Lundi 23 Octobre 2017: Bodensee und Schwarzwald (Tettnang – Staufen)

Belle journée à travers le sud de l’Allemagne. Temps pourri: pluie et vent de face. 

Je rate de peu un traversier qui m’aurait épargné quelques kilomètres. Tant pis, je traverse le Bodensee plus loin comme prévu. Et puis c’est pas plus mal, le paysage autour du lac est plutôt sympa malgré l’ambiance ultra prout-prout qu’on ressent fortement malgré l’absence de vacanciers.

Direction ouest, à travers monts et vallées. Flotte, vent dans le nez, 4 degrés…on a connu mieux comme conditions. Mais heureusement il y a quand même quelques éclaircies très appréciables.

Je change un peu les plans: je voulais passer un peu par la Suisse, mais il semblerait que je n’aie pas la carte dans mon GPS. Je ne tente pas le diable: rouler 200 km par jour dans ces conditions laisse peu de temps pour les aléas. Et en partant à 7h30, j’ai encore moins de temps pour avoir droit à l’erreur.

Je pourrais partir plus tôt (à 6h sur le vélo, mais ce serait pas très sympa pour les hôtes Warmshowers qui m’accueillent. Merci encore à eux!

Pourquoi s’imposer ce rythme de 200 km par jour, d’ailleurs? Pour plusieurs raisons:

  • Ça permet de bien se dépenser sans être chargé/Ça force à ne pas trop se charger
  • À mon rythme modeste, c’est une bonne excuse pour simplement manger (beaucoup) et rouler
  • Ça permet d’aller assez loin au final
  • On voit tellement de pays qu’on l’oublie
  • On roule avec le sentiment permanent qu’il faut y aller. « Cycling with a sense of urgency », comme disent les coureurs au long cours.

Justement, ce sentiment est un peu pesant des fois, et je passe un bon moment à me dire que j’arriverai pas à l’heure prévue chez mes hôtes, et/ou que j’ai mal aux genoux, et/ou que je devrais prendre le train.

La forêt noire est superbe, et je me demande un peu d’où elle tire son nom: les couleurs d’automne sont au rendez-vous. 

Arrêt dans une Bäckerei, j’engouffre sandwich et gâteaux. 

Petit col à 1200 m. C’est pas très haut mais faut quand même se les taper.

Totdnau. Dernier col et je descends vers la plaine d’Alsace. Arrêt à Staufen où Bernd m’accueille royalement. J’ai droit à un bon repas, une douche chaude (la descente de col était plutôt fraîche!), et un petit nid douillet à flanc de colline: une vieille caravane des années 60 montée là grâce à une grue que les voisins utilisaient pour construire leur maison. Quelle bonne idée! 

Merci Bernd! Je me blottis sous l’édredon et sombre dans le sommeil.

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Dimanche 22 Octobre: pluie intermittente bavaroise (München – Tettnang)

Bataille contre le vent. Pluie. Soleil. Pluie. Soleil. Pizza. Grimpettes. Écureuil roux. Super rapace. Bouffe chère. Belle campagne. Vaches. Grosse route. Arc-en-ciel!

Et surtout, MERCI à Gitti et Martin de leur accueil!

Samedi 21 Octobre 2017: Fahrrad und Bäckerein. Und  TimberTower! (Aurich – Hannover)

En route pour Hannover, 219 km de Aurich. Ce soir je prends un train de nuit pour Munich, avec la Bavière, la Forêt Noire et le Grand Ballon dans le colimateur.

Je quitte l’hôtel en y laissant ma valise: je reviens dans deux semaines. Avec moi, le Travelers Check, un gros sac de selle avec des fringues, et un sac de cadre avec du bazar.

Je suis dans un premier temps chanceux: pas de pluie et le vent est pour l’instant discret. Roule, tranquille mais à vitesse décente quand même. Je me sens pas super en forme, mais ça va aller.

Je passe à côté d’un parc éolien qui est en train d’être demantelé. Elle vient probablement de là, la vidéo de tour en béton dynamitée que j’avais vue sur facebook. Impressionnant en tous cas de voir la tour écrasée au sol de tout son long. Pas de photo, désolé! 

Je roule la plupart du temps sur les pistes cyclables bordant les gramdes routes. Pas le plus plaisant, mais très pratique et direct.

Seul problème, comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois: les chicanes aux carrefours, qui cassent le rythme et sont même dangereuses, surtout avec toutes ces feuilles mortes trempées qui couvrent l’asphalte (ou les pavés).

Il fait gris. Le vent se lève contre moi, comme l’avait dit la météo. Tu parles d’une idée, voyager à vélo en automne.

Les kilomètres défilent tant bien que mal. Passé 100 km, on approche de midi, je commence à avoir assez faim pour faire un arrêt. Jusqu’à présent les arrêts s’étaient limités à d’autres nécessités physiologiques.

Deux petits sandwiches et quelques trucs sucrés, et ça repart…sous la pluie, quand même drue et qui ne discontinuera qu’un peu avant la fin d’après-midi.

C’est laborieux. Le sac de guidon pas testé et mal placé m’empêche de me mettre en danseuse. Le nouveau Garmin est déjà déchargé. J’ai un coup de barre. La route est chiante.

Autre arrêt-boulangerie vers 17h. Calories à gogo. J’arrive en vue de Hannover….

…et je tombe sur la TimberTower, une tour d’éolienne en bois! Ah, j’avais oublié qu’elle était ici. Quelle bonne surprise!

Bon, évidemment on peut pas s’ en approcher: elle est dans l’enceinte du centre de recherhe qui l’a probablement financée. Tant pis.

Passage par quelques chemins un peu boueux, et je rejoins une piste qui s’enfonce dans la ville.

Il est passé 18h, je peux circuler légalement dans les zones piétonnes. Y’a quand même pas mal de monde. 

La gare! Mission accomplie. J’achète le ticket pour mon vélo (12 euros, quelle bande de voleurs!). Me voilà en règle. 

Je me trouve un restau. Un peu cher pour ce que c’était, j’ai trouvé, mais bon. Je me change aux chiottes, ça fait toujours du bien de sortir d
Article à finir. Train fauve douche madame archaïque

Vendredi 25 Août 2017: Cerro Kennedy

Balade en vélo de montagne de location de Minca jusqu’au sommet local, Cerro Kennedy, environ 2850 m.

Strava: https://www.strava.com/activities/1151967937/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1503699452

Le vélo loué est trop petit, plutôt bas de gamme et un peu usé, mais ça fera l’affaire.

En route, ou plutôt en chemin, vers 8h. Je fais l’erreur de garder le sac que m’a prêté Laure sur le dos. J’ai horreur de rouler avec un sac à dos, encore plus quand ça secoue (le chemin est pourri) et quand il est lourd (dans le sac de 10 L il y a outils, bouffe pour la journée, et fringues pour le sommet/la descente).

Arrêt après 5 km pour réorganiser tout ça, j’ai déjà l’impression d’avoir pris un bain de sueur. Le sac finit attaché sur le guidon, et l’outre accrochée à la selle.

Je continue la montée. Le chemin est large mais quand même difficile par endroits: boue, grosses pierres, pentes prononcées, ornières, ravines, passages à gué, bref, y’a de quoi s’amuser.

Vu que j’ai très peu de technique de maniement du vélo de montagne, je galère un peu. Je cale à plusieurs endroits. Vu que j’ai pas non plus trop de jambes, je marche aussi à plusieurs reprises quand c’est trop abrupt. 

Mais de manière générale la montée se passe quand même bien. Ça fait plaisir de sentir la fraîcheur et d’avoir la tête dans les nuages, même si bien sûr pouvoir admirer le paysage serait appréciable.

Les dernières centaines de mètres sont particulièrement raides, j’en chie.

Ah, j’ai oublié d’en parler: en haut de la montagne il y a une base militaire. Des gars jouent à la guerre dans les nuages: le bataillon de haute montagne numéro 6. Évidemment l’accès au sommet est barré.

Après m’être fait refuser l’entrée et avoir revêtu mes habits d’altitude (manches et jambières de laine, imperméable, bonnet), je pique-nique à côté de la barrière. 

C’est l’heure de redescendre!

La fourche du mulet en alu a du jeu et ne semble pas encaisser grand choc. La course des leviers de freins est telle qu’ils touchent presque le guidon quand je freine. Pas confortable.

J’en prends plein les bras, j’avance lentement mais sûrement. Il se met rapidement à pleuvoir, puis je me retrouve au beau milieu d’un orage non négligeable.

Les ravines se remplissent d’eau, les torrents grossissent. Mes pneus envoient de l’eau boueuse partout. Les pierres glissent. La foudre tombe vraiment pas loin à plusieurs reprises, assez intimidant merci.

Descendu à Campano (6-7 km au-dessus de Minca), je me dirige vers Los Pinos, en prenant le chemin qu’on aurait dû emprunter avec Laure quelques jours plus tôt. On avait laissé tomber face à la grosse pluie à laquelle nous n’étions pas préparé-e-s.

Mon GPS indiquait un chemin « vélo de montagne » redescendant à Minca, qui s’est avéré être un sentier vraiment impraticable. Descendre à pieds avec un vélo, c’est de la merde, mais en plus dans un sentier merdique super glissant, c’est encore pire. J’aurais dû rester sur le chemin principal.

Retour à Minca: arrêt à la boulangerie, puis je rends le vélo. Il est environ 17h. Je suis un peu fatigué. C’était une belle balade!

Strava: https://www.strava.com/activities/1151967937/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1503699452

Mercredi 16 Août 2017: arrivé à Minca! (Barranquilla – Minca)

Je suis arrivé!  

Je fais vite, il est tard.

Route entre Barranquilla et Santa Marta un peu longue et laborieuse. Rencontre de Alexandra et Ernesto, sympas. Pique nique relax à Santa Marta. Montée vers Minca tranquille sous la pluie.

Super retrouvailles avec Laure. Ah, je suis arrivé, j’y crois presque pas!

Merci de votre attention, chers lecteurs. Pas grand chose ne sera publié sur ce blog dans les prochains jours, a priori.

Bonne nuit à Minca.

Dimanche 30 Juillet 2017: RAS costaricain (Dominical – Piedras Blancas)

Journée nonchalante sans rien de palpitant.

Dès le réveil, pas grande motivation. J’ai dix jours pour faire 760 km, j’aurais peut-être dû choisir un bateau partant plus tôt, ou rester un jour de plus avec Arnaud et Jérémie sur Ometepe.

Bref, je décolle un peu avant 8h. La route longe la côte en montant-descendant gentiment pour franchir les collines. Je suis on-ne-peut-plus lent.

Il y a peu de trafic en ce dimanche matin, c’est agréable. Il pleut un peu par intermittence, rien de bien méchant. 

Je fais quelques courses à Ciudad Cortes et pique-nique à Palmar Norte. Il commence à bruiner assez sérieusement.

Quelques kilomètres plus loin, vers 13h30, il se met à pleuvoir pour de vrai. Je m’abrite sous le préau d’une salle des fêtes. Petite sieste.

Il pleut toujours. Je glande.

Il pleut encore. J’ajuste ma roue arrière. 

Bon, ça va pas s’arrêter de sitôt. Je mets les imperméables (il fait pas si chaud) et je reprends la route.
16h, 100 km au compteur, je tombe sur un terrain de foot couvert, avec un joli espace sec derrière un mur, relativement discret. Personne. Un bon spot pour camper, en somme.

Deux gars viennent fumer leur pétard avec vue sur le terrain pendant que je monte la tente. Boarf.

Une heure plus tard, musique et tout le bazar: ce soir y’a un match. Soirée relativement peu tranquille, donc. Mais tant que personnene vient me déranger, m’en fous.

20h20. Il pleut toujours. Espérons quand même que ça s’arrête à un moment donné. 

Bonne nuit sèche. 

Strava: https://www.strava.com/activities/1111073652/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501534192

Vendredi 14 Juillet 2017: route principale (Santa Lucía Utatlan – San Andres Itzapa)

Journée peinarde.

Bonne nuit, je me réveille assez bien reposé mais je sens que le ventre n’est pas encore normal. Je regarde le départ de l’étape du tour de France en déjeunant et remballant. Changement de chaîne et nettoyage de dérailleurs avant de partir, finies les acrobaties en bas des côtes.

Et c’est reparti. Route panaméricaine!  Je descends d’abord. Puis remonte. Puis redescends. Etc. Pas de grosse ascension aujourd’hui mais quand même pas mal de dénivelé. 


Pas trop la forme ni de conviction. Principale motivation: atteindre Maya Pedal pas trop tard et espérer que quelqu’un soit là. 

Pas grand chose à signaler. Les montées et descentes s’enchaînent, la route tournicote autour des montagnes. J’essuie une bonne pluie, en descente c’est pas super-rassurant vue la propreté de la chaussée et l’état de mon pneu arrière.


À l’horizon, volcans et le lac Atitlán qui se cache entre les monts.


Petite pause. C’est beau, le Guatemala, surtout les bords de routes.

Je roule jusque Tecpan, petit tour en ville.


Pause internet et….ouhlala me faut des chiottes. Je trouve un restau, accroche vitevite le vélo. Bon, je suis pas guéri, même si ça va mieux.
Encore une trentaine de kilomètres. Ça descend pas mal, on repasse sous les 2000 mètres. Plateaux et lignes droites, ça fait bizarre.


Encore de la pluie. Parfait pour rendre encore plus merdique le « chemin » qui descend vers San Andres Itzapa. Mélange entre ravines, ornières, racines, nids-de-poules, décharge, tranchées, escaliers, cette « voie » me fait gagner pas mal de kilomètres, mais gâcher une énergie potentielle folle et me détruit les poignets.​

Ravitaillement panaderia.


Je me fais voler par un distributeur bancaire. 46 quetzals de frais pour 500 de retirés. Je gueule sur le truc en français dans le texte.

Maya Pedal, m’y voilà! Heureusement y’a quelqu’un. Je suis le bienvenu. Y’a même une chambre à prix très modique pour moi. Et je peux bosser un peu demain à la fabrication d’un mixeur à pédales. Hourra!


On jase. Mario me demande « de cette année?! » quand je lui dis que je suis parti le 20 Mai de Montréal. On parle de Cyclo Nord-Sud, et tout. Sympa.

La pluie intense me rend encore plus content d’être ici. Y’a plus que les intestins qui doivent suivre.

Bonne nuit à l’atelier le plus cool du Guatemala! 

Strava: https://www.strava.com/activities/1083612853/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1500075349