07 Juin 2014: Barra Strait

Ce samedi s’annonçait nuageux et un peu pluvieux, mais demain c’est le « North Sydney Farmers’ Market », avec plein de bon trucs de producteurs locaux à vendre, alors c’est aujourd’hui que j’ai roulé. Finalement, pas de pluie, juste un peu de grisaille.

Je voulais me tester un peu sur mon vélo de route, depuis ma blessure de Septembre 2013 j’avais pas roulé plus de 75 km avec. Alors c’est parti pour un petit 200.

Il roule, ce vélo, moins confortable que mon Tornado d’amour, mais agréable quand même. Le bruit de la roue libre Campagnolo est inimitable et très agréable.

Mais pas question de ne pas pédaler pour l’entendre, hop, appuie sur les pédales. J’osais espérer boucler mon parcours à plus de 30 de moyenne, mais vu le vent qui me ralentit dès le début, j’oublie vite l’idée. Les 110 premiers kilomètres, ainsi que les 40 derniers, se sont avérés être une bataille contre Éole. Ça plus les routes pourries voire en gravier, j’avance pas des masses. Mais je trippe quand même, le paysage est beau, j’ai relativement peu de trafic, c’est cool.

L’objectif de la balade du jour était le « Barra Strait« , un détroit que j’avais vu sur une carte postale et qui me semblait joli. En effet, malgré la grisaille, c’est un bel endroit. L’île du Cap Breton recelle décidément de paysages agréables.

Jusque là, j’ai pris une petite route à travers les bois et les quelques villages du coin, relativement sympathique. Ça monte et descend gentiment, aujourd’hui n’est pas le jour des grandes ascensions. À peine deux montées non-négligeables, donc la désormais connue Kellys Mountain.

Pour rejoindre la grosse route (de merde) 105 qui me ramène à mon motel après les 110 premiers kilomètres, j’emprunte le ferry de Little Narrows. Zut, j’ai pas pris d’argent..,ah, ça tombe bien, c’est gratuit pour les cyclistes. Littéralement, le mec m’a dit « on ne prend pas l’argent des cyclistes », l’anglais est parfois rigolo.

Je me farcis la grosse route, mais ça va, le trafic est assez relax, et j’ai de bons passages de vent dans le dos, alleluia. Il était temps, après 110 bornes de lutte…

Je finis par arriver au pied de la Kellys Mountain, ça y est, le vent est de nouveau contre moi, encore plus fort. Un vent du nord, bien frais, qui me gèle (chair de poule générale, il fait moins de 9 degrés, et je n’ai qu’un maillot tout fin). La montée me réchauffe un peu, malgré le manque d’énergie: 170 km sans repas, à peine quelques saloperies sucrées, mais j’ai VRAIMENT bien déjeûné ce matin. La descente à contrevent me donne carrément froid, je ne suis pas fâché d’arriver en bas et de perdre de la vitesse.

En bas, justement, c’est le Seal Island Bridge. Bizarre, plein de monde est arrêté aux pieds du pont. La raison: la police le bloque. C’était donc ça, les deux autos-patrouille qui m’ont doublé à fond la caisse!  Je jase vite fait avec Kenneth, un terre-neuvien en route vers le traversier avec son gros camping car (de marde). Il me dit qu’il y a un « jumper » sur le pont, c’est à dire un pauvre gars ou une pauvre fille qui a décidé de se jeter du pont. La police a bloqué le trafic dans les deux sens pour pouvoir la/le sauver.

Me voilà donc à attendre, espérant que la/le pauvre change d’idée et qu’on le voie pas sauter. On voit rien d’où on est, mais au bout de quelques dizaines de minutes, un abruti sans respect est évidemment avec des jumelles. Il verra rien non plus, puisque c’est à peu près le moment où la situation se débloque. La police débarrasse le pont du pick-up de la victime, le trafic reprend en sens opposé. Je me risque à passer le pont avant tout le monde qui attend dans mon sens, bien que Kenneth ait proposé que je passe devant et qu’il bloque les gens de derrière pour pas que je me fasse dépasser par tout le monde sur ce pont étroit. Sympa, le Kenneth.

Finalement je passe le pont, il y a encore plein d’autos de police/services de santé/pompiers stationnées dans la voie que j’emprunte, donc je ne suis pas emmerdé par d’éventuels dépassements pour l’instant. Une fois sur Boularderie Island, je prends un petit détour pour éviter une bonne partie de ce qui me reste de route 105, et le flot de motoristes libérés qui ne devrait pas tarder. Je suis un peu vidé pour les derniers kilomètres, finalement je suis de retour vers environ 17 h, après 8h sur la route, dont environ 7h de selle, pour un total de 201 km. Voir le parcours sur Strava.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s