Souvenirs, souvenirs

En me perdant désespérément dans mes courriels, j’ai retrouvé ça, que je devais poster, puis que j’ai oublié, évidemment. Poids de forme, ramasse-miette, front géant et joie de causer. Question éternelle: quand et où? Le-la gagnant-e gagne le droit de rejouer, ou un pot de marmelade de poubelles.

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2018, année sans

Sans vélo, évidemment. Ou presque; 6500 km c’est pas des masses. La faute à la baraque, à une organisation suboptimale, à ma propre lâcheté, etc.

Alors, l’année 2018 à roulettes:

-Quelques 200 km,

-Une course sur glace gagnée, un beau vélo à la clé,

-Un cadre pété,

-Une belle balade ado-ado attardé,

-La rue Sherbrooke en veux-tu en voilà,

-Deux balades bien trop courtes,

-Une bien trop longue période d’inactivité pour cause amouro-psycho-dorsale.

Allez, des photos en vrac.

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Mercredi 25 Octobre 2017: transport fluvial et ferroviaire (Ageville – Saint-Dizier)

Levé tard. Hier les membres Warmshowers qui devaient m’héberger ce soir ont finalement déclaré forfait. J’ai mal en haut des tibias. Fait pas super-beau. J’ai déjà roulé plus ou moins dans ce coin…
…d’la marde, je rentre en train.

Petit déj-causette, discussion itinéraire devant la carte Michelin, et je prends la route vers 10h15. Merci encore Christian!

Je rejoins le canal Bourgogne-Champagne par de sympathiques petites routes, à part un bout de chemin de merde où j’ai dû marcher.

Y’a plein de péniches, j’ai dû en voir 6 en 40 km.

Sandwich à Joinville. Il fait bon, merci à l’humanité d’avoir cramé tout le pétrole nécessaire pour que je puisse apprécier mon sandwich par 18 degrés fin Octobre.

Crevaison. Rien dans le pneu, mais ça ressemble vraiment à une punaise ou une épingle qui aurait percé la chambre. Bref, je répare et repars.

Je suis à Saint-Dizier un peu avant 15h. Billet de train, tour en ville en attendant et hop, merci la SNCF.

Changement à Paris: toujours aussi horrible. Fourmilière grouillante puante.

Maison!

Mardi 24 Octobre 2017: Vosges et Grand Ouest (Staufen – Ageville)


Longue journée. Pas de pluie ou très peu, ça fait du bien! Très peu de vent, ça fait aussi du bien.
Je descends dans la plaine et roule plein ouest. Direction le Rhin! Je le franchis à hauteur de Fessenheim, fleuron du nucléaire français, mais aussi centrale hydraulique au fil de l’eau. Ma bécane pause à côté d’une belle turbine Kaplan désaffectée.

Direction Guebwiller. Mon plan était de passer par le sommet du Grand Ballon, mais en réalisant la longueur de l’étape et l’heure déjà tardive, je passe par le col d’à côté. 1183 m quand même. Des petits panneaux indiquent la pente tous les kilomètres, et la distance restante avant le sommet. Démoralisant ou motivant, au choix.

Grisaille en haut, on voit rien.

Belle descente vers Remiremont, incluant un bout de voie verte à -2% sur quelques kilomètres, le pied.

Bouffe à La Bresse: quiche munster-lard-patates, quiche thon-tomate, pâté vosgien. Je vais encore grossir.

Cap à l’ouest. Pas trop d’énergie et mal aux genoux. Les collines se tassent, les cols se font plus discrets. Je me permets un arrêt à la ligne de partage des eaux. Je suis dans la bonne direction.

Arrêt sandwich à Darney. Un me fait les carreaux. Alors que j’attends mon panini en train de chauffer, une mamie qui sort de la « boulangerie » (Banette, d’où les guillemets) dit au laveur de vitres « dites-donc, vous avez un produit miracle, vous! », tout en admirant la propreté et la transparence de la vitrine. « Ouai… », répond le gars en souriant, content qu’on admire son travail. À peine la mamie a-t-elle passé la porte qu’il ajoute, d’un ton aussi décidé que ses vigoureux coups de chiffon et de balai infligés aux vitres, « …l’huile de coude! ».

J’éclate de rire en même temps que la boulangère, et quitte les lieux le sourire aux lèvres en me repassant la scène. Restent une bonne soixantaine de kilomètres pour arriver chez Christian, mon hôte de ce soir.

J’essaye d’appuyer sur les pédales, espérant arriver avant 20h. Je file à travers les petits bleds et effraie les vaches, peu habituées à un tel équipage.

La nuit tombe. Il fait doux et obscur. Je redécouvre la sensation inégalable de la bulle de lumière de mon phare avant pour une petite heure.

Mon regain d’énergie post-sandwich s’essoufle assez vite. Les dix derniers kilomètres sont un peu laborieux.

J’entends les cloches de l’église sonner en descendant vers chez Christian. 20h pile, j’en suis presque content. Je suis superbien accueilli par Christian, qui garde ses deux petites-filles pleines d’énergie pour la semaine. Y’a de l’ambiance!

Douche, festin, jasette, dodo. Merci Christian de ton accueil!

Lundi 23 Octobre 2017: Bodensee und Schwarzwald (Tettnang – Staufen)

Belle journée à travers le sud de l’Allemagne. Temps pourri: pluie et vent de face. 

Je rate de peu un traversier qui m’aurait épargné quelques kilomètres. Tant pis, je traverse le Bodensee plus loin comme prévu. Et puis c’est pas plus mal, le paysage autour du lac est plutôt sympa malgré l’ambiance ultra prout-prout qu’on ressent fortement malgré l’absence de vacanciers.

Direction ouest, à travers monts et vallées. Flotte, vent dans le nez, 4 degrés…on a connu mieux comme conditions. Mais heureusement il y a quand même quelques éclaircies très appréciables.

Je change un peu les plans: je voulais passer un peu par la Suisse, mais il semblerait que je n’aie pas la carte dans mon GPS. Je ne tente pas le diable: rouler 200 km par jour dans ces conditions laisse peu de temps pour les aléas. Et en partant à 7h30, j’ai encore moins de temps pour avoir droit à l’erreur.

Je pourrais partir plus tôt (à 6h sur le vélo, mais ce serait pas très sympa pour les hôtes Warmshowers qui m’accueillent. Merci encore à eux!

Pourquoi s’imposer ce rythme de 200 km par jour, d’ailleurs? Pour plusieurs raisons:

  • Ça permet de bien se dépenser sans être chargé/Ça force à ne pas trop se charger
  • À mon rythme modeste, c’est une bonne excuse pour simplement manger (beaucoup) et rouler
  • Ça permet d’aller assez loin au final
  • On voit tellement de pays qu’on l’oublie
  • On roule avec le sentiment permanent qu’il faut y aller. « Cycling with a sense of urgency », comme disent les coureurs au long cours.

Justement, ce sentiment est un peu pesant des fois, et je passe un bon moment à me dire que j’arriverai pas à l’heure prévue chez mes hôtes, et/ou que j’ai mal aux genoux, et/ou que je devrais prendre le train.

La forêt noire est superbe, et je me demande un peu d’où elle tire son nom: les couleurs d’automne sont au rendez-vous. 

Arrêt dans une Bäckerei, j’engouffre sandwich et gâteaux. 

Petit col à 1200 m. C’est pas très haut mais faut quand même se les taper.

Totdnau. Dernier col et je descends vers la plaine d’Alsace. Arrêt à Staufen où Bernd m’accueille royalement. J’ai droit à un bon repas, une douche chaude (la descente de col était plutôt fraîche!), et un petit nid douillet à flanc de colline: une vieille caravane des années 60 montée là grâce à une grue que les voisins utilisaient pour construire leur maison. Quelle bonne idée! 

Merci Bernd! Je me blottis sous l’édredon et sombre dans le sommeil.

Dimanche 22 Octobre: pluie intermittente bavaroise (München – Tettnang)

Bataille contre le vent. Pluie. Soleil. Pluie. Soleil. Pizza. Grimpettes. Écureuil roux. Super rapace. Bouffe chère. Belle campagne. Vaches. Grosse route. Arc-en-ciel!

Et surtout, MERCI à Gitti et Martin de leur accueil!