Lundi 10 Juillet 2017: intoxiqué (Ranch – Tapachula, CHP)

Pire nuit du voyage, pire journée aussi. 

Du mal à dormir: le spot du perron de la maison éclaire direct sur ma tête. 

Je trouve plus ou moins un sommeil inconfortable mais existant, en me disant que j’ai oublié de demander où était le baño.

Erreur. Un temps indéterminé mais plutôt court plus tard, à la louche vers minuit, je gargouille. Mauvais signe. Je finis par me décider à sortir de la tente et finis dans la palmeraie voisine. Premier service.

Merde alors, la voie ferrée n’est pas désaffectée en fait! C’était donc de ça que parlait la fille du patron du ranch en me conseillant de m’installer dans la future flaque d’eau.

Je campe donc à environ 30 mètres de la voie ferrée, plutôt que 3. Eh buen ça remue quand même pas mal le sol, un train.

Je me « rendors » ballonné. Quelques temps plus tard, là c’est vraiment critique, je traîne pas pour m’habiller. En revenant non pas de Nantes mais de la plantation, complètement hagard sur le bord du chemin, je lâche une double cascade de ce qui reste de mes pâtes aux frijoles et quesillo. Ça soulage un peu mais je me sens pas bien pour autant.

Je ne me redéshabille même pas pour me rendormir, prêt à toute éventualité.

On est dans la période où je dors le plus d’habitude, entre 2 et 6h. J’arrive quand même à dormir un peu mais les coqs sont en avance et sonnent à 5h30 au lieu de 6h30. Ils sont à l’heure d’hiver, faut croire.
Je suis aussi réveillé par un cheval clopinant autour de la tente et décidant de la lécher. Je fais un ptit peu de buit et il s’enfuit sans me piétiner: double victoire.

Vers 7h, j’entends pas mal de motos arriver. En fait je suis en plein milieu du point de rencontre des employés…qui sont 70. Je fais le mort pendant que le contremaitre fait l’appel. Ça aurait été marrant qu’il ajoute « ¿el gringo de la casita? » entre deux noms mais non.

Quand la plupart du monde est partie je sors de ma tanière. Pas facile. Je me sens vraiment pas bien. Je me décide à faire du thé et essayer d’ingérer mes petits pains quand même. 

Rarement eu la bouche aussi sèche. Pourtant j’ai vraiment bu hier, le bouillon des pâtes avec des kub de crevettes, le thé habituel, et plus d’un litre d’eau cette nuit.

Pas facilr mais j’emmagasine un peu d’énergie. Et maintenant je sais où est le baño.

Je cause un peu avec quelques ouvriers. Pas de question de merde cette fois.

La voilà, la culture cycliste mexicaine!

Photo de départ. Bon courage, les gars.


Pour une fois il m’en faut aussi. Un coup de pédale à la fois. Je suis tel-le une vieille coquille de tortue à roulettes.

22 km d’une traite, en buvant au rythme d’un coup aux deux kilomètres. 

Traverser Huehuepan est pénible. 

Je m’arrête donc après 22 bornes qui m’ont rarement paru si longues. Lessivé, je m’arrête à l’ombre, où des moto-tricycles attendent des passagers. Je jase avec les taxis. Ils compatissent quand je dis que non, je vais pas bien.

Je reste là un bon moment, à boire ma solution d’électrolytes et grinoter mes petits pains qui ont du mal à passer.

Je me cache pas pour chier au bord de la route. Pas le choix de toutes façons. 

Et là c’est le drame: j’oublie mon savon préféré sur place. Merde!

Je m’en rends compte 9 km plus loin. Pas question de rajouter 18 km à cette journée. 

Nouvelle pause au kilomètre 31 dans un dépanneur climatisé. Fait quand même chaud. Si je peux ne pas ajouter un coup de chaleur à l’intoxication, autant le faire.


Je cause avec Yaremi, installée au même « bar ». Un peu gênée, elle me prend en photo. Hola Yaremi!


Je repars pour les 24 derniers kikilomètres. J’en chie, sans mauvais jeu de mots.

Je passe devant un « mothel », probablement un motel avec papillons de nuit fournis.

Tapachula, enfin. Je trouve un cyber mais mes requetesrequêtes Warmshowers de dernière minute n’ont rien donné. Note: « lado » veut dire « côté » et « helado » « crème glacée ».


Je booke l’hotel le plus cheap que je trouve sur le net, qui a ausi le mérite d’être à 50 m.

Douche. Riz. Lavanderia: je vais récupérer mon linge dans 30 minutes.

Je me sens fiévreux. Si ça va demain, route vers le Guatemala. Sinon je glande une journée ici, faut croire.

Bonne nuit de repos.

Strava: https://www.strava.com/activities/1077571557/shareable_images/map_based?hl=en-US&v=1499732122

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7 réflexions sur “Lundi 10 Juillet 2017: intoxiqué (Ranch – Tapachula, CHP)

  1. Tu me rappelles l’oncle Paul qui était toujours de mauvaise humeur… Il était parti vivre au Mexique, il nous disait que c’était dur, on ne le croyait pas. Il faisait du vélo aussi. Le pauvre.. il cousait ses sous dans sa ceinture, et il se promenait avec un révolver.

  2. Yo Rémi, T’a une sacré tourista, t’aurais mieux fait de ch.. des TSI;-)) On a reçu ta carte postal, Merci pour cette belle attention. Pierre me disait que tu cherchais des contact au Costa Rica. Tu pourrais contacter la bande à Sergio du parc éolien La Gloria au pied du volcan.. (Sergio.sanchez@enercon.de) tu lui diras que tu passé de la part de Louis de Kanada. Ya aussi Alexander Schafer, un chic type. Si tu veux monter d’la côte dans ce coin là tu peux aller au parc Valle Central, même les pickup manquent de torque pour monter. Bref, fait bonne route et bois pas trop l’eau des flaques, c’est trop riche en vitamin.

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