Vendredi 5 Juin 2015: Montréal-Québec

Vendredi 5 Juin, ou Samedi 6 Juin, au choix. En fait, en temps, ce serait plutôt samedi, mais je suis parti vendredi…et oui, encore une nuit passée sur le vélo! Il y a une bonne raison. Pour une raison que seul-e-s les initié-e-s connaissent, je voulais me rendre à la « méga bibliovente », cette liquidation des bouquins retirés des bibliothèques de Québec. Et puis depuis un moment, je voulais rouler Montréal-Québec, cette classique que bien des cyclistes québécois connaissent.

Seul hic: la bibliovente, c’était vendredi-samedi, et je bossais vendredi. Vue la distance séparant les deux villes, pas le choix: faut partir le vendredi soir pour arriver dans la matinée du samedi. Autre raison « cerise sur le gâteau », me retrouvant seul pour cause de départ vers l’Europe des êtres chers, enfourcher le vélo et rouler permettait aussi de se changer les idées.

Je décolle un peu avant 22h. La nuit est belle, la pluie a cessé: il a fait un temps pourri, aujourd’hui. Direction le nord-est, le long du Saint-Laurent, sur la route 138, aussi connue sous le nom de « Chemin du Roy ». Bon, je vais pas commencer à parler de guillotine, ça va casser l’ambiance.

Il y a étonnamment peu de trafic pour quitter l’île, je prends la grosse route Notre-Dame limitée à 60, jusque Pointe-aux-Trembles, l’extrémité est de Montréal. À vrai dire, c’est probablement la façon que j’aime le moins pour sortir de l’île. Les raffineries, le port, les bagnoles, bof, quoi. Et le pire, c’est Repentigny, ville-serpent qui s’étend sur des kilomètres. J’ai hâte d’en sortir.

Mais Éole, lui, semble vouloir me faire passer le plus de temps possible ici. D’habitude, le vent souffle d’ouest ou du sud-ouest, le plus souvent. Et la nuit, c’est calme. Eh bien aujourd’hui, c’est tout le contraire, c’est un vent du nord, voir nord-est, qui souffle à 20 km/h de moyenne, malgré la nuit.

C’est pas ce que j’avais prévu quand j’avais pensé à cette sortie, mais les 4 jours passés à réfléchir à « y aller ou pas finalement » n’ont été comme toujours que perte de temps: en fait, je n’y suis que rarement « pas allé ».

Bref. Je lutte pour sortir de cette foutue banlieue qui n’en finit pas. Le trafic, comme toujours, devient de plus en plus léger au fur et à mesure que les heures passent et que je m’éloigne du centre urbain. Ce n’est pas pour me déplaire.

J’ai quelques coups de barre, voir quelques légers assoupissements, mais rien de trop méchant. La fraîcheur m’engourdit un peu. Parce que comme un con, je n’ai pris ni gants, ni bonnet, ni manches, ni chaussettes chaudes. J’appuie sur les pédales pour secouer un peu la machine, et me réchauffe tant bien que mal. Les quelques conducteurs me crient dessus ou klaxonnent pour une raison inconnue. Merci les copains, me faire sursauter ça me donne un bon coup d’adrénaline qui me maintient plus alerte pour quelques minutes.

Kilomètre 108 ou pas loin, je suis à Louiseville. Il est 3h environ, ça fait du 20 km/h de moyenne hors tout, c’est pas de la fusée, c’est du gros monocylindre diesel. Je suis fatigué, j’ai froid, je songe même à m’arrêter pour me réchauffer. Il fait quand même 5-6 degrés, c’est pas chaud-chaud, comme dit l’autre.

Tim Hortons. Autant je déteste ce truc, autant là, j’étais content de me dégourdir les mains et boire un truc chaud. Tant pis pour ma conscience.

Je ressors de là, c’est l' »effet croissant », j’ai relativement la pêche. Je chantonne et roule vers Trois-Rivières, le ciel commence à s’éclaircir et l’aube pointe le bout de son nez. Le ciel est on ne peut plus dégagé, les vues sur le fleuve sont belles, ça promet pour le lever de soleil.

Bientôt le lever

Bientôt le lever

La Lune et le fleuve avant l'aube

La Lune et le fleuve avant l’aube

Trois-Rivières, voilà, c’est pile sur le pont que se lève le soleil. Il est cinq heures, Trois-Rivières…s’éveille, Trois-Rivières, s’éveille…

Le lever trifluvien

Le lever trifluvien

Tornado au petit matin

Tornado au petit matin

La lumière du jour met du baume aux cuisses, il fait pas chaud mais le coeur y est à peu près. Seul Éole fait toujours son rabat-joie, et sur le coup, j’avoue être relativement content de ne pas m’être rasé avant de partir.

J’entame la plus belle partie de la route. Le fleuve trône sous le beau ciel bleu à ma droite, le ruban d’asphalte est à cette heure peu fréquenté, je trippe.

Le fleuve

Le fleuve

Rivière au nom qui m'échappe, du côté de Donnacona

Rivière au nom qui m’échappe, du côté de Donnacona

Les bornes s’enchaînent, lentement et avec hésitation: je ne suis quand même pas très frais, faut bien l’avouer. J’engloutis biscuits, croustilles et autres poubelles emmenées pour le voyage.

La campagne du chemin du Roy

La campagne du chemin du Roy

Le soleil et l'eau

Le soleil et l’eau

Une petite descente

Une petite descente

J’arrive en vue de Québec vers 11h. Les dernières dizaines de kilomètres sont un peu plus vallonnées, ce n’est pas pour me déplaire, ça fait du bien de devoir faire un effort. Et puis le cadre est quand même vachement agréable.

Vers la fin du chemin du Roy, en approchant de Québec

Vers la fin du chemin du Roy, en approchant de Québec

Je franchis la fameuse côte de Cap Rouge, bouquet final de cette classique Montréal-Québec. Et quelques kilomètres plus loin…CLAC, mon câble de dérailleur avant pète lorsque je change de plateau. Ça alors, un câble presque neuf, à peine 4 ans de service!

Je réalise assez vite que j’ai beaucoup de chance: je suis à moins de 10 km de la fin de mon parcours. Si ce câble avait lâché en pleine nuit, j’aurais quand même été un peu emmerdé. Je m’en veux un peu, surtout qu’avant de partir je me suis posé la question: « câbles de rechange ou pas? », et la réponse était « boarf, ça pète jamais, ça… ». Tu parles!

Je termine la balade sur le plateau de 26 dents. Le temps est vite long.

Je rejoins Nico, et on trouve assez vite un vélociste. Il est un peu plus de midi, tout est bien qui finit bien, presque 270 bornes en 14h tout compris. Merci quand même à Éole pour sa contribution au beau temps!

Le parcours sur Strava: https://www.strava.com/activities/320821661

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Une réflexion sur “Vendredi 5 Juin 2015: Montréal-Québec

  1. Je salue la performance, et Nicolas au passage !
    J’ai cherché, la rivière de Dannacona s’appelle « rivière Jacques Cartier », original, comme l’autoroute, « autoroute Félix Leclerc »…
    Je vois bien ici l’autoroute A1 s’appeler Jacques Brel. C’est vrai quoi, elle va vers la Belgique. Ou autoroute Dany Boon pourquoi pas.
    Allez, la bise !

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