Pour des villes humaines…

https://www.onf.ca/film/cite_ideale_dapres_lewis_mumford_2e_partie/embed/player

La cité idéale (d’après Lewis Mumford) (2e partie) – L’Homme par Christopher Chapman par Jean-Claude Chiabaut par Léonard Forest par Bert Haanstra par Robert Humble par Kirk Jones par Derek Knight par Ian MacNeill par Reginald Morriset par Bryan Probyn, Office national du film du Canada

Dimanche 15 Février 2015: Vélo Sous Zéro (et plus si affinités)

Ce dimanche se tenait l’événement de vélo hivernal de Vélo-Québec: « Vélo Sous Zéro », partie du festival « Go Vélo Montréal » (vive la francophonie). Une petite boucle dans Montréal, 15 km sympathiques. Il faisait assez froid, genre -18, grand soleil, et bon vent.

Je rejoins mon pote Charles. Une fille de Vélo-Québec nous pose la question à la con: « pourquoi vous faîtes du vélo l’hiver? ». Je ne sais que répondre, et sur le coup ne pense pas à dire que c’est une question à la con. Ça finit donc en « eeeeeuuuh pourquoi pas? » Charles est plus loquace. Bref, si même les gens qui font du vélo demandent aux autres gens qui font du vélo pourquoi ils font du vélo, on est mal barrés. C’est évident, on fait du vélo, c’est tout, quoi. C’est absolu et autosuffisant, c’est comme dire qu’on respire pour vivre.

On jase tout au long du parcours. Pendant un moment on suit un « pentacycle », sorte de tandem tricycle à 5 roues, trop cool le truc. Surtout qu’il a un ampli qui crache du Black Sabbath. On trippe.

Après cette mise en bouche, on va bouffer chez La Panthère Verte, restau végétalien bio. Je me prends le viramisu (tiramisu végétalien) en dessert, pouah, ça fait beaucoup, maintenant faut rouler un peu pour brûler tout ça. J’avais lancé un appel aux copains au groupe de mordus de vélo d’hiver de Montréal, sur un réseau social bien connu, et un acolyte m’avait répondu. Cool, une balade pas-solo.

Je fais connaissance de Claude, vraiment cool le bonhomme. Il conduit des autobus quand il n’est pas sur son vélo. Je me demande si ce n’est pas lui qui m’avait agréablement surpris lors de mes premiers mois à Montréal, que je prenais le bus et que j’étais tombé sur un chauffeur qui annonçait ses arrêts avec une grosse voix. Bref, on part, il est 13h.

Le truc, c’est qu’on n’avait pas vraiment le même rythme…et qu’on allait un peu trop lentement pour arriver au pont de glace assez tôt. Et oui, encore une fois le pont de glace Oka-Hudson est le but de la balade.

Claude et moi nous séparons donc au bout d’environ 17 km, et je poursuis seul contre le vent. Sans rancune Claude, on remettra ça en partant le matin.

Je continue à Laval, sur le parcours presque habituel qui me mène vers Oka. Rien à signaler, sauf sur la route 344 où les gens roulent comme des fous, pour changer.

Les quelques côtes sont laborieuses, mais heureusement les rapports de mon Neige sont bien étagés. Hop hop, on tourne les jambes, puis on descend vers le pont de glace!

Il vente, il fait -22, bref, faut se couvrir. Mais encore une fois, quel plaisir que de rouler sur la banquise!

La neige balayée par le vent forme de petites congères, c’est joli. Un pick-up équipé d’une lame gratte les plus grosses accumulations, qui s’envolent dans un énorme nuage de poudreuse.

Me voilà de l’autre côté, je roule vent dans le dos vers Vaudreuil. Un chasse-neige m’ouvre la route!

Traversée vers l’île Perrot. Je fais pipi depuis le pont dans la rivière des Outaouais, mais c’est pas assez haut pour que ça se transforme en neige.

Pas grand-chose à signaler sur le retour, le soleil se couche, le ciel est clair, il fait -23, ça roule. Je regrette un peu de ne pas avoir mis mes couvre-chaussures, mais j’ai aussi la flemme de m’arrêter pour les mettre…

Le parcours sur Strava: https://www.strava.com/activities/255801975/embed/a5d12a47358e40f10001bed94a64a24396a19230

Edit: voir et si j’y suis!

Dimanche 1er Février 2015: Chatoka

Encore une superbe journée d’hiver! Grand soleil, donc comme toujours dans ces cas là, il fait pas chaud…maximum -14.9, minimum -21.

Je pars encore vers 7h, cette fois cap au sud-ouest. Le ciel de l’aube est très clair, ça promet! J’emprunte le nouveau pont de l’île des Sœurs. La piste cyclable est bien plus large que la précédente, elle est déneigée, c’est le pied.

Sur l’île des Sœurs, un de mes endroits les moins aimés de Montréal (un jour peut-être je détaillerai pourquoi), je « coule » évidemment tous les stops: il n’y a pas un chat à cette heure. Sauf deux pauvres gars qui attendent le bus par -20 degrés, quelle drôle d’idée. Un des deux, me voyant ne pas m’arrêter, me fait une remarque du genre « Eh! Tu sais pas t’arrêter au stop? » Je sais pas si c’était un abruti de « cochon » ou juste un abruti, mais je l’ai copieusement ignoré. Quelle remarque de frustré qui se fait chier à attendre un bus à la con. Bref. Il fait beau, peu de vent, ça roule. À moi l’estacade du pont Champlain! La bretelle cyclable d’accès est fermée entre le 15 novembre et le 15 avril, bien sûr. Le vélo en hiver, ça devrait être interdit!

Je prends donc le sens interdit « sauf véhicules autorisés ». Je m’autorise, étant donné que le seul lien cyclable entre Montréal et la rive sud utilisable en hiver est celui-ci. Montréal, grande métropole du vélo, c’est bien connu…

J’ai la voie maritime pour moi tout seul. Elle est un peu enneigée, mais c’est presque féérique. Glace et soleil levant à gauche, belle poudreuse devant, le majestueux Saint-Laurent à droite. Quel pied!

À la sortie, je prends un bout de la route 132, puis le chemin de Châteauguay. Je passe à travers la réserve indienne de Kahnawake, j’en profite pour acheter des clopes pour la route (ou pas). Je continue jusque Beauharnois, un de mes endroits préférés, cette fois. Quelle belle centrale!

La piste cyclable du tunnel en-dessous du canal de Beauharnois est bien évidemment enneigée. Me voilà donc dans le court tunnel. Heureusement il y a un bon accotement, mais j’ai quand même la souvenance du tunnel de la mort

Pour une fois, dans ce coin, je prends la route 132, plutôt que la belle piste cyclable qui longe le canal. J’ai comme idée qu’elle sera pas déblayée, alors je tente pas le coup, bien sûr.

J’arrive à Salaberry-de-Valleyfield. Le lien cyclable vers Coteaux-du-Lac, gracieuseté Hydro-Québec, est bien entendu fermé lui aussi. À moi le pont quasi-autoroutier plein de trafic. L’hiver à vélo a aussi ses inconvénients…

J’engloutis quelques biscuits avec ce fameux pont, histoire de pas défaillir dessus. Ma bouteille thermos, qui ne contient que 500 mL, est maintenant vide. Mode « raisin sec » activé.

Direction Hudson. Je prends une loooongue ligne droite à travers les champs, les fermes, et croisant deux chemins de fer. Gros coups de klaxon de train. Ici, les trains roulent à environ 40 km/h, et comme il n’y en a pas très souvent, ils klaxonnent aux passages à niveau, au cas où un intrépide voudrait passer avant lui. Vent dans le nez, peu d’énergie, je me traîne.

Quelques petites bosses plus loin, et quelques biscuits aux dattes aussi, me voilà à Hudson. Seulement 108 km, il est passé midi et j’ai faim. Arrêt-pizza.

Je repars sous un grand soleil qui réchauffe (-15 avec le vent dans le dos, j’ai chaud). Direction le pont de glace! Et oui, encore une fois c’était le but de la balade. Relativement peu de vent cette fois, mais un froid un peu plus mordant. Quelle sensation, rouler sur la rivière! On se croirait sur la banquise. J’adore! Vraiment, quelle joie, rouler l’hiver. En été à cet endroit, on a le traversier, sympathique mais qui pue.

Oka. Je prends à gauche histoire d’allonger la boucle, et vais ensuite attraper le chemin Saint-Jean, où se trouve un de mes spots favoris du coin…Intermiel (oui, comme la semaine passée aussi…). Vu mon manque de fer, le niveau du pot de miel de sarrasin descend à vitesse lumière. Alors je repars de chez Intermiel avec un pot de 1 kg, cette fois. Et puis ça fait du lest pour la montée Robillard, c’est bon pour l’adhérence. Eheh.

Je monte jusque Saint-Joseph-du-Lac. On voit Montréal, et même le Mont Saint Bruno, sur la rive sud! C’est formidable, quand même.

Petite descente, hop à gauche jusque Deux-Montagnes. Traversée chaotique vers Laval: c’est un lien cyclable-piéton, bref, c’est à moitié déneigé, que des creux et des bosses de traces de bottes, c’est un peu merdique, mais ça roule quand même à peu près.

Laval, toujours aussi peu agréable, hop, quelques bornes et je traverse vers Montréal. Pas agréable non plus, surtout après les kilomètres sans feux, stops, ni trafic. 170 km, la pizza commence à être loin, je manque d’énergie…mais je suis presque rendu. Allez allez, tape un peu dans les réserves.

La fin de la balade correspondait à mon trajet de retour du boulot. Ça m’a semblé plus long que d’habitude…

Conclusion: super balade. Vive les journées ensoleillées et froides d’hiver. Comme a écrit Пушкин (Pouchkine): « Мороз и солнце; день чудесный! » (Gel et soleil; merveilleuse journée!)

Le parcours sur Strava: https://www.strava.com/activities/249301762/embed/e7831a7c4cc7299a08955b449ee1724aac1cae7e