Samedi 02 Mai 2015: 118 + 87

Aujourd’hui se tenait un brevet de 200 km. Vue la journée magnifique et les autres raisons, j’y suis allé. Au départ, il y avait vraiment du monde. De ma courte expérience de randonneur, je n’avais jamais vu autant de cyclistes au départ d’un brevet. Ça fait plaisir!

Je rencontre Claude, autre maudit français, que je connaissais jusqu’à présent seulement par Strava et mails interposés. Sympa le mec, on jase juste après le départ, dans les rues de la sale banlieue montréalaise. Jusqu’à ce que…à une intersection, Fred « la fusée » Perman part. Zoom, c’est parti, Claude et moi le suivons. Bon, quelques kilomètres plus loin on se plante de chemin, ça commence bien.

Faux départ donc…vite rattrapé. On rejoint le reste du groupe, qu’on distance rapidement, pour relayer à 37 km/h sur les routes montérégiennes. Je sens que je tiendrai pas toute la randonnée à ce rythme, mais persévère et essaye de travailler pour mes amis aussi. Mais il apparaît assez vite que je n’ai pas la forme qu’ils ont!

On continue à ce rythme jusqu’au premier contrôle. Rapide tampon, pipi-eau, et c’est reparti. On croise nos poursuivants, qui eux aussi semblent avoir bien avionné.

Je sens mes relais de plus en plus poussifs, et suis donc de moins en moins souvent devant. On atteint rapidement les premières petites bosses sur la route de la Covey Hill. Je sens déjà mes cuisses chauffer…

Dès que la montée se fait sentir (aux premières centaines de mètres à 8 %, quoi), je décroche. Je sens des crampes monter…pourtant j’ai bu genre 2 litres d’eau en ces 90 premiers kilomètres! Mon corps n’est probablement tout juste pas habitué à cette allure, cet effort.

Mes compères me distancent dans la montée, et je monte à mon rythme. Mon petit braquet me semble si long! J’ai chaud, et regrette un peu de ne pas avoir enlevé une couche.

Sympa, ils m’attendent en haut. Je cravache tant bien que mal pour les rejoindre, mais oublie ça, je peux pas relayer. Je me contente de faire un effort de temps en temps, et reste derrière sinon. Désolé les gars.

On descend vers Franklin. L’asphalte est pourrie. Zooom, et nous voilà au second contrôle. Encore une fois, on ne traîne pas. Et nous voilà sur la route du retour, avec une brise dans le dos pour quelques kilomètres.

J’observe le pédalage de mes collègues. Fred a un coup de pédale dur, un peu impulsif, j’ai l’impression qu’il cherche à enfoncer quelque chose dans le sol à chaque révolution du pédalier. En revanche, Claude est bien plus lisse, impressionnant de régularité, il donne l’impression que c’est super-facile de rouler à 45 km/h.

Je jette quelques forces dans de courts relais clairement pas du même calibre que ceux de ces deux machines à rouler. Et au bout d’un d’entre eux, c’est le drame: mes jambes crampent. J’ai bu pourtant, et mangé deux bananes! Je comprends pas. Je tente de rester dans les roues, mais ça continue, il faut que je relâche mon effort. Je crie à Fred et Claude d’y aller et que j’ai des crampes, je ne veux pas être un boulet.

Ainsi se sont passés les 118 premiers kilomètres.

Dans les secondes qui suivent le relâchement, je me dis que merde, c’est dommage, que je pourrais quand même faire un effort, quoi. J’attaque un peu, mais suis assez vite ramené à la raison par mes jambes.

Je ralentis. Je me mets à mon rythme, et bois, et bois. Je profite du paysage, en plus c’est maintenant la partie du parcours que je préfère. Et je me dis que ce sera pas plus mal, faire quand même une bonne partie de la randonnée par mes propres moyens, et sans être le truc qui traîne dans les sillages des fusées…

Mes pieds ont aussi des crampes, maintenant! J’adore. Je bois encore.

Au bout de quelques dizaines de minutes, mes crampes se calment enfin. Allez Lou, ya! Je roule peinard, le vent est maintenant de côté/face. Et c’est à moi de le fendre!

J’arrive au dernier contrôle, où je ravitaille en eau. Je dois en être à environ 3.4 litres. J’enlève mes chaussures et relaxe un peu en bouffant des biscuits dans les vapeurs d’essence. (Ouai, c’est une station essence.)

Je repars, restent 40 km…rien du tout, quoi. La route est belle (comme quoi tout arrive!), il fait beau, je trippe.

Bon, j’ai trop bu. Arrêt-pipi.

Saint-Philippe, dernier village résistant à l’étalement urbain montréalais…encore quelques bornes et je me ferai ch…dans la banlieue. D’ailleurs, m’y voilà déjà. Je roule sur les boulevards-autoroutes, vent dans le dos, hop.

Mon GPS plante. Hum, heureusement, il plante modérément et je peux afficher le chemin. Ça tombe bien, parce que je ne le connais pas par coeur…

Quelques feux, quelques stops, quelques chauffards, et me voilà arrivé au dernier dépanneur-contrôle. Fred et Claude relaxent au soleil. Ils ont terminé en 6h23, moyenne roulée de 34.4 km/h. Des machines! Pour ma part, il est 14h02, j’ai donc mis 7h02 à boucler le parcours, en grande partie grâce à mes deux acolytes d’une autre planète. Chapeau les gars, et merci!

Claude et moi repartons vers Montréal en causant. On se reverra bientôt pour la flèche…mais à un autre rythme!

Le parcours sur Strava: https://www.strava.com/activities/296840630

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