Mercredi 9 Août 2017: carretera transistmica (Ciudad de Panama – Nombre de Dios)

Journée d’un océan à l’autre à travers le Panama.

Strava: https://www.strava.com/activities/1135619226/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1502834835

Je pars en pleine heure de pointe, le cauchemar. En face de moi, dans le sens opposé, tout est bouché par plein de connards tous seuls dans leurs bagnoles. C’est partout pareil.

J’admire le métro aérien au passage. J’insulte les chauffeurs de bus incompétents qui me frôlent ou me tassent de la route. Ils mourront dans d’atroces souffrances en voyant leur bus brûler. 

15 km plus loin, rien n’a changé. Le trafic panaméen, c’est du sérieux. 

Comme pour arriver en ville, j’ai le choix entre une autoroute, et une autre route, quasi-autoroute. Bref c’est pas la journée la plus plaisante du voyage.

Ah, là je peux prendre un petit détour pour économiser un peu mes nerfs. Bonne surprise: un barrage! Et ce qui ressemble à une station de pompage pour alimenter le canal.

Je poursuis jusqu’à Sabanitas. J’achète plein de trucs dont j’ai pas un réel besoin, mais qui seront bienvenus pour grignoter sur le bateau si la bouffe s’avère un peu légère. Cacahuètes, en veux-tu? En voilà.

Je trouve aussi un short de bain, qui me permettra de me baigner dans la mer sans saler démesurément mes cuissards.

Pause-bouffe sous un appenti dans une sorte de pâture. Je sentais la pluie venir et je voulais un abri…j’ai bien fait: ça se met à dracher pendant que je mange mes sandwiches au fromage à la crème et aux fines herbes (fait en Espagne, merde) et bois mon nectar d’abricot (fait en Turquie! Merde! Par contre, plutôt bon: abricot/sucre/eau/acide citrique. Même pas de colorant ou de benzoate de sodium!)

Je repars, maintenant sur la petite route côtière. Beaucoup plus accueillante, même si certains chauffards de bus méritent toujours une lente agonie.

L’Atlantique est en vue! Le bon vieil Atlantique. Par temps clair on peut voir la baie de Somme mais aujourd’hui c’est nuageux. 

Portobelo: petite bourgade avec de vieux forts sympathiques. Je pause un peu et essorre mes chaussettes: les chaussures font « floc floc » depuis la grosse pluie d’orage prise quelques minutes plus tôt.

Derniers kilomètres sympathiques, petite route bosselée jusqu’à ma cabane louée pour la nuit. Au calme dans la jungle, avant cinq jours sur un bateau surpeuplé. 

Demain j’ai rendez-vous vers 9h pour la rencontre pré-embarquement, puis c’est parti pour cinq jours sur les îles San Blas et en mer. Probablement silence radio pendant ce temps là, ne vous affolez pas.

Bonne nuit sur la terre ferme.

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Mardi 6 Juin 2017: barrages (Lake Cumberland, KY – Defeated Creek, TN)

Et un état de plus! Je suis au Tenessee.
J’y ai pas pensé hier, mais en fait j’ai changé d’heure: je suis maintenant dans le fuseau horaire central (une heure de moins que Montréal, sept heures de moins que Paris). Bref je me lève un peu tard mais en fait pas trop.

Direction le Wolfe Creek Dam, sur lequel passe la route 127. Assez impressionnant quand même, c’est pas Manic-5 ou les barrages-voutes alpins, mais ça a de la gueule quand même. 

Passage au Tenessee. Je laisse ma carte et mon guide touristique du Kentucky dans un petit sac en plastique que je scotche au panneau « Welcome to Kentucky » de l’autre côté de la route…des fois qu’un cyclotouriste fasse le chemin inverse, t’sais.

Il fait gris mais quand même assez chaud, et vraiment humide. J’en chie un peu mais une petite brise m’aide.

Pause-bouffe au second barrage de la journée, le Dale Hollow Dam. Petit mais quand même 54 MW: doit produire environ autant que le parc de Beaupré au complet.

Je me connecte à Celina et essaye d’acheter mon billet de retour pendant une heure. Ça marche pas. Ça m’énerve alors je vais faire un peu de vélo. 

Poubelles: deux douzaines d’oeufs, pas pris la troisième. Je me disais que ce serait bien d’en trouver, mais là quand même…

Le vent s’est levé et est avec moi. Je vais bon train sur les routes toutes droites. Ici on n’y va pas avec le dos de la cuillère: une montagne? Bah, on la fait péter et hop, ça passe.

Eh, mais c’est quoi, ce truc, sur la route là? 

Un SERPENT! Woooooouh. Je réussis plus ou moins à prendre un cliché furtif. Magnifique le truc. Je crois que c’est le même modèle que celui que j’avais trouvé mort l’autre jour. Bien plus joli vivant, mouvement gracieux, langue fourchue, et tout.

Sur une des falaises bordant la route (une de celles résultant d’avoir fait péter la montagne), une cascade! Justement, j’ai bien besoin de me rafraîchir. Petite douche et on repart sous le soleil.

Les vaches aussi ont chaud. Ellea font trempette dans un ruisseau que je remonte. Ça tombe bien, j’avais déjà vu ça il y a quelques jours et regrettais de ne pas l’avoir pris en photo. Merci les vaches!

Petit vendeur de légumes un peu plus loin. Ma tomate quotidienne! Petite jasette, le mec a un de ces accents, pas facile. Alors que je m’apprête à partir il sort et m’offre un pot de gelée de raisin. Merci! Maintenant faut que je trouve un pot en plastique par contre.

J’avais comme objectif un troisième barrage. Et puis un peu avant un panneau indique un parc à l’écart de la route. Je m’y risque…bon en fait, j’arrive à une sorte de camping de merde à l’américaine. Tant pis, plus de 140 km dans les jambes, pas envie de repartir, et la perspective d’une douche n’est pas pour me déplaire. 

Les gens vont aux chiottes en pickup: vivement l’apocalypse. Enfin, à côté de ça y’a plein de mômes à vélo dans le camping. Ils ont pas encore le permis…

Douche, petite lessive à la main, cuisson d’oeufs, empiffrage, dodo.

Bonne nuit, en attendant que le monde explose.

Note de pessimisme musical, de la part du con qui va prendre l’avion avec son vélo, pour les cons qui vont chier en monstre métallique de 3 tonnes: Les Shériff, « À la chaleur des missiles »

On a beau dire, on a beau faire,

Le vieux monde va s’écrouler

Qu’ce soient des siècles ou des années, 

Le vieux monde va s’écrouler

L’histoire va se répéter, y’a qu’à voir dans le passé,

Rira bien qui rira le dernier!

Strava: https://www.strava.com/activities/1025137034/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1496841489

Dimanche 21 Mai 2017: into the US

Et oui! Ils m’ont laissé passer!

On part du Lavandou avec de l’inertie. Séparation en deux groupes un peu plus loin: un groupe « frontière » et un autre « Montréal ». Adieux tristounes. 

Frontière: « ne pas essayer de passer ici si vous n’êtes pas canadiens et n’avez pas de I-94 », dit le panneau juste avant. C’est quoi un I-94, déjà? Bon, trop tard. Me voilà comme Tom Hanks dans « Le Terminal », mais je tombe sur une douanière humaine, ouf. Les Perezleveskis attendent, le temps que les autorités américaines ne s’organisent. Un mec vient du poste voisin pour me transférer là-bas, parce que le petit poste où je suis ne traite pas les demandes de I-94, le petit papier qu’il me faut.

Le mec arrive, l’air douanier. Mal parti…on charge Tornado dans son gros truck. La roue avant dépasse, le haillon tient avec un de mes tendeurs: le tendeur douanier était POUR-RI, rarement vu ça. Un hippie, un douanier, un vélo qui dépasse, bonjour l’équipage. 

J’ai droit à l’interrogatoire en route. « Vous faîtes quoi dans la vieOH CHECKE DES CHEVREUILS!!! » Le gars semble avoir mkn âge, il est du coin et chasseur. Jasette de covoiturage avec un douanier américain, ça alors!
Je sors du poste avec le papier. « Enjoy your ride, bud' », (« bonne route, mon pote » me dit le gars. Merci l’ami. I’m in!

Pizza avec les Perezleveskis, adieux, et roule. 

Vent léger de dos, routes sympa, bleds aussi. Beau petit barrage et belle conduite forcée à Parishville. State Forests, passage piste assez intense (16% et sable, pneus de 700×28 battus, pied à terre). Moustiques intenses à chaque arrêt: pipi en dansant.

Petites oies, en photo ratée. 

Bivouac sur un sentier d’une « state forest » après un peu plus de 120 km. Eau du village qui pue le chlore.

Bonne nuit!