Jeudi 10 – Lundi 14 Août 2017: Sovereign Grace (Nombre de Dios – Cartagena) 

 Jeudi 10:
Je quitte ma sympathique cabane après une photo prise par Pascal. Je l’ai peut-être mentionné plus tôt, j’ai passé ma dernière nuit avant le bateau chez des alsaciens installés au Panama depuis 18 ans. Je repars en ayant vu deux espèces de toucan différentes et avec deux bouquins pour passer le temps sur le bateau: Le dernier détective, de Robert Clais, traduit de l’anglais, et Cher amour de Bernard Giraudeau. 

Je me rends à Puerto Lindo chargé de toute cette culture. 10 km de sympathiques bosses avant aucun pédalage pendant 4 jours.

Je suis un peu en avance. Je cherche vite fait une connection fonctionnelle avant le blackout de plusieurs jours,  sans succès: j’envoie le dernier signe de vie en 4G.

On glande en attendant le reste du groupe qui arrive en bus de Panama Ville. Deux heures au total. On cause et sirote une limonade et un jus de fruits de la passion.

Voilà les autres. Briefing rapide de James, notre capitaine: que faire si quelqu’un tombe à l’eau, que ne pas faire en général. On embarque tout le bazar et les passagers sur la coquille de noix qui nous emmène sur Sovereign Grace, notre voilier et maison des quatre prochains jours.

Chacun est emmené vers son lit à tour de rôle et s’installe. On déguste ensuite le premier repas du voyage, superbon comme tous les suivants. Puis c’est parti, direction les îles San Blas!

Bon, je suis pas dans mon assiette. Premier voyage en voilier. Pas la première fois que je suis sur un petit bateau, mais pour aussi longtemps, si. Je comate sur le pont en fixant l’horizon. Ça va, y’a pire que moi. Mais je finirai quand même par prendre un cachet de Dramamine, truc contre le mal de mer, qui m’a fait du bien, faut avouer.

On passe l’après-midi et la soirée en mer. Le soir je fais pas long feu. Non seulement je suis relativement associal et ne m’intègre pas facilement, mais en plus j’ai un peu de retard de sommeil. 


Vendredi 11:

Premier jour dans les îles. Arrêt à un petit village Kuna, la population autochtone. L’équipage lance des bonbons aux mômes qui n’ont probablement aucun problème dentaire.

La petite île est intégralement recouverte de cahutes en bois couvertes de palmes. Plutôt dense comme village. On débarque à 20 gringos dans le petit bled. Quelques petits panneaux solaires fournissent l’électricité pour les iPhone et la lumière. Je sais pas comment ils font pour l’eau douce, mais j’ai vu des bidons recueillir l’eau de pluie.

Je fais le petit tour du hameau mais me sens un peu comme un envahisseur. Je cause vite fait avec un habitant, super superficiellement.

On repart comme on est venus. Je regrette qu’on ne lance pas aux mômes des trucs plus enrichissants que des saloperies supersucrées.

Direction un autre spot. Première séance de plongée-tuba. On nous dépose en digny (orthographe incertaine, ce petit bateau gonflable) proche des récifs coraliens. Je suis comme un chat dans l’eau. Après un peu de panique je nage jusqu’à la rive et peux ajuster le foutu masque et le tube. Et apprécier un peu le spectacle.

C’est vraiment beau. Dans l’eau transparente virevoltent les poissons colorés de toutes sortes et tailles. Ils slaloment entre les différents coraux, de toutes formes et motifs.

Après quelques ronds dans l’eau on regagne le bateau. J’ai marché sur des coraux, erreur: mauvais pour les pieds et les pauvres organismes piétinés.

On bouge vers un autre spot. Volley et foot sur la plage pour la plupart du groupe, en buvant rhum et bière (précision inutile: pour tous les passagers sauf moi, tout le voyage est irrigué plus ou moins abondamment de ces breuvages). J’ai ma gourde et fais le tour de la petite île, puis cause avec d’autres non-joueurs-joueuses.

Soirée: apéro « coco loco ». Entendez par là une noix de coco à l’intérieur complété avec du rhum. Pas dégueu mais un peu fort pour moi.

Super bonne bouffe à tous les repas. Kate, allemande de 28 ans, est la cuisinière. Elle voyage depuis 18 mois, a commencé par traverser une partie de l’Asie en moto, a vu pas mal de pays en sac à dos, et récemment a traversé le Costa Rica et le Panama d’un océan à l’autre et vice-versa sur un vélo superbasique acheté sur place. Je ne suis pas le seul cycliste à bord, et Tornado a un compagon de voyage.

Peter, hollandais, et sa copine Sonja (orthographe à confirmer), ont quitté leurs emplois et passent un an à voyager. Peter est un triathlète, il n’a pas fait de vélo depuis un moment et ça lui pèse. 

Feu de camp sur la plage le soir. Ça picole pas mal et tous les groupes sont assez scellés. Le joint « pas de boisson » est assez étanche. Je suis hypnotisé par les flammes et les contemple perdu dans mes pensées pendant un moment.La pluie tombe. Isaac, qui habite l’île, nous invite dans sa cahute. Bras de fer entre les costauds du bateau et les Kuna, pour rire.Brin de causette avec le doyen, 66 ans. Il a été marin et vu du pays. Il a un fils en Corée qui a cinq ans, et plusieurs autres enfants ici… »combien dans les autres ports visités?! », me demande-je.Retour au bateau. Le groupe continue à picoler sur le pont, je sombre dans le coma sur ma couchette. Je dors vraiment bien ici, bercé par les vagues et au calme.

Samedi 12:

Plongée depuis le bateau. 50 m à nager pour atteindre la minuscule île entourée de coraux. Dur. Pieds défoncés.

Petit tour sur la plage, photos de goélands et figures dessinées dans le sable alors que les autres jouent et picolent.

Le soir une raie et son petit tournent autour du bateau. Elle est pas grosse mais quand même jolie. Pas de photo.


Dimanche 13:

Plongée autour d’un autre petit banc de sable, puis j’épluche des noix de coco avant de repartir. Les allemands et polonais se prennent au jeu et on arrive à ouvrir quelques noix avec les moyens du bord.

On rentre au bateau, et heureusement Kate a encore une fois un délice pour nous. On part en fin d’après-midi pour la Colombie. Comme ça peut secouer, je vais aller ranger mon bordel et prendre ma pilule, tiens.

Super coucher de soleil.


Lundi 14:
Journée en mer, on vogue vers Cartagena. Ça secoue un peu: Dramamine. Sashimis de thon frais péché et dépecé sur place. Lu, dormi, causé, glandé, mangé. Dauphins qui sautent hors de l’eau, pas faciles à prendre en photo.

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