Mercredi 16 Août 2017: arrivé à Minca! (Barranquilla – Minca)

Je suis arrivé!  

Je fais vite, il est tard.

Route entre Barranquilla et Santa Marta un peu longue et laborieuse. Rencontre de Alexandra et Ernesto, sympas. Pique nique relax à Santa Marta. Montée vers Minca tranquille sous la pluie.

Super retrouvailles avec Laure. Ah, je suis arrivé, j’y crois presque pas!

Merci de votre attention, chers lecteurs. Pas grand chose ne sera publié sur ce blog dans les prochains jours, a priori.

Bonne nuit à Minca.

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Mardi 8 Août 2017: Canal y Ciudad de Panama

Journée de repos à Panama.
Strava: https://www.strava.com/activities/1124008454/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502234946 et https://www.strava.com/activities/1124008605/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502225271


En gros j’ai:

  • Fait quelques courses de pré-bateau.
  • Fait changer les billes de mon roulement de roue arrière. Avis: je prends les dons pour un moyeu White Industries de qualité. 
  • Refusé de payer 15 $ pour le centre de visite de l’écluse de Miraflores, donc pas vu grand chose du canal. Je trouve ça vraiment abusif de presser les citrons-touristes alors que le canal rapporte des millions. 
  • Monté la colline locale (Cerro Ancón) en 5 minutes 33.
  • Exploré le réseau cyclable côtier de la ville. Tout neuf et vraiment super. 
  • Vomi dans ma bouche entre les tours d’hôtels et appartements de luxe de merde. Puis tout recraché sur un Porsche Cayenne.
  • Évité de faire le coup de la merde dans le papier journal enflammé au concessionnaire Ferrari local.
  • Pareil chez Gucci et autres saloperies.
  • Pris un peu la flotte sous un orage.

Demain je roule vers Puerto Lindo. Dernière étape en Amérique Centrale. 

Dimanche 6 Août 2017: folie (El Valle – Altos del Maria – Punta Chame) 

Journée vraiment dure.


Tout commence relax: je laisse les affaires au camp et me fais une petite rando pour aller voir la cascade et le point de vue pas loin. Ça valait le coup, et j’ai aussi vu un nid de colibri (que j’ai bien sûr pas trouvé tout seul).

Relax encore: je fais quelques menues  réparations avant de partir, vers 10h.

Direction Sora. Pas très loin sur la carte, mais ça va monter, vue l’allure de la route.

Jamais vu ça. Un truc de fous. TRÈS dur. Un enchainement de murs à plus de 20%. Hallucinant.

Ça commence par monter à Altos de Maria, que naïvement je pense être un petit village, mais qui s’avère être un village de gringos aux grosses baraques perchées dans la montagne et seulement accessibles en grosse bagnole. 

Pour y arriver depuis El Valle, il faut franchir une route de malade. Très pentue (plus de 25%), j’ai dû descendre de vélo, humide et poisseuse. Le vélo et les pieds glissent, dangereux.

Bref j’en chie un maximum. Puis j’arrive à une putain de guérite de sécurité. Le garde ne veut eévidemment pas que je passe. Heureusement j’attrape un résident au vol alors qu’il franchit le portail. Il signe pour moi le formulaire de visiteur. Et coïncidence, sa femme et lui sont de Brossard, sur la rive sud de Montréal. 

Merci Mike et toute la rive sud, donc. Je peux maintenant traverser cet enfer.

Les murs de malade continuent, entre les terrains et les grosses maisons. Heureusement il ne fait pas trop chaud.

J’ai passé le col, ou un col en tous cas. Descendre les murs c’est presque pire que les monter, en fait. Le vélo souffre. Les jantes surchauffent. Et boum, crevaison à l’arrière: le fond de jante n’a probablement pas apprécié la chaleur. Je répare. 

Rebelote dans la descente-chute libre suivante. Fait chier. Par chance cette fois je suis à côté d’un ruisseau, je filtre de l’eau, me rince et me lave les mains, ça fait du bien.

Ça continue. Route la plus dure de ma vie. Le mont Mégantic me semble ridicule. Je relativise toutes les autres cotes. 12% c’est des vacances.

Belvédère. Il est 14h, je pique-nique face à la vue et avec les cigales. 

Encore un peu de galère et j’atteins enfin Sora. Ça descend, un peu en dents de scie mais quand même. 

Je rejoins la grosse route panaméricaine, je suis presque content de la retrouver. Ravitaillement puis je m’engage dans un cul-de-sac de 25 km vers Punta Chame.

Jolie petite route droite qui finit dans les dunes, où je campe présentement. Machate Kites, école de kitesurf, m’accueille. Y’a plein de moustiques et autres petites saloperies qui piquent. Je me noie dans ma sueur malgré le toit de tente à demi replié. Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit.

Bonne nuit quand même! 

Strava: https://www.strava.com/activities/1122074020/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502127365

Samedi 5 Août 2017: pierres et côte surprises (Chitre – El Valle)

Je suis rincé, j’abrège.
Strava: https://www.strava.com/activities/1119287785/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501983568
Grosse route de merde, c’est reparti. Pause internet dans une école: programme « internet para todos » du gouvernement je pense.
Pause vieilles pierres et moustiques en prime: alignements de monolithes transportés des montagnes, et tombes. 

Re-grosse route jusque Penonome. La boulangerie n’a pas de cornets pour les glaces, seulement des gobelets en styromousse, non merci. Je prends que de l’eau du robinet, qu’on me dit bonne à boire.

Je me doutais que ça monterait pour atteindre mon but-détour du jour, El Valle. Mais je m’attendais pas à un col-dents de scie à plus de 700 m avec des murs à 21%. J’en ai chié mais je suis pas arrivé trop tard quand même. 

Camping de luxe à 10 $ au Windmill hostel. Pas de toit au-dessus de celui de la tente, mais une bruyante cascade.

Vendredi 4 Août 2017: Ocu, Macaracas, etc (Santiago – Chitre)

Journée assez intense.

Je pars de Santiago vers 7h30, mon cuissard sent bon, tout propre de la lessive d’hier. Assez rare pour être signalé. 

Un peu de grosse route puis je tourne à droite pour un nouveau détour panaméen. Je prends un chemin qui coupe vers Ocu. 

Plutôt bon dans un premier temps, puis assez rugueux…et surtout, un passage à gué assez intense. Je passe à pieds en ayant enlevé mes chaussures (floc-floc toute la journée et à chaque coup de pédale, si je peux éviter, j’évite). J’ai de l’eau jusqu’aux genoux, les sacoches trempent dedans. Elles sont pour la plupart percées…mais l’essentiel de mes affaires semble avoir survécu.

Ocu. Je relubrifie la chaîne et pars à l’assaut vers Las Minas, montée de troisième catégorie selon Strava. De bonnes bosses et un bout final vers 10-12%. Allez, on pédale!

Las Minas. Encore un peu de montée après le village, puis la route est en dents de scie, montées-descentes relativement brèves mais intenses à travers le joli paysage cabossé et défriché du Panama.

C’est vraiment beau comme coin, mais j’ai pas pris beaucoup de photos, la plupart du temps occupé à en chier en montée ou faire attention aux nids-de-poule en descente.

Je pousse jusqu’au bourg de Macaracas pour pique-niquer avec une boisson fraîche. Je cause vite fait avec quelques villageois-e-s intrigué-e-s.

Encore 40 km pour arriver à Chitre. Les dents de scie sont très émousées ici, c’est presque reposant.

Chitre: panaderia et glace. Hotels hors de prix. Je filtre de l’eau et sors de la ville.

Ah tiens, un « familiar hostel » qui n’était pas sur ma carte. 50 $, tu parles…

Je vais voir un peu plus loin, mais ne trouve pas de chemin pour atteindre le belvédère indiqué par mon GPS. Les pâtures et champs sont clôturés et verrouillés. Le chemin est merdique.

Bon. Il se fait tard, passé 18h, le soleil va se coucher et je sens venir la galère. Je retourne au hostal hors de prix et demande pour y camper. Je rencontre Aldo, italo-panaméen dont les quatre grands-parents viennent de quatre pays différents (Italie, Panama,  Espagne, et je sais plus). Il appelle la personne responsable. Finalement je paye 10 $ pour le camping grand luxe avec toit, douche, électricité, et internet intermittent.

C’est collé à la route et y’a des chiens par contre…

Un peu plus tard je rencontre Mario, québécois marié à une panaméenne installé ici depuis 7 ans, qui gère l’endroit. On cause. J’espère lui faire réaliser que « les éoliennes sont une cause majeure de mortalité d’oiseaux » est une idée fausse et que la majorité des oiseaux sont tués par collision avec une vitre ou un vroum-vroum. Il m’offre une bouteille d’eau, du Powerade et le nouveau testament en anglais et espagnol. De la lecture pour le bateau. Merci Mario!

Bonne nuit confortable, mais potentiellement bruyante.

Strava: https://www.strava.com/activities/1118734805/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501952417

Jeudi 27 Juillet 2017: Enercon Costa Rica et Miravalles (Liberia – Bebedero)

Belle journée au Costa Rica.

Je pars vers 7h. C’est parti pour 20 km de piste pour rejoindre la route sur laquelle se trouve le parc éolien majeur d’Enercon du pays.


Je galère un peu, ça monte dans le gravier parfois mou. Mais j’y arrive! Qu’elles sont belles, nos éoliennes!​


Je rencontre Sergio, qui gère l’endroit. Ils sont vachement occupés alors on se donne rendez-vous au village pour le repas de midi.
Je descends à Guayabo, le village en question. Quelques courses, puis il me reste un peu de temps. Je vais tenter d’aller voir un peu d’activité volcanique pas loin.


Ici, il y a de la géothermie! Les tuyaux sillonnent les pentes du bas du volcan. Pour une fois je suis content de voir des pipelines.

Je me pointe à un spot où selon ma carte il y a de la boue volcanique. Je demande si je peux aller voir vite fait: j’ai seulement cinq minutes avant de retourner au point de rendez-vous pour le restau.

Le mec dit non, je peux pas y aller, faut payer. Je demande combien. 10$. Pour cinq minutes. J’ai failli dire « fuck you » mais c’est « ¡10 $! Gracias. » qui est sorti. Du coup j’ai qu’une photo furtive prise du bord de la route. Bande d’escrocs profiteurs.


Bouffe avec les collègues, sympa. Une troupe d’allemands est là en support, ils font plaisir à voir. On cause d’Enercon, du Costa Rica et du Canada, et de mon voyage.

Sergio m’indique où se trouve l’usine géothermique. C’est où j’étais plus tôt mais un peu plus loin. J’y retourne…


Vous voyez la fumerole à l’horizon? C’est tentant d’aller voir…je prends une route qui semble y aller (en fait, la même que celle de la boue), mais en fait non. Tant pis, au moins la vue est pas mal.


Et en plus, je tombe sur une autre usine géothermique.


15h15. 45 km pour rejoindre mon hotehôte Warmshowers de ce soir. Allez, on s’active!


Je descends vers la grand-route panaméricaine.

À un moment je crois même qu’ils ont pensé aux cyclistes, mais caça ne dure pas.


Ça roule relativement bien…mieux que le chemin pour rejoindre Bebederos, en tous cas.


Encore quelques bornes, on y est presque.


Je suis accueilli comme un roi par Esteban. Après des années à bosser en ville, il a repris la ferme de son grand-père avec son frère. Ils cultivent 250 hectares de riz sans pesticides à 6-8 tonnes par hectare, et 100 hectares de canne à sucre bio.

On cause de plein de trucs, agricole (le Costa Rica n’est pas autosuffisant en riz, 30% du marché est importé), anglais, vélo, tout ça. Super sympa. Muchas gracias Esteban.

Bonne nuit à la ferme.

Strava: https://www.strava.com/activities/1104833365/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1501199713

Samedi 22 Juillet 2017: Masaya, Apoyo, Granada (Managua – Granada)

Super journée!

Strava: https://www.strava.com/activities/1096732808/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1500767938 et https://www.strava.com/activities/1096732968/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1500767949

Je pars vers 7h. Managua est encore relativement calme.


Je fais la course implicite avec des autres cyclistes. Par contre j’ai aucune chance de suivre les rouleurs sérieux sur le faux-plat sortant de la ville.

Je me pointe à l’entrée du parc national du volcan Masaya. Ça ouvre à 9h, il est avant 8h. J’espérais que les gardes me laisseraient monter au volcan avant l’ouverture à vélo. Mais la règle dit que non, on monte pas à vélo, il faut monter en vroum-vroum avec chauffeur, et après l’heure d’ouverture.

Je quitte en les envoyant chier dans ma tête. Je regarde ma carte un peu plus attentivement et trouve un petit chemin.

C’est parti. J’ai une heure avant l’ouverture pour monter, m’ébahir et redescendre.

Bel effort. C’est pas très haut mais une bonne montée quand même. Mais quel spectacle! Et pour moi seul! Étant dans l’illégalité la plus totale je suis pas supertranquille, mais au fond je fais rien de mal. Et je suis bien content. C’est magnifique. Ça et le défi cycliste en plus.


Ma roue arrière frotte méchamment, voilée. Je corrige grossièrement avant de redescendre. Me rerevoilà sur mon petit chemin, il ne peut plus rien nous arriver maintenant. Allez chier, lois à la con. J’ai vu le volcan sur mon vélo, nananère.

Je repasse à l’entrée du parc national. Je paye les droits d’entrée en disant que je suis monté par un chemin secret. Le gars finit par comprendre mais dit trop rien. Je file.

J’ai toute la journée pour rejoindre Granada, à 30 km. Allons faire quelques détours.

Je fais la tour de la lagune Masaya.

Le chemin est de plus en plus pourri et vraiment dur par endroits, pour moi comme pour le vélo. 

Je me vautre sur un petit bout sablonneux. Rien de grave mais ça fait jamais plaisir.

Plage triste.

Grosse montée jolie, puis chemin vraiment accidenté pour rejoindre la ville de Masaya. Je voulais en chier un peu, eh bien voilà. 

Internet et comedor à Masaya. Je goute la banane plantin autrement que frite en rondelles, trop bon.


Autre détour avant Granada: le chemin surplombant la lagune Apoyo. Magnifique vue sur la lagune, et le lac Nicaragua. Sur le coup je pense que le Nicaragua se classe second derrière la Norvège. 


Je descends et Granada. Tour en ville.

Je me trouve une piaule et ai des nouvelles d’Arnaud après manger. On se retrouve, ça fait bien plaisir. On va passer quelques jours sur l’île d’Ometepe ensemble.
Bonne courte nuit.