne est aussi coupée en deux presque au milieu, dans le sens de la largeur, par la route 299: 140 km de bois entre Sainte-Anne-des-Monts et New-Richmond. En gros, le parcours de cette longue balade était donc simple: 132 – 299 – 132. Avec un « coin » raccourci par la route 195 entre Amqui et Matane…pour un total de 460 km environ. Je connais pas mal le parcours, j’ai beaucoup roulé sur ces routes quand je travaillais à New-Richmond et que j’habitais à Matane.

Vendredi 11 Juillet 2014, 19h30, je suis presque prêt. Tornado frétille. Le soleil décline. Je suis fatigué de la longue semaine de travail, des 380 mètres de dénivelé tous les jours pour aller au chantier, de mon ascension de tour du jour. J’irais bien me coucher, et je me dis que c’est une idée de merde, de monter sur son vélo et de passer une nuit blanche à rouler.

Mais finalement, ce que je me demande surtout, c’est: « Prendre ou pas prendre de veste en plus? Prendre ou pas prendre plus de bouffe? » Hop, en selle, à droite sur la 132, direction Amqui. Je suis un peu la Route Verte 1, itinéraire cyclable parallèle à la 132, qui emprunte une petite parallèle entre Causapscal et Lac-au-Saumon. Peu de trafic, le ciel s’embrase, il fait bon, je suis bien content d’être là.

J’arrive à Amqui, où je tourne vers Matane. Le soleil se couche, j’enfile mon gilet de sécurité à la sortie de la ville. 65 km jusque Matane, avec quelques bosses. Tout va bien, la nuit tombe, et elle est magnifique, la Lune éclaire super bien, les reflets sont jolis, tous les chats sont gris! La circulation se fait de plus en plus calme.

Je suis à Matane vers 23h. Je m’arrête à une de mes poubelles, mange quelques trucs et fouille. Je tombe sur des bonbons, saloperies sucrées et acides que je vais finalement boulotter de temps à autres sur le parcours. Un peu de lest à traîner sur les 400 km restants (tabarnac). Le commis, dans la précipitation du vendredi après-midi, a oublié de refermer les cadenas des précieuses bennes. Je les ferme sur eux-mêmes et les mets au recyclage. On n’a pas idée de mettre des ordures sous clef…

La nuit est bel et bien là, et dans le microclimat matanais, fait pas chaud: mon Garmin indique 10 degrés. Je m’arrête pour enfiler une petite laine…mais zut, en fait, je ne l’ai pas prise, finalement! Bon, bin on va appuyer sur les pédales pour se réchauffer.

Je descends la 132, direction Sainte-Anne-des-Monts, dans la belle nuit. Il n’y a pas de vent, ce qui est assez exceptionnel à cet endroit. Dans une journée régulière, je n’aurais quasiment pas eu besoin de pédaler sur ce tronçon. Enfin, pas de vent, ça n’aide pas, mais ça ne fait pas de tort non plus…

La route est belle, peu de trafic, ça sent bon, la lune se reflète sur le fleuve. Je suis de temps à autres fatigué, mais ça roule. Je passe devant certaines maisons où c’est le « party ». Dans un village, alors que je m’endormais à moitié, d’un coup, un mec se met à gueuler en sortant de nulle part, pour me faire peur. Je sursaute et me marre, même si en y repensant c’était vraiment dangereux de sa part! Merci l’ami de m’avoir tenu éveillé!

J’atteins Sainte-Anne-des-Monts vers 02h45. Malgré tout mon dédain pour Tim Horton’s, premier producteur de déchets et de saloperies du pays, c’est un des rares endroits ouverts à cette heure: je suis bien content d’aller boire un petit thé (voire deux) et de m’enfiler un muffin (voire deux). Des jeunes viennent se rassasier après un « party », je fais un peu tâche, en cuissard en plein milieu de la nuit. C’est ça aussi, être randonneur…eheh.

170 km au compteur, je reprends la route après cette relativement longue pause, j’ai réussi à ne pas m’endormir sur place et finir le nez dans mon thé. C’est parti pour 141 km de bois vers New-Richmond!

Le soleil se lève vers 4h30, déjà en repartant le ciel commençait à s’éclaircir. La route 299 est déserte: en environ 4h, de 3h à 7h, j’ai compté moins de 15 voitures. La route est à moi!

Je m’arrête au niveau de l’accueil du parc national de la Gaspésie, le soleil est levé, j’engloutis ce qui me reste de pain aux raisins, des biscuits et autres trucs, avant de m’attaquer aux petites côtes et au petit col (altitude 533 m) qui me sépare de la vallée de la Grande Cascapédia, que je longerai pour descendre jusque New-Richmond.

Belle surprise entre 5 et 6h: des cyclistes! Eh bin, sont matinaux. Paul et Regina, du Maine, commencent leurs journées de route à 3h, pour profiter des routes sans trafic, de la nuit, de la fraîcheur. C’est vraiment cool de les trouver là, ils ont l’air super sympa, on jase de vélo et autres. À bientôt dans le Maine, les amis. Plus rapide, je les laisse et m’attaque aux côtes.

L’effort tient relativement éveillé. Le soleil me réchauffe enfin, c’est très agréable, surtout après la nuit plutôt fraîche. Je ronronne tel un chat au soleil. Les montées ne sont pas trop physiques, ce n’est pas les Alpes…les descentes sont par contre assez appréciables.

Me voilà dans la vallée de la Grande Cascapédia, et ses spots de pêche au saumon très prisés (jusqu’à 1500 dollars par jour, apparemment…!). La rivière et les montagnes sont majestueuses à souhait.

Petit point fatigue. Des fois, je me retrouve hypnotisé par les chiffres ou la carte de mon garmin, ou par le paysage quand c’est assez monotone. J’ai la vague impression d’être constamment dans une sorte de demi-sommeil, un peu comme avant de s’endormir. C’est une drôle de sensation, je me sens un peu en dehors de mon corps parfois, c’est très bizarre. Une sorte de rêve éveillé. Des fois je me sens en train de me dire de faire quelque chose, sorte de schizophrénie difficilement descriptible. Je prends de la drogue, quoi!

New-Richmond me semble loin, surtout que le vent se lève. J’y arrive finalement pour une pause bien méritée, vers 10h30. Il faut que je mette mes lentilles, j’en peux plus de rouler avec mes osties de lunettes de vue. Et il faut que j’assouvisse des besoins naturels impliquant excrétion, ingestion et nourriture. En gros faut que je mange, et que je chie.

Miraculeusement, un collègue m’appelle pendant ma pause-bouffe, seul moment où mon téléphone est allumé. Je me nourris de sandwiches aux oeufs durs (qui ont 310 km dans les pattes), fromage kwick-kwick, biscuits à l’avoine et aux fraises de la poubelle, pomme et eau fraîche. Crème solaire, crème antifrottements sur les pieds et le cul, et hop, c’est reparti. Plus « que » 150 km. Peu de temps après avoir repris la route, je rencontre un rouleur, qui me rattrape. Causer et rouler avec quelqu’un, c’est quand même motivant, on roule à 30 km/h sur quelques kilomètres, en jasant vélo et autres, comme toujours dans les rencontres de route. Il a l’air impressionné quand je réponds « douze mille et des » à sa question sur le kilométrage annuel. C’est que du vélo, l’ami… On se quitte à Maria, salut!

Ouhlala, il vente. Pas autant que ce qu’il peut y avoir comme vent, mais il vente. Hop, baisse la tête. Mes pieds recommencent à me faire souffrir, mais pas le choix, faut se battre contre Éole. Pour me consoler, je me dis que si jamais j’avais voulu faire la boucle dans l’autre sens, je serais clairement en train de mourir, le vent étant certainement plus fort entre Sainte-Anne-des-Monts et Matane à ce moment là.

Petit moment de répit, une petite ferme vend des fraises. Je m’arrête, leurs fraises sont magnifiques, la madame me prépare une petite barquette exprès pour moi, que je mange sur place. Je repars aussi avec de l’eau bien fraîche dans les gourdes.

La Baie des Chaleurs est superbe, le soleil brille, ça sent la mer. Seuls les putains de véhicules motorisés viennent ternir le tableau. J’ai un dédain particulier pour ceux qui font beaucoup de bruit volontairement (certaines Harley ou épaves ou voitures « tuning »), ceux qui sont gros inutilement (les pick-ups utilisés pour les déplacements personnels), ceux que je rêve simplement de voir exploser (les énormes « VR », « véhicules récréatifs », ces monstres, format autobus, véritables maisons roulantes, qui traînent souvent des voitures derrière eux. Y’en a qui aiment vraiment voyager léger). Bref, trêve de haine, chacun est libre de faire ce qu’il veut, libre de faire chier les autres. « Le silence de chacun assure le repos de tous », comme disait l’autre. Simplement, vivement qu’on s’entretue pour la dernière goutte de pétrole.

Après Nouvelle, la route est merdique. C’est pas si beau, on voit plus vraiment la mer, tout le monde (sauf moi) roule comme un fou, bref, j’ai hâte d’arriver à Pointe-à-la-Croix pour prendre une pause. Il fait chaud, j’ai l’impression d’avoir toujours soif, malgré les litres d’eau ingurgités. Je peine, fatigué (j’en suis environ à 30h sans sommeil) et re-fatigué par Éole. Je songe même à arrêter là, me disant que c’est peut-être trop pour moi.

Je m’arrête à l’accueil pour touristes de Pointe-à-la-Croix pour refaire le plein d’eau et ingurgiter ce qui me reste (ou presque) de bouffe. Deuxième miracle, un autre collègue m’appelle pile quand j’allume mon téléphone. C’est magique…

Avec un peu de bouffe dans le ventre, les envies d’abandon se dissipent, je vais lentement mais à-peu-près sûrement, direction la vallée de la Matapédia, que je remonterai jusque Causapscal. J’espère ne pas avoir le vent dans le nez.

Matapédia, le village, m’y voilà…j’entame les 57 derniers kilomètres. Je suis lent, mes pieds me torturent, je n’appuie plus sur les pédales pour les satisfaire. Heureusement, le vent est un peu plus calme que le long de la baie des Chaleurs. Par contre, les faux-plats sont de retour, je les négocie plutôt calmement. Mais qu’est-ce que je me traîne. À tel point qu’à un moment, je me dirai que je bouclerai pas la boucle en 24h…ce qui serait dommage, vous en conviendrez.

Je dis alors à mes pieds de se la fermer, j’engloutis quelques trucs sucrés, et je bourre. Tête dans le guidon, ou accrochant ma sacoche avant pour avoir une position de triathlète (chargé), j’appuie sur les pédales pour engloutir quelques kilomètres. Je suis passé ici la semaine dernière déjà, mais c’est fou comme c’est plus difficile, après 400 km sur un vélo en acier avec sacoches, plutôt qu’après 200 sur un vélo en carbone sans rien…

Je relâche l’effort à 20 km de l’arrivée. Je suis pas en forme, faut avouer. Le soleil commence à décliner, la vallée est très jolie, je trippe. Mes pieds meurent, mais je suis presque rendu, et j’avoue, assez content quand même. Je maintiens mon allure à ma vitesse moyenne, que j’ai même réussi à remonter au-dessus de 22 km/h.

Samedi 12 Juillet 2014, 19h15: J’arrive à Causapscal, ça y est. Je suis parti en tournant à droite, me voilà sur la partie gauche de la route. La boucle est bouclée. 461 km en environ 24h.

Se laver, cuisiner, manger, s’étirer, et je dors 11h.

Bilan: partir le soir, c’est bien, pour la sensation de rouler toute la nuit, qui est encore une fois exceptionnelle. Mais vaut mieux le faire en étant reposé et sans retard de sommeil, comme je l’avais, et l’ai encore. Parce que c’est sûr, cette belle randonnée a quand même été un peu ternie par la fatigue générale. J’avais pas la pêche, et l’état de demi-conscience/schizophrénie/rêve éveillé est quand même parfois assez spécial. Bref, la prochaine fois je fais la sieste avant, ou quelque chose. Ou alors j’enchaîne pas une semaine de 50h de boulot/6h30 se sommeil par nuit avec une randonnée de 24h.

Là, 24h plus tard, j’ai faim, encore un peu envie de dormir, les jambes un peu fatiguées. Mais oui, j’ai encore envie de faire du vélo.

Ah oui, pour finir, le parcours sur Strava: http://www.strava.com/activities/165388667

06 Juillet 2014: Causapscal – Dalhousie et retour

Me voilà de retour en Gaspésie, ou presque, pour le travail. Alors, hier, je me suis fait une petite sortie pour fêter ça. 244 km au départ de Causapscal, où je suis basé ces temps-ci. Ça soufflait, l’ouragan Arthur balayait le reste des Maritimes. Éole m’a poussé pour descendre la vallée de la Matapédia (genre, plus de 35 km pendant la première heure), mais pour revenir, j’en ai un peu chié.

Val d’Amour, petit village sur les plateaux du Nouveau-Brunswick, offre une belle vue sur la Baie des Chaleurs.

J’ai mangé une bonne « tarte à Coune », genre de tarte au sucre, en chemin.

J’ai crevé à 1 km de l’arrivée, c’est frustrant.

Mes chaussures ou semelles me torturent.

Mon aversion pour tout ce qui fait du bruit et va vite grandit de jour en jour.

Le parcours sur Strava est .

29-30 Juin 2014: une glace à Lancaster

Lancaster, petit bled proche de la frontière entre le Québec et l’Ontario, a un super bar à glaces: La Crema. Je m’y étais arrêté lors de mon Kingston-Montréal en tandem avec Éole ce printemps. Vue la température de ces derniers temps, on avait bien mérité une petite coupe…en carton, certes, mais superbonne quand même. Voir même vraiment trop bonne!

Au départ de Montréal et en rentrant par le canal de Beauharnois, ça fait une boucle d’environ 220 km. Avec un petit camping-moustiques sur le chemin, on était bien.

Remarquez le volume des sacoches, pleines de croustilles-poubelles. C’était le jour: deux pharmacies (oui, les pharmacies vendent des chips, ici) avaient leurs poubelles pleines de chips. Mais pleines-pleines, genre, 80% du volume de la poubelle était rempli de sacs de chips.

Bref, on en a ingurgité, des calories.