Mardi 24 Octobre 2017: Vosges et Grand Ouest (Staufen – Ageville)


Longue journée. Pas de pluie ou très peu, ça fait du bien! Très peu de vent, ça fait aussi du bien.
Je descends dans la plaine et roule plein ouest. Direction le Rhin! Je le franchis à hauteur de Fessenheim, fleuron du nucléaire français, mais aussi centrale hydraulique au fil de l’eau. Ma bécane pause à côté d’une belle turbine Kaplan désaffectée.

Direction Guebwiller. Mon plan était de passer par le sommet du Grand Ballon, mais en réalisant la longueur de l’étape et l’heure déjà tardive, je passe par le col d’à côté. 1183 m quand même. Des petits panneaux indiquent la pente tous les kilomètres, et la distance restante avant le sommet. Démoralisant ou motivant, au choix.

Grisaille en haut, on voit rien.

Belle descente vers Remiremont, incluant un bout de voie verte à -2% sur quelques kilomètres, le pied.

Bouffe à La Bresse: quiche munster-lard-patates, quiche thon-tomate, pâté vosgien. Je vais encore grossir.

Cap à l’ouest. Pas trop d’énergie et mal aux genoux. Les collines se tassent, les cols se font plus discrets. Je me permets un arrêt à la ligne de partage des eaux. Je suis dans la bonne direction.

Arrêt sandwich à Darney. Un me fait les carreaux. Alors que j’attends mon panini en train de chauffer, une mamie qui sort de la « boulangerie » (Banette, d’où les guillemets) dit au laveur de vitres « dites-donc, vous avez un produit miracle, vous! », tout en admirant la propreté et la transparence de la vitrine. « Ouai… », répond le gars en souriant, content qu’on admire son travail. À peine la mamie a-t-elle passé la porte qu’il ajoute, d’un ton aussi décidé que ses vigoureux coups de chiffon et de balai infligés aux vitres, « …l’huile de coude! ».

J’éclate de rire en même temps que la boulangère, et quitte les lieux le sourire aux lèvres en me repassant la scène. Restent une bonne soixantaine de kilomètres pour arriver chez Christian, mon hôte de ce soir.

J’essaye d’appuyer sur les pédales, espérant arriver avant 20h. Je file à travers les petits bleds et effraie les vaches, peu habituées à un tel équipage.

La nuit tombe. Il fait doux et obscur. Je redécouvre la sensation inégalable de la bulle de lumière de mon phare avant pour une petite heure.

Mon regain d’énergie post-sandwich s’essoufle assez vite. Les dix derniers kilomètres sont un peu laborieux.

J’entends les cloches de l’église sonner en descendant vers chez Christian. 20h pile, j’en suis presque content. Je suis superbien accueilli par Christian, qui garde ses deux petites-filles pleines d’énergie pour la semaine. Y’a de l’ambiance!

Douche, festin, jasette, dodo. Merci Christian de ton accueil!

Publicités

Lundi 23 Octobre 2017: Bodensee und Schwarzwald (Tettnang – Staufen)

Belle journée à travers le sud de l’Allemagne. Temps pourri: pluie et vent de face. 

Je rate de peu un traversier qui m’aurait épargné quelques kilomètres. Tant pis, je traverse le Bodensee plus loin comme prévu. Et puis c’est pas plus mal, le paysage autour du lac est plutôt sympa malgré l’ambiance ultra prout-prout qu’on ressent fortement malgré l’absence de vacanciers.

Direction ouest, à travers monts et vallées. Flotte, vent dans le nez, 4 degrés…on a connu mieux comme conditions. Mais heureusement il y a quand même quelques éclaircies très appréciables.

Je change un peu les plans: je voulais passer un peu par la Suisse, mais il semblerait que je n’aie pas la carte dans mon GPS. Je ne tente pas le diable: rouler 200 km par jour dans ces conditions laisse peu de temps pour les aléas. Et en partant à 7h30, j’ai encore moins de temps pour avoir droit à l’erreur.

Je pourrais partir plus tôt (à 6h sur le vélo, mais ce serait pas très sympa pour les hôtes Warmshowers qui m’accueillent. Merci encore à eux!

Pourquoi s’imposer ce rythme de 200 km par jour, d’ailleurs? Pour plusieurs raisons:

  • Ça permet de bien se dépenser sans être chargé/Ça force à ne pas trop se charger
  • À mon rythme modeste, c’est une bonne excuse pour simplement manger (beaucoup) et rouler
  • Ça permet d’aller assez loin au final
  • On voit tellement de pays qu’on l’oublie
  • On roule avec le sentiment permanent qu’il faut y aller. « Cycling with a sense of urgency », comme disent les coureurs au long cours.

Justement, ce sentiment est un peu pesant des fois, et je passe un bon moment à me dire que j’arriverai pas à l’heure prévue chez mes hôtes, et/ou que j’ai mal aux genoux, et/ou que je devrais prendre le train.

La forêt noire est superbe, et je me demande un peu d’où elle tire son nom: les couleurs d’automne sont au rendez-vous. 

Arrêt dans une Bäckerei, j’engouffre sandwich et gâteaux. 

Petit col à 1200 m. C’est pas très haut mais faut quand même se les taper.

Totdnau. Dernier col et je descends vers la plaine d’Alsace. Arrêt à Staufen où Bernd m’accueille royalement. J’ai droit à un bon repas, une douche chaude (la descente de col était plutôt fraîche!), et un petit nid douillet à flanc de colline: une vieille caravane des années 60 montée là grâce à une grue que les voisins utilisaient pour construire leur maison. Quelle bonne idée! 

Merci Bernd! Je me blottis sous l’édredon et sombre dans le sommeil.

Dimanche 22 Octobre: pluie intermittente bavaroise (München – Tettnang)

Bataille contre le vent. Pluie. Soleil. Pluie. Soleil. Pizza. Grimpettes. Écureuil roux. Super rapace. Bouffe chère. Belle campagne. Vaches. Grosse route. Arc-en-ciel!

Et surtout, MERCI à Gitti et Martin de leur accueil!

Jeudi 27 Juillet 2017: Enercon Costa Rica et Miravalles (Liberia – Bebedero)

Belle journée au Costa Rica.

Je pars vers 7h. C’est parti pour 20 km de piste pour rejoindre la route sur laquelle se trouve le parc éolien majeur d’Enercon du pays.


Je galère un peu, ça monte dans le gravier parfois mou. Mais j’y arrive! Qu’elles sont belles, nos éoliennes!​


Je rencontre Sergio, qui gère l’endroit. Ils sont vachement occupés alors on se donne rendez-vous au village pour le repas de midi.
Je descends à Guayabo, le village en question. Quelques courses, puis il me reste un peu de temps. Je vais tenter d’aller voir un peu d’activité volcanique pas loin.


Ici, il y a de la géothermie! Les tuyaux sillonnent les pentes du bas du volcan. Pour une fois je suis content de voir des pipelines.

Je me pointe à un spot où selon ma carte il y a de la boue volcanique. Je demande si je peux aller voir vite fait: j’ai seulement cinq minutes avant de retourner au point de rendez-vous pour le restau.

Le mec dit non, je peux pas y aller, faut payer. Je demande combien. 10$. Pour cinq minutes. J’ai failli dire « fuck you » mais c’est « ¡10 $! Gracias. » qui est sorti. Du coup j’ai qu’une photo furtive prise du bord de la route. Bande d’escrocs profiteurs.


Bouffe avec les collègues, sympa. Une troupe d’allemands est là en support, ils font plaisir à voir. On cause d’Enercon, du Costa Rica et du Canada, et de mon voyage.

Sergio m’indique où se trouve l’usine géothermique. C’est où j’étais plus tôt mais un peu plus loin. J’y retourne…


Vous voyez la fumerole à l’horizon? C’est tentant d’aller voir…je prends une route qui semble y aller (en fait, la même que celle de la boue), mais en fait non. Tant pis, au moins la vue est pas mal.


Et en plus, je tombe sur une autre usine géothermique.


15h15. 45 km pour rejoindre mon hotehôte Warmshowers de ce soir. Allez, on s’active!


Je descends vers la grand-route panaméricaine.

À un moment je crois même qu’ils ont pensé aux cyclistes, mais caça ne dure pas.


Ça roule relativement bien…mieux que le chemin pour rejoindre Bebederos, en tous cas.


Encore quelques bornes, on y est presque.


Je suis accueilli comme un roi par Esteban. Après des années à bosser en ville, il a repris la ferme de son grand-père avec son frère. Ils cultivent 250 hectares de riz sans pesticides à 6-8 tonnes par hectare, et 100 hectares de canne à sucre bio.

On cause de plein de trucs, agricole (le Costa Rica n’est pas autosuffisant en riz, 30% du marché est importé), anglais, vélo, tout ça. Super sympa. Muchas gracias Esteban.

Bonne nuit à la ferme.

Strava: https://www.strava.com/activities/1104833365/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501199713

Vendredi 7 Juillet 2017: repos mexicain (Aguas Caliente de la Mata, OAX – Santo Domingo Zanatepec, OAX)

70 km dans la matinée pour arriver chez Rodrigo, de Warmshowers, qui m’héberge ce soir. 

Je quitte mon petit parc après une nuit relativement bonne, malgré le matelas qui se dégonfle. Deux gars pas thibulaires mais presque viennent me causer alors que je remballe. L’un semble être l’idiot du village mais l’autre n’inspire guère confiance. J’ai vraiment horreur de la question « combien coûte ton vélo? » ou autre « combien coûte ton… ». Bref, je traîne pas.

Route sympathique bien qu’un peu venteuse. Belles collines à gauche.

J’arrive un peu après midi. Comme je n’ai pas pu me connecter je n’ai pas de confirmation…je passe devant chez Rodrigo mais ne le vois pas. Je le trouve alors que je suis devant l’hotel du coin pour squatter le wifi. Il croyait que j’allais aller à l’hotel! Ahah.

Petite causette. Rodrigo, 52 ans, ingénieur agronome de formation, enseigne maintenant l’anglais au lycée. Il a déjà voyagé au Canada et aux US, n’est pas cycliste lui même mais aime accueillir les voyageurs, entre autres pour pratiquer et rencontrer du monde. Merci de l’accueil!

J’ai ma chambre à moi. Je rate le précédent cycliste de peu, peut-être le croiserai-je sur la route? Ce serait cool.

Douche. Je me lave les cheveux, ça commençait à être critique. 

Repas avec Lupita et Rodrigo, soupe de pâtes et poulet, miom.

Lessive: pas de machine et je suis pas doué avec la planche à laver…bon, y’a au moins un peu de crasse qu’est partie. Le système du « rien à l’égout » est en place, ça me rappelle un peu la débouloire et la rue du désert de mon enfance.

Tentative de réparation de matelas avec du scotch scellant: on verra bien. Quelques patches pour les ortlieb aussi.


Aller-retour pour faire graisser et ajuster mon roulement de roue arrière par le mécano du coin. J’ai honte de la saleté accumulée sur la cassette: autant de nettoyage que de mécanique proprement dite. 30 pesos l’ajustement, c’est pas cher. Muchas gracias!
Ici on mange pas ou presque pas le soir. Je me fais une platrée de riz dans mon coin.

Buenas noches!​

Samedi 24 Juin 2017: Harlingen (Raymondville, TX – San Benito, TX)

Journée peinarde.

Deux batailles contre des fourmis rentrées dans la tente par leur propre porte cette nuit. Saloperies.

Il fait très humide. Je sue comme un porc dans la tente et au lever. Je remballe et vais déjeuner à un endroit un peu plus venté. Je roule ensuite direction Harlingen.

Je me rends au bureau de poste où ma jante doit arriver…mais elle n’est pas encore là. Lundi a priori.

Petit tour en ville. 

Bibliothèque,  courses diverses, vélociste où je suis accueilli en héros, c’est rigolo.


Déception du jour: le « farmers’ market » a fini plus tôt que prévu…mais devait pas y avoir grand chose de toutes façons. Tant pis.

Route de campagne à la texane: gros accotement de chaque côté jusqu’à chez mon hôte, Richard.

Merci Richard! Douche et on va au restau.

Demain glandouille. Lundi je ramasse la jante, et en fonction de l’heure je file au Mexique ou j’avise.

Dimanche 18 Juin 2017: Houston (Anahuac, TX – Sugar Land, TX)

Traversée de la partie sud de Houston pour arriver chez Tom et Ann de Warmshowers.

Route de service du lac Anahuac: barrière avec barbelés après 1/3 du chemin. Demi-tour pour 5 km de piste  vent de face. 


6 km d’autoroute pour arriver à Cole. Heureusement y’a un bon accotement et c’est dimanche matin.
Début de la misère urbaine à Baytown.

Super pont pour La Porte. Officiellement c’est pas une autoroute…mais plein de routes sont comme ça ici. Au moins l’accotement est large.




Ensuite imaginez une zone commerciale moche de 90 km de long…et vous avez ce que j’ai traversé. À quelques coins près, c’était naze. Et encore pire à partir de 12h30 une fois tout le monde sorti des églises.

Poubelle Aldi de fous. Surcharge.

Un mec me klaxonne pour me dire que j’ai perdu un ananas. Merci l’ami. Je lance un paquet de nachos à un autre mec qui fait la manche à un carrefour.

Fait chaud.

Super accueil de Tom et Ann. Je suis leur premier hôte. Tom est retraité de Schlumberger et ils ont pas mal voyagé, à vélo aussi. Voir photos prises en France il y a quelques décennies. 


Échange d’histoires. Trempette dans leur piscine, bonne bière et bon repas. Bonne nuit!